Le dossier ouïgour ne bloque pas le libre-échange
CHINE. Muni de ses chaussettes rouges à croix blanches, Blaise Godet, ambassadeur de Suisse à Pékin venu inaugurer l’Exposition universelle de Shanghai, répond à nos questions sur l’accord de libre-échange engagé entre les deux pays.
Encore tout émoustillé par son tour en télésiège, l’ambassadeur Blaise Godet trinque, ce matin-là à Shanghai, au succès phénoménal du pavillon suisse de l’Exposition universelle: «Ceux qui disent que ces manifestations sont révolues sont souvent ceux qui voyagent. Mais quand on ne voyage pas – c’est le cas de plus de 95% des Chinois – c’est l’occasion de voir d’autres horizons, d’appréhender d’autres cultures, d’être confronté à d’autres manières de voir.»
Enjeux diplomatiques. Voilà pour le peuple. Mais d’autres enjeux, diplomatiques ceux-là, sont sous-jacents. L’accord de libre-échange, par exemple. Celui que la Suisse espère signer avec ce pays «qui monte» et avec lequel elle célèbre cette année justement soixante ans de relations diplomatiques. «Nous sommes ambitieux, c’est vrai, dit l’ambassadeur Godet, en poste à Pékin depuis un an et demi. Nous aimerions que cet accord se traduise par une amélioration des conditions d’accès au marché chinois. Cela va donc au-delà du simple abaissement du droit de douane. Nous souhaitons des conditions améliorées sur le plan de la propriété intellectuelle, sur le plan des services. Pouvoir participer au marché chinois sans discrimination.»
Deux ans minimum. Pour l’instant, le duo n’en est qu’aux «préliminaires». Après des hearings qui ont permis aux milieux industriels de faire valoir «leurs vues, leurs attentes, leurs craintes, leurs frustrations», l’étude de faisabilité, qui doit déterminer l’étendue du champ d’application de l’accord, devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année. Sera-ce un accord de libre-échange avec une portée étendue qui inclura les services, la participation au marché public, des questions de droit de propriété intellectuelle ou un accord plus modeste limité à quelques secteurs industriels? «Pour le moment, nous ne le savons pas, répond le diplomate. Nous aurons les conclusions dans le courant de l’année et ensuite seulement – d’ici à fin 2010 j’espère – s’ouvriront formellement les négociations.» Qui devraient durer deux ans, «au minimum».
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