L'Hebdo;
2005-11-24 Le DVD se paie nos bobines
Résurrection Les films familiaux enregistrés sur pellicule se dégradent avec le temps. Plusieurs sociétés romandes proposent de les transférer sur support numérique. Conseils pratiques.
Les armoires débordent de bobines de films super-huit ou 16 millimètres aux étiquettes passées. Le projecteur a disparu, alors qu'un lecteur de DVD et un écran trônent au salon. Sur la base de ce constat, des entreprises proposent aux particuliers de faire passer leurs précieuses mais vieillissantes images familiales dans le monde digital (lire encadré).
Deux grandes techniques de conversion coexistent. La moins coûteuse est baptisée «refilmage», et consiste à projeter la bande sur un écran, puis à filmer la scène en numérique. Les procédés de «télécinéma» sont plus coûteux. Une caméra synchronisée capture le film image par image, sans passage par un écran et donc sans perte de luminosité. D'autres services sont possibles. Bolex Digital, à Martigny, propose par exemple une stabilisation de l'image ainsi qu'une correction des couleurs et de l'exposition, afin d'approcher au plus près la scène tournée des décennies plus tôt.
Malgré les apparences, le transfert d'un film vers le DVD ne constitue jamais une solution de conservation à long terme. «C'est une grande illusion!», note Christophe Brandt, directeur de l'Institut suisse pour la conservation de la photographie, à Neuchâtel. Outre le flou régnant sur la longévité physique de ce support numérique (dix ans? vingt ans?), le format du fichier gravé sur la galette brillante va rapidement être frappé d'obsolescence. Avant son déclin programmé et une nécessaire adaptation au média de remplacement, il convient donc de posséder plusieurs copies des DVD et de les conserver au frais et au sec. Quant aux originaux, il ne faut jamais les jeter! «Il s'agit du meilleur support d'archivage», note Yves-Alain Racheter, du studio Vidéo Clap à La Chaux-de-Fonds. Pour les protéger au mieux, Memoriav, association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse, donne quelques conseils: température et humidité basses (ce qui exclut le grenier et souvent la cave). Rembobiner le film de manière ni trop lâche ni trop serrée, le stocker dans une boîte neuve (ou au moins propre) et enfin entreposer à plat.
Au-delà des aspects techniques, Jean-Pierre Gehrig, cofondateur de Bolex Digital, met l'accent sur le versant purement émotionnel du transfert. Certains clients se rendent par exemple en personne au siège des sociétés, afin d'éviter un envoi par la poste. Ils en profitent pour raconter les circonstances du tournage aux spécialistes de la numérisation, ce qui suscite une remontée de souvenirs, et parfois quelques larmes. D'autres clients demandent des digitalisations brutes et «organisent ensuite des réunions de famille,» afin d'identifier collectivement les personnes et les scènes filmées. Un simple DVD peut constituer le pré- lude à une soirée inoubliable. |
David Spring
www.memoriav.ch
quelques Adresses
En Suisse romande, plusieurs spécialistes transfèrent les films vers le numérique. Difficile de comparer les prix, tant les conditions et les techniques varient. Compter entre une et quatre semaines pour la réalisation du travail. La plupart des sociétés propose également le transfert de cassettes vidéo sur DVD. Cette liste n'est pas exhaustive.
Bolex Digital
Avenue de la Gare 2, 1920 Martigny
027 722 80 80, www.bolex-digital.ch
Studio Vidéo Clap
Rue Charles-Humbert 12
2300 La Chaux-de-Fonds
032 913 34 45, www.video-clap.ch
Videovox
Rue Baylon 20, 1227 Carouge
022 300 14 64, www.videovox.ch
R.A.M.
Champs-Courbes 1, 1024 Ecublens
021 697 06 95, www.mediaram.ch
MediaVideo
Chemin du Couchant 17
1052 Le Mont-sur-Lausanne
078 878 66 11, www.mediavideo.ch
Numérisation Pour réveiller les souvenirs d'enfance, il est possible de transférer le contenu de bobines de films vers un DVD.
|