Le franquisme hante encore l’Espagne
Par Matthieu Ruf - Mis en ligne le 17.02.2010 à 13:37
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Le juge Garzón s’apprête à s’asseoir sur le banc des accusés pour avoir voulu juger les crimes de la dictature. Malaise dans un pays divisé.
MÉMOIRE. «L’aberration.» C’est ainsi qu’un éditorialiste du quotidien El País qualifie l’histoire ô combien espagnole qui se déroule ces jours aux dépens de Baltasar Garzón. Ce juge du tribunal d’Audience nationale, célèbre à l’étranger pour avoir fait arrêter Pinochet, est en passe d’être suspendu de ses fonctions et jugé pour «prévarication» dans deux affaires que le Tribunal suprême traitera en réponse à une plainte du syndicat ultranationaliste Manos Limpias («mains propres»). Garzón est accusé d’avoir archivé une plainte contre le président du groupe bancaire Santander en 2008, quelques mois après avoir donné, à New York, des conférences apparemment financées par ledit groupe. Mais c’est surtout la deuxième affaire qui déclenche la polémique, et qui démontre, une fois de plus, que les vieux démons de l’Espagne, la guerre civile (1936-1939) et les quarante années de la dictature du général Franco, sont bien vivants. Et divisent plus que jamais.
Le juge est accusé d’avoir outrepassé la loi d’amnistie de 1977. En octobre 2008, en effet, Garzón a été le premier magistrat à se déclarer compétent pour investiguer sur ce qu’il qualifie de «crimes contre l’humanité» perpétrés par Franco et ses alliés, au motif que ceux-ci sont imprescriptibles au regard du droit international. Il a ordonné l’exhumation des victimes des fosses communes où gisent encore sans identification, septante ans après, quelque 130 000 civils et combattants républicains éliminés par les forces franquistes. Depuis, Garzón a délégué cette compétence aux communes. Mais le mal est fait pour la droite nationaliste, que les velléités de la génération des «petits-fils» républicains de «remuer le passé» horripile. S’ensuit cette situation surréaliste, résumée par le professeur de droit pénal international Miguel Angel Rodríguez à la radio SER: «Que la première personne jugée à cause des crimes du franquisme soit Garzón, c’est le monde à l’envers!»
C’est que le juge, dont l’ego est réputé surdimensionné, a beaucoup d’ennemis. Héros pour les uns, escroc pour les autres, il divise même au sein du Tribunal suprême, où l’instructeur de son cas, Luciano Varela, semble très déterminé à mettre un terme à sa carrière. Les méthodes plus que les causes de Garzón exaspèrent dans la profession. Mais qu’on ne s’y trompe pas. En donnant raison aux plaignants d’extrême droite, c’est bien une victoire morale que le juge Varela leur offrirait: en Espagne, on ne peut pas juger le franquisme. Un point c’est tout?
Tags: Franquisme, Espagne, Garzon,
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| Réaction de Arriba Espana! le 09.05.2010 à 23:26 | | Bien sur, Scipion, le communisme n'a pas passé en Espagne,... Bien sur, Scipion, le communisme n'a pas passé en Espagne, grâce à Franco. Ca reste, d'accord. Mais pour tout le reste, dès le lendemain de la mort du caudillo, ses ennemis ont détruit tout ce qu'il avait fait. C'est bien triste!
Je pense que l'Espagnol de base commence à comprendre qu'on s'est moqué de lui en lui parlant "Démocratie*, "Europe", "récupération de la mémoire" etc. Maintenant il ne reste que désordre, pauvreté, chômage, immigration, au lieu de réconciliation. Bref la catastrophe!
Arriba Espana! | |
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| Réaction de Scipion le 09.05.2010 à 12:48 | Quand même, Arriba Espana, si Zapatero cherche à "gommer" le... Quand même, Arriba Espana, si Zapatero cherche à "gommer" le franquisme du territoire espagnol, ce que Franco a fait en 1936, à savoir éviter que l'URSS stalinienne ne prenne l'Europe en tenaille, reste. Tout le monde n'oublie pas, n'en déplaise à el Chema. | | |
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| Réaction de Arriba Espana! le 06.05.2010 à 22:23 | | Pauvre général Franco, il doit se retourner dans sa tombe.... Pauvre général Franco, il doit se retourner dans sa tombe. Lui qui avait cru se soulever pour une certaine conception de l'Espagne traditionnelle. Ca avait pris une guerre civile terrible et quantité de morts, de part et d'autre. Mais enfin c'est lui, Franco, qui avait gagné.
Et maintenant, 35 ans après sa mort, c'est les rouges qui sont vainqueurs, et sans avoir tiré une seule cartouche! Et voilà qu'on déterre les morts et qu'on enlève les statues du Caudillo! Quelle misère!
Certes, il y a bien un roi, mais le pays a légalisé le mariage gay et l'adoption d'enfants par deux mamans ou deux papas! Quand le fondement même de la famille est nié, que signifie une royauté héréditaire?
Finalement on en vient à se demander si ça valait la peine de se donner tout ce mal. A quoi bon avoir lancé une croisade pour en arriver à un tel résultat! | |
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| Réaction de el Chema le 25.04.2010 à 11:39 | Les anciens franquistes voulaient faire oublier les horreurs commises par... Les anciens franquistes voulaient faire oublier les horreurs commises par les leurs. Depuis quelques années une certaine effervescence parcoure ceux qui veulent récupérer la mémoire des victimes de la dictature. Cette effervescence qui agace la vieille droite franquiste est tout simplement motivée par le fait que les témoins directs de cette époque sont âgés aujourd'hui de 80 ans et plus. Il s'agit, grâce à leurs témoignages de connaître les emplacements de fosses communes dans lesquelles sont enterrés les dizaines de milliers de fusillés, d'identifier les enfants enlevés à leurs parents emprisonnés dans les camps et prisons franquistes, bref de conserver la mémoire de ceux qui sont en train de disparaître afin de rendre hommage aux victimes d'un régime exécrable. Dans cette course contre la montre, l'initiative du juge Garzon de mettre en cause impunité accordé aux bourreaux franquistes au tout début du rétablissement de la démocratie en Espagne dans la deuxième moitié des années soixante dix est très mal perçue par ceux qui veulent que l'on "oublie". Heureusement l'initiative de Garzon bien que louable n'est pas la seule et nombreuses sont les institutions se l'état, des gouvernements autonomes, des municipalités et des associations qui oeuvres dans le sens de la récupération de la mémoire de tout un peuple. | | |  |
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