Le dernier rêve de Nicolas G. Hayek: Aider son Liban
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 30.06.2010 à 16:48
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EXCLUSIF. Nicolas G. Hayek voulait participer à la reconstruction du Liban avec d’autres «exilés», dont l’actrice Salma Hayek et Carlos Ghosn, patron de Renault.
Il est parti sans réaliser son dernier rêve... Le 20 octobre prochain, en marge du XIIIe Sommet de la francophonie, Nicolas G. Hayek voulait dévoiler le projet qu’il préparait dans le plus grand secret depuis plusieurs mois. C’est en effet à Montreux, en présence d’une septantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président libanais Michel Sleiman, que le gourou de l’horlogerie suisse aurait dû présenter son dernier bébé: la création d’un comité de la diaspora du Liban, le pays où l’empereur des montres est né en 1928.
Sorte de conseil des sages pour le pays des Cèdres, ce club devait réunir des personnalités suisses et internationales avec deux points communs: être d’origine libanaise et être prêts à aider le Liban, toujours en reconstruction et vulnérable dans un Proche-Orient en constante ébullition.
Pluie de stars. Plusieurs «stars» mondialement connues avaient adhéré à l’idée de Nicolas G. Hayek. Et pas des moindres. Il y avait notamment Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, Carlos Slim Helú, le roi des télécoms de l’Amérique latine et l’un des hommes les plus riches du monde, la chanteuse Shakira, l’actrice Salma Hayek ou George John Mitchell, émissaire spécial du président Obama au Proche-Orient et fils d’une immigrée libanaise aux USA.
«L’idée de Nicolas G. Hayek était de réunir toutes les bonnes volontés de la diaspora libanaise pour aider au développement scientifique, économique et politique du Liban», relève François Barras, ambassadeur de Suisse à Beyrouth. Une Suisse, patrie d’adoption de Nicolas G. Hayek depuis une quarantaine d’années, qui appuyait d’ailleurs ce projet novateur.
«Avec l’âge, Nicolas G. Hayek avait un intérêt très fort pour son pays d’origine», poursuit François Barras. «Mais il ne voulait pas simplement investir une partie de sa fortune dans l’économie nationale. Son projet était beaucoup plus ambitieux.»
Il s’intéressait par exemple à implanter des structures de recherche et de développement des énergies vertes au Liban, notamment solaire et éolienne. «Nous avons travaillé plusieurs mois sur ce concept», témoigne Hussein Rammal, ambassadeur du Liban en Suisse. «Monsieur Hayek et moi étions en contact plusieurs fois par semaine. Sa mort est une grande perte pour la Suisse, mais aussi pour son pays d’origine. Je compte sur son fils Nick Hayek pour reprendre le flambeau.»
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