La chronique de Jacques Pilet
Le disque usé
Et tout recommence. Encore un tract dans nos boîtes aux lettres: «Contre l’immigration massive». Vieux fantasme. Vieille recette. Vieux arguments. A peu près les mêmes depuis cinquante ans.
L’amnésie conduit les peuples aux pires égarements. Aux recommencements des guerres.
Quoi de neuf? La libre circulation des personnes à l’échelle européenne – d’ailleurs assimilée en douce à l’arrivée d’immigrants non européens – est désignée comme la grande malédiction. N’allez pas parler à Toni Brunner de la Suisse d’avant 1914 qui se modernisait grâce à un afflux inouï d’Européens de partout: il n’a pas de mémoire.
Peut-être ne se souvient-il même pas des pulsions haineuses qui se manifestèrent dans les années 60-70 contre les Italiens, ces «Ritals» que beaucoup jugeaient incapables de s’intégrer. C’était le temps où, à la frontière, on inspectait les dents et le cul des saisonniers pour s’assurer qu’ils ne viendraient pas nous contaminer et ne tomberaient pas malades.
James Schwarzenbach, qui voulait mettre les étrangers à la porte, cela vous dit quelque chose? Vu d’aujourd’hui, il paraît ridicule. Ses successeurs courent le même risque.
L’amnésie conduit les peuples aux pires égarements. Aux recommencements des guerres. Aux rechutes passionnelles. Aux discours rancis. Comment vivre la politique d’aujourd’hui en se souvenant d’hier et en se projetant dans l’avenir? Enseigner mieux l’histoire, d’accord. Mais à part ça? Parler plus, peut-être, avec ceux qui nous ont précédés.
Alain Finkielkraut aime citer le mot d’une amie: «On a eu ses parents trop tard.» A savoir: on n’a pas eu le temps, ou on ne l’a pas pris, de questionner père et mère sur ce qu’ils ont vécu. Les trentenaires ne songent pas à interroger leurs géniteurs, encore si bien ancrés dans le présent.
Les sexagénaires, eux, commencent à se demander s’ils en savent assez sur leurs vieux, disparus ou assoupis. De part et d’autre, la pudeur maintient le flou sur le quotidien, sur les amours, sur les passions, sur les égarements d’autrefois.
Le souvenir du passé, avec tout son bazar de contradictions, aide pourtant à relativiser les emportements d’aujourd’hui.
La neutralité, fleuron des discours de 1er Août? Guisan, jusqu’en 1940, espérait faire face aux Allemands la main dans la main avec les Français. Quant au peuple, il exécrait Hitler. Gilles, dans son cabaret, le singeait brillamment, pas neutre pour un sou. Et pendant la guerre froide? Les services secrets frayaient, sans que cela gêne personne, avec les collègues américains, britanniques… et sud-africains. Alors doucement les basses, messieurs qui aimez tant cette chanson-là.
Autre rengaine: on vivait si sainement dans le bon vieux temps! Dommage, chers nostalgiques, que vous n’ayez pas mieux connu vos grands-parents. Ils mangeaient du cochon, encore du cochon parce que le poisson était rare, le poulet cher. Une fois passée la saison des fruits et légumes, ceux-ci disparaissaient des tables modestes. Leurs chauffages crachotaient de méchantes fumées.
On n’avait pas le cancer mais, devant le médecin perplexe, on crevait de mystérieuses douleurs sans nom ni remèdes. Ou de la tuberculose qui emportait tant de jeunes gens pâles.
Oui, mais à l’époque, on ne connaissait pas l’insécurité! Vraiment? Les homicides étaient autrefois plus nombreux qu’aujourd’hui, les délits sexuels mieux cachés, et les jeunes castagnaient aussi les soirs de beuverie.
L’idéalisation du passé obstrue le débat. La Suisse d’autrefois où nous vivions entre nous, bons Helvètes, loin des fracas du monde, sans criminalité, n’a jamais existé. Les marchands de trouille nous renvoient à un âge d’or mythique.
Or, leur idéologie suinte au-delà du parti spécialisé dans cette musique. Un pasteur de village évoquait, l’autre soir devant les feux, les dangers qui nous menacent: «les étrangers, les musulmans…»
Les lois existent contre une «immigration massive». Mais dans la chasse aux électeurs inquiets, il faut en ajouter et en rajouter. Pour «verrouiller les frontières». Avec une suggestion en prime: le droit des étrangers au regroupement familial et aux prestations sociales «peut être limité».
Cela ne choque pas monsieur le pasteur. Ni les braves gens prêts à gober les slogans des affiches xénophobes. A moins que les Suisses, même de courte mémoire, commencent à se dire que le disque devient trop usé pour mener le bal.
Tags: Jacques Pilet, immigration,
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| Réaction de Fafnir le 06.01.2012 à 23:59 | | Ne faudrait il pas aller voir le meilleur chez les... Ne faudrait il pas aller voir le meilleur chez les extrème asiatiques (Japon-Corée-Chine), leurs mangas, leur utilisation de lentilles de contact colorées qui gomment certaines laideurs non dictées par le climat et la maitrise de la démographie? | |
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| Réaction de Josette le 06.01.2012 à 15:47 | Monsieur Schwarzenbach ne paraît pas du tout ridicule, pas plus... Monsieur Schwarzenbach ne paraît pas du tout ridicule, pas plus aujourd'hui qu'à l'époque.
C'était un grand monsieur, très intelligent, très instruit et distingué. Il a sonné l'alarme à un moment où les patrons avaient un peu trop tendance à faire venir des étrangers pour mieux exploiter les Suisses.
Son action a eu des résultats très positifs car par la suite on a mieux contrôlé l'immigration. C'est comme maintenant. Grâce à monsieur Blocher, qui a hérité plusieurs qualités de monsieur Schwarzenbach, même monsieur Levrat commence à comprendre les souffrances du peuple. Avant il les ignorait avec mépris. C'est là qu'on voit.
Dans l'ensemble, la majorité des gens ont gardé un bon souvenir de M. James Schwarzenbach. Ce sera pareil avec M. Christophe Blocher. | | |
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| Réaction de lovsmeralda le 10.08.2011 à 10:46 | | Notre pays souffre d'un cancer généralisé né de peurs ancestrales... Notre pays souffre d'un cancer généralisé né de peurs ancestrales et comme les anciens disaient le plus grand danger vient très souvent de l'intérieur d'un pays,l'extérieur est visible donc beaucoup moins dangereux,et Internet sert aussi à raviver ce qui était endormi et endoctriner ne l'oublions pas !comme quoi un simple ordinateur peut être un deuxième Hitler en puissance!celles et ceux ayant eu la chance comme soignants de participer dès 66 au déclin de la maltraitance qui régnait en notre pays et exercée sur des enfants et paumés de la dernière guerre et ceux de 14-18 savent mieux que quiconque les effets négatifs sur le psychisme du virtuel mal géré ,et n'oublions pas les effets sonores et paroles sublimées entendues sur radio internationale,mais peut-être faut il avoir une patience de chat et le flair du singe pour arriver à s'en rendre compte,ou simplement être né sans moyen de reliance à l'extérieur | |  |
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| Réaction de dup le 10.08.2011 à 09:26 | @slimnature
je peux pas laisser passer cela. Le monde... @slimnature
je peux pas laisser passer cela. Le monde change même Lapalisse le dirait ,mais le reste depend grandement d'une volonté politique , d'abandons, de lâchetés et d'ignorance crasse. Les frontières sautent de partout, NON ! , ceci est la vonlonté d'une élite d'une perversité innouie et je suis étonné que vous soyez pas au courant.je ne peux que vous envoyer quelques lien espérant que votre curiosité va s'éveiller . Ce sont pas des conneries mais des faits vérifiables. Il y a pas fatalité , seulement on veut vous le faire croire. Du chômage il y en a à cause des ouvertures à tous vents et les délocalisations. Comment voulez vous mettre en concurrence des salaires 30 x inférieurs ,alors que dans le même temps , l'élite gagne 700 x plus que la base. Dieu a effectivement été bon . Pourquoi pensez vous que la Suisse a été épargnée depuis 160 ans ? ,elle qui a la taille d'un moustique ? l'explication prendrait trop de temps ,mais il a des raisons. Il faut exporter les solutions ,pas importer le problème. Encore une fois ,il a rien d'inneluctable ,mais on vous a fait croire que vous êtes insignifiant , que seul vous valez rien . Tout cela à coup d'éditos défaitistes et malveillants à pleurer.
http://www.youtube.com/results?search_query=pierre+hillard&aq=f
http://www.youtube.com/watch?v=oCq72nPKtcw
http://www.youtube.com/results?search_query=francois+asselineau&aq=f
http://www.evolutionquebec.com/site/nom.html | | |  |
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| Réaction de slimnature le 09.08.2011 à 22:24 | | Le problème, dup, est que le monde a changé partout,... Le problème, dup, est que le monde a changé partout, pas qu'en Suisse et les Suisses se doivent de s'adapter avec ce nouveau monde. Du chômage il y en a partout, des shits aussi, des logements ça se construit, les frontières sautent de partout, parce que bientôt il n'y aura plus des pays, mais un monde, c'est inéluctable, faut s'y préparer. Il y a quelque temps une dame âgée m'as dit; Dieu est bon parce que il a épargné la Suisse des guerres, mais Dieu n'est pas Suisse, et si Dieu a été bon avec les Suisses, il veut aussi être bon avec les autres humains, moins privilégiés que les Suisses, alors faut se serrer les coudes, mais pas qu'en Suisse, tous les pays privilégiés devraient faire des concessions, la richesse ne devrait pas être illimitée, la pauvreté non plus. De toute manière, on ne peut arrêter la marche du monde, on peut juste s'y adapter. slim
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| Réaction de dup le 09.08.2011 à 19:08 | je crois que le disque usé c'est celui de monsieur... je crois que le disque usé c'est celui de monsieur Pilet .Ce propagandiste du nouvel ordre mondial,donneur de leçons qui croit que l'histoire est linaire . Ce qui était vrai en 1914 est plus vrai aujourd'hui .Un de mes grand père est immigré d'Autriche au tournant du siècle et il a commencé par des boulots penibles. Catholique ,il a élevé une famille dans le respect du pays d'accueil et toute la famille était integrée avec un passeport Suisse. Il y avait pas de bruleur de bagnoles ni de vendeur de shit parmis nous. il y avait pas de rues barrées pour cause de prière, ni de zone de non droit . Les arrivants se fondaient avec les habitants .Pas de ghetto non plus ,ni deguisement .Le pays pouvait accepter du monde , il y avait du travail et des logements pour tous. CE N' EST PLUS LE CAS. Monsieur Pilet ignore la courbe de Gauss qui n'a rien a voir avec de la xénophobie.On resume tout à des bons sentiments bisounours et on simplifie tout , ça vous fait passer pour une belle âme. A la limite on jubile des dégats causés au pays. Albert Jacquard qui est sûrement pas un nazi , ni une chemise brune dans un ouvrage paru en 1993 sur l'explosion démographique,osait encore une comparaison audacieuse pour commenter la photo d'une avenue bondée de Shanghai : "Les criquets sont des animaux fort pacifiques qui vivent en parfaite harmonie avec leur environnement. Il suffit que leur densité dépasse un certain seuil pour que tout se transforme …L'hôte respectueux devient le pire des prédateurs
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| Réaction de simature le 06.08.2011 à 15:52 | | "Alain Finkielkraut aime citer le mot d’une amie: «On a... "Alain Finkielkraut aime citer le mot d’une amie: «On a eu ses parents trop tard.» A savoir: on n’a pas eu le temps, ou on ne l’a pas pris, de questionner père et mère sur ce qu’ils ont vécu." Voyons J.Pillet, mais nos parents nous ont tout transmis dès notre jeune âge, même pendant qu'on gesticulait dans le ventre de notre maman, on entendait le père dire que les étrangers sont étrangers et qu'il faudrait s'en méfier parce que étrangers aux suisses et seront toujours étrangers; quelle peur ces étrangers nous font peur, devaient se dire nos parents! De fait, la peur si bien apprise à l'enfance comme d'une valeur, persiste et signe, remontre à la surface à l'âge adulte, transmise, involontairement, de père en fils, alors faut-il s'étonner qu'elle soit toujours d'actualité, non pas les étrangers, certes pas, mais la peur, celle qu'on attribue aux étrangers, mais qui est en nous, transmise, puis comme par magie savamment entretenue par des esprits malins avides de profiter de nos soufrages? slim
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