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Le film joue sur toutes les acceptions du mot «complices». Vincent et Rebecca commettent ensemble une infraction; Hervé et Karine partagent une entente profonde. Le couple que forment les deux enquêteurs renvoie d’une certaine façon à Mulder et Scully dans X-Files – même si le réalisateur a cherché à s’affranchir des références, en refusant le cliché du flic miné par l’alcool et les problèmes sentimentaux.
Si l’amour entre les jeunes s’exprime en fusion spontanée, l’affection mutuelle que se vouent les inspecteurs est de l’ordre de la fraternité, avec un rien de tendresse incestueuse: ils s’effleurent, ils se confient l’un à l’autre et ce lien flottant, cette «érosion de l’affect», imprègne le film d’une touche de mélancolie, culminant dans une scène grise où les deux âmes solitaires se retrouvent dans un bar à sushis.
Cinéma suisse? Depuis dix ans, Frédéric Mermoud vit à Paris. Se sent-il encore «cinéaste suisse», pour autant que cette distinction fasse encore sens? «Je sens ma suissitude, surtout en France, sourit-il. Je ne fais pas plus de films suisses qu’un natif de Brest ferait des films bretons. Mon territoire, c’est la langue française.»
L’an dernier, il s’est associé avec Ursula Meier, Lionel Baier et Jean-Stéphane Bron au sein de Bande à Part Films. La création de cette maison de production s’est faite sur la base d’un «vrai amour du cinéma». Frédéric Mermoud rappelle que l’histoire du cinéma est marquée par un va-et-vient entre ici et ailleurs, Genève, Paris, Bruxelles, l’Irlande de Tanner, l’Amérique de Dindo... «Le mouvement est presque identitaire», conclut-il. Tourné à Lyon, Complices s’inscrit résolument dans cette dynamique.
Complices. De Frédéric Mermoud. Avec Gilbert Melki, Emmanuelle Devos, Cyril Descours, Nina Meurisse. Suisse-France, 1 h 33.
«MON TERRITOIRE, C’EST LA LANGUE FRANÇAISE.» Frédéric Mermoud
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