
La campagne 2011 passe pour être la plus chère de l’histoire. Les partis auraient dépensé 100 millions de francs pour que 49,1% des citoyens choisissent leurs 246 représentants au Parlement.
En mars dernier, L’Hebdo ouvrait le débat sur le financement des partis en publiant une grande enquête sur la disparité des moyens engagés. Sur la base des chiffres de Media Focus, seule source à disposition en l’absence d’obligation de transparence des formations politiques, il apparaissait que l’UDC disposait de deux fois plus de moyens que ses concurrents (lire notre édition du 31 mars 2011).
Au terme de la campagne, nous avons repris les données les plus récentes de Media Focus et les avons divisées par le nombre d’élus obtenus par chaque parti. Le retour sur investissement apparaît incroyablement disproportionné. De quoi nourrir le débat sur l’omerta qui entoure le financement de la politique suisse.
Retour sur investissement Pour estimer le coût d’un parlementaire, nous avons divisé les montants des dépenses publicitaires calculés par l’Institut Media Focus pour la période de mai à septembre (et publiés juste avant les élections) par le nombre d’élus de chaque parti (sous réserve du second tour au Conseil des Etats).
Un calcul éclairant mais imparfait (les estimations de Media Focus ne tiennent compte que de la presse écrite et de l’affichage – il manque les dépenses liées aux tous-ménages, flyers et autres publicités sur les réseaux sociaux).
Nouvelles stars et jeunes espoirs
NOVICES. Parmi les nouveaux élus au Conseil national, certains attirent plus l'attention que d'autres. Entre reines, trublions et inattendus, notre sélection.
Karin Keller-Sutter PLR /SG – 48 ans Reine du peuple
Il est des victoires au goût aigredoux de revanche. C’est ce que les Saint-Gallois ont offert à leur conseillère d’Etat, en charge de Justice et Police depuis douze ans, en la sacrant sénatrice au premier tour. Karin Keller-Sutter, candidate malheureuse au Conseil fédéral l’an dernier, recouvre non seulement sa dignité, mais aussi une aura inégalée au PLR. Véritable reine du peuple, elle emporte à Berne les espoirs d’une politique qui allie rigueur, compétence et humanité. Et, à l’interne, ceux d’une renaissance du PLR.
Natalie Rickli UDC/ZH – 35 ans La Playmate Bünzli
Natalie Rickli, c’est un alibi qui a trop bien marché. Jeune et sagement jolie, elle a rafraîchi l’image d’une UDC rabougrie. Poussée par son parti, la «Playmate Bünzli» («beauf», selon le Tages-Anzeiger) est un automate à sourire et à répéter le credo du parti. Si bien que, malgré un bilan nul au Parlement et son échec sur la redevance SSR transformée en taxe, Natalie Rickli a détrôné le père. Cette cadre intermédiaire à Goldbach Group devance Christoph Blocher de 6000 voix et enregistre le meilleur score de Zurich.
Pascale Bruderer PS/AG – 34 ans Première de classe
On se souvient d’une présidence du Conseil national en 2010 marquée par un sourire radieux et une discipline stricte. La consultante faisait un triomphe, couronné par le Swiss Award de la politicienne de l’année. La socialiste, entrée en cadette au Conseil national à 24 ans, pénétrait dans l’arène des adultes. Photogénique et soignée, l’Argovienne a bâti une image de politicienne idéale: son élection au Conseil des Etats tombe une semaine après la naissance de son premier enfant. De l’or pour capter les médias.
Isabelle Chevalley PVL /VD – 39 ans La pionnière
Députée au Grand Conseil depuis 2008 et membre fondatrice de la section vaudoise de son parti en 2010, elle a créé l’événement en décrochant le premier siège romand des Vert’libéraux sous la Coupole. Cette chimiste, longtemps lobbyiste active pour la défense des énergies renouvelables dans les travées du Parlement, ne devrait pas être trop dépaysée à Berne. Reste à se perfectionner dans la langue de Goethe pour faire entendre l’unique voix romande parmi ses camarades de parti.
Céline Amaudruz UDC/GE – 32 ans La précieuse
On lui trouve un air de Marine Le Pen. Grâce à sa fraîcheur, elle accomplit la mission qui lui a été confiée: celle de polir l’image de l’UDC et de faire oublier son armée de mâles grisonnants. Mais, derrière ses cheveux blonds, cette membre de la direction d’UBS dans le département gestion de fortune cache un petit bagage politique. Présidente de la section cantonale de l’UDC, députée au Grand Conseil depuis 2009, elle s’est fait connaître à l’échelon national lorsqu’elle a annoncé briguer la vice-présidence de l’UDC suisse.
Cédric Wermuth PS/AG – 25 ans Le trublion
A voir la tête mal rasée de Cédric Wermuth à tout bout d’article, on en oubliait presque qu’il n’était pas encore élu. C’est chose faite pour cet employé à Solidar, de 25 ans, ancien président des Jeunes socialistes suisses (JUSO) et instigateur du «dépassement du capitalisme» dans le programme du parti. Communicateurné à la verve provocatrice, le vice-président du PS marque une victoire de la gauche: il terrasse son prestigieux concurrent interne, le criminologue Martin Killias, théoricien trop distant de l’électorat.
Mathias Reynard PS/VS – 24 ans Le benjamin
Cet enseignant sera le plus jeune parlementaire de la prochaine législature. Militant dès 2003 auprès des Jeunes socialistes du Valais romand, il est élu député suppléant en 2009, puis nommé député au Grand Conseil valaisan en mars 2011. Très attaché à son village de Savièse, parfois perçu comme un socialiste conservateur, il a su, durant sa campagne, éveiller la fibre régionaliste des électeurs. Il s’agit à présent, pour lui, d’élever le débat au niveau national, afin de gagner en crédibilité sous la Coupole.
Valérie Piller Carrard PS/FR – 33 ans La discrète
Avec deux candidatures ratées et une naissance en pleine campagne, peu l’attendaient. Aujourd’hui, les mauvaises langues ne l’attendent toujours pas, son mandat au Grand Conseil ayant été marqué par une trop grande discrétion. Mais qui sait? L’ancienne conseillère communale et présidente du PS de la Broye pourra compter sur le coaching de députés plus expérimentés, comme Christian Levrat. Cette employée de commerce pourrait rebondir et défendre ses thèmes de prédilection: la défense des femmes, des jeunes et des employés.
Tags: Elections fédérales, député, financement,
|