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«Les images de synthèse fonctionnent bien pour les robots et les jouets, moins pour les humains», confie Sylvain Chomet, qui a fait son film à la main, dans le style du Disney des années 60-70 (Les 101 dalmatiens, Les aristochats). Baigné dans une lumière remarquable, L’illusionniste recrée de manière inspirée une époque révolue ainsi que l’architecture stupéfiante d’Edimbourg. Il met en scène des personnages émouvants, comme le clown dépressif, le ventriloque qui porte son pantin au clou et perd son âme, le lapin odieux ou l’exquise Alice.
Sylvain Chomet est resté très proche du scénario de Tati – il a juste troqué Prague contre Edimbourg. Il a respecté son art de la bande-son composée de bruitages et de bribes de mots, adopté son point de vue, les plans larges, la caméra statique plantée à 1 mètre 80, les personnages filmés de pied… Evitant l’humour noir des Triplettes, il renoue avec la poésie naturelle de Tati – voir cette scène où, rendant son crayon à une fillette, l’illusionniste renonce in extremis à lui faire un tour. Chomet conclut: «J’ai bien arrosé la plante de Jacques Tati que l’on m’avait confiée. Elle est devenue quelque chose qui a sa personnalité propre et que j’adore.»
L’illusionniste. Adapté et réalisé par Sylvain Chomet, d’après un scénario original de Jacques Tati. France, 1 h 20.
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