L'Hebdo;
2008-08-07 UBS aux USA LE DÉBALLAGE CONTINUE
PARROLAND ROSSIER
LES FAITS
Juste avant la publication de ses chiffres pour le second trimestre 2008, la banque continue à faire face aux attaques. Andrew Cuomo, le pugnace procureur général de l'Etat de New York, réclame «plusieurs milliards de dollars» à la banque pour avoir vendu de manière trompeuse des ARS, de complexes produits financiers destinés à des collectivités publiques américaines. Ce proche de Hillary Clinton a aussi dans son collimateur des cadres de la banque qui se sont délestés de ces produits. Mais c'est aussi l'automne qui s'annonce chaud pour la banque. Martin Hoekstra, le CEO de la gestion de fortune aux Etats-Unis, est convoqué le 22 septembre à Austin, Texas, par une autorité locale dans le cadre d'une enquête sur ces ARS; or, le Texas est l'un des très gros marchés de la banque aux Etats-Unis. Toujours en septembre, c'est l'importante commission des affaires financières de la Chambre des représentants qui auditionnera UBS. Une commission présidée par Barney Frank, qui y représente le Massachusetts, précisément l'un des trois Etats en litige avec la banque suisse.
LES COMMENTAIRES
La presse américaine ne lâche plus la banque suisse. Le Wall Street Journal a publié le nom du chef juriste poursuivi par Andrew Cuomo. L'édition online du Boston Herald, un quotidien plutôt conservateur, a relevé que la banque avait déboursé un million de dollars pour clore l'une de ses procédures pendantes dans l'Etat du Massachusetts, tout en rappelant qu'un autre litige couvait toujours dans cet Etat. Quant à The Bond Buyer, un journal financier, il a rendu public le document de l'autorité texane convoquant la banque. En Suisse, la NZZ am Sonntag révèle que le jugement de Floride (affaire Birkenfeld) ne devrait pas tomber avant la mi-octobre. Quant à la SonntagsZeitung, elle se demande si Marcel Rohner, chef suprême d'UBS, est l'homme de la situation dans le poste désormais le plus exposé de l'économie suisse.
À SUIVRE
Si la banque a déjà pu solder un premier litige dans l'Etat du Massachusetts, une seconde procédure est toujours en cours. Au Texas, la banque risque même la suspension de sa licence. Autant dire sa mort économique.
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