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Mandryka Le concombre masqué - Le monde fascinant des problèmes
Edition: Dargaud
Nb pages: 64

D'une verdeur craquante

Cinq légumes par jour pour la santé. Mais un Concombre masqué à vie – contre la morosité.

Le Concombre masqué eut beau mariner jusqu’au point du jour dans Le bain de minuit, titre du précédent ouvrage narrant ses spéculations intrinsèquement hallucinatoires, des problèmes subsistèrent. Ils sont en passe d’être résolus dans ce nouvel acte d’une épopée potagère entamée par Nikita Mandryka dans les pages de Vaillant, puis de Pilote, il y a plus de quarante ans.
Tel qu’en lui-même toujours il change, le Concombrineux, rebaptisé Lovelace Cucurbite (l’auteur de Je reviendrai à Albuquerque), tribulle de la pensée inique et mallarmérise le développement du râble. Accompagné d’un rivet allergique au travail, d’une pomme de terre en slip rêvant d’une robe de chambre, lancé sur le rail d’un grand huit existentiel où mugissent les trains de mesure, ce gonfleur de glute entre dans la dimension poznave, où il retrouve de vieilles connaissances comme le petit sphinx des sables embarqué sur le Saro-Jane. Forfaiture: le capitaine du navire se livre au trafic de... bretzel liquide!

Assékozay! Procédant par associations d’idées, jeux de mots et autres lacanismes amusants, malaxant la pâte du langage pour en extraire le verjus, révérant la logique du rêve, Mandryka signe avec Le monde fascinant des problèmes un nouveau chef-d’œuvre du nonsense et du surréalisme réunis dont l’humour enfantin n’empêche pas la verve satirique. Dans le prochain volume, la fabuleux légume accédera à «La Vérité ultime». Gasp!
Un seul regret: tout au long des 64 pages de pérégrinations ultrapotagères, le Concombre s’obstine à garder vissé sur le crâne le borsalino de Bogart, dissimulant hélas! la coquette tige qui le prolonge tel un magistral point d’exclamation!


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