LES FAITS
Ayant déjà fait bondir la gauche lors de la campagne présidentielle de 2007, «l’identité nationale» revient sur le devant de la scène politique française: le ministre Eric Besson (ex-socialiste) a annoncé un «grand débat» de deux mois et demi sur le sujet, auquel seront conviées «les forces vives de la nation». Ses propositions, entre autres: faire chanter La Marseillaise au moins une fois par an dans les classes, et un «contrat d’intégration» exigeant des connaissances républicaines des étrangers de France. La gauche l’accuse d’électoralisme à l’approche des régionales.
LES COMMENTAIRES
Le Nouvel Observateur dénonce les «effets d’annonce» et la «totale absence de scrupules» d’Eric Besson, passé en quelques jours du démantèlement de la «jungle» de Calais à l’expulsion de trois réfugiés afghans. Libération juge le débat justifié et appelle la gauche à défendre une idée «résolument cosmopolite» de la nation, pour ne pas la «laisser au Front national ou à l’UMP: ce qui est national n’est pas nécessairement louche, intolérant ou vichyste.» Les Echos veut substituer au concept sarkozyen celui d’«identité française» pour dépolitiser le débat, car «sonder l’âme du peuple revient (...) à tester le nationalisme, dont l’extrême droite a fait son patrimoine électoral». Pour Caroline Fourest, au Monde, «le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale est bien mal nommé pour mener un débat si fondamental et si compliqué. Accolés l’un à l’autre, ces deux termes laissent penser que l’identité nationale se décrète, que l’immigration la menace.»
À SUIVRE
77% des sondés d’une enquête Ifop se déclarent favorables à l’apprentissage de l’hymne national à l’école. Mais ce symbole est-il encore celui de la France du XXIe siècle?
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