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Analyse
Le futur patron de la BNS s'expose beaucoup

Par Yves Steiner - Mis en ligne le 19.10.2009 à 15:20

Dès janvier, Philipp Hildebrand prendra la direction de la BNS. Désormais à l’avant-scène des réformes financières, n’en fait-il pas trop?

Comme des mouches sur un pot de miel. La scène se passe à Bâle, jeudi 8 octobre. A peine sorti d’une salle de conférences de l’Organisation internationales des commissions de valeur (OICV) où il vient d’intervenir, Philipp Hildebrand affronte un essaim de journalistes. Poli, le vice-président de la Banque nationale suisse (BNS) refuse toute interview. «Je laisse la priorité à notre président, Jean-Pierre Roth, durant ses derniers mois», s’excuse son successeur. Pourtant, le prochain maître du franc n’est pas avare de sorties en public, sans parler des conclaves d’experts. Rares ont été jusqu’ici les banquiers centraux suisses à s’exposer de la sorte.

La faute à la crise? Certes. Jadis dans l’ombre, la BNS a été mise sous la lumière des projecteurs, depuis ce 16 octobre 2008 lorsqu’elle est venue avec Berne au secours d’UBS. D’ailleurs, des voix à l’intérieur de la BNS suggèrent qu’un «retour à la discrétion ferait du bien». Ce n’est pas le chemin que semble suivre Philipp Hildebrand.

Hyperactif.

Depuis un an, difficile ne pas croiser le chemin du futur chef de la BNS. Conférences et petites causeries, celui-ci n’a rien d’un ermite et fait preuve d’un activisme qui tranche avec ses prédécesseurs. «De son expérience au World Economic Forum (il y a travaillé un temps, ndlr), il apporte un goût des contacts multiples et un talent en la matière», éclaire Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut de Hautes Etudes internationales.

A l’étranger aussi où il trouve matière à légitimer les réformes lancées en Suisse. Membre du Conseil de stabilité financière (CSF) qui regroupe banquiers centraux et chefs du Trésor public des pays riches, il dirige un groupe de travail sur les bonus dont les solutions ont été ratifiées par le G20 de Pittsburgh. «Il est incontestable que sur la question de la régulation financière, Philipp Hildebrand montre un leadership», ajoute Cédric Tille.

Par le verbe.

Un leadership qui se complète d’un service aprèsvente, où Philipp Hildebrand endosse le rôle du pédagogue. Dans la Neue Zürcher Zeitung – avec Adair Turner, le chef du régulateur de la City à Londres – ou dans des conclaves techniques, telle la Réserve fédérale de Chicago ou devant l’OICV, la semaine passée.

En quatre mois, le vice-président de la BNS a ainsi ripoliné son discours. Que ce soit sur le niveau de fonds propres et de liquidités, sur les rémunérations ou encore sur la possibilité de démembrer une banque menacée de faillite, les réformes du CSF ne sont pas là pour beurre. Oui, le lobby bancaire résiste. Normal, car ces réformes rendront le métier de banquier ennuyeux et limiteront les profits. Mais la volonté politique manque, même si le G20 a adoubé les idées du CSF. Qu’à cela ne tienne, l’optimisme est de rigueur et cela passera.

A fleurets mouchetés.

Ex-collaborateur à la Réserve fédérale américaine, le professeur genevois Cédric Tille apprécie le propos. «Il est souhaitable que la BNS pousse ainsi ces points, quitte à faire grincer les dents de certains banquiers.» Car en effet, certains d’entre eux s’irritent des flèches lancées par le président désigné de la BNS.

«Monsieur Hildebrand est trop visible et parle trop en matière de régulation financière», lâche un cadre d’une grande banque suisse présent dans la cité rhénane. Et d’ajouter, sourire aux lèvres, sur les réglementations à venir: «Quand nous mangerons la soupe, Monsieur Hildebrand le sait, elle ne sera plus aussi chaude.»

A Bâle, un autre homme a aussi relevé le caractère, à son goût, «trop optimiste» des propos de Philipp Hildebrand. Un autre financier? Non. L’avertissement venait du sérail des régulateurs. Du respecté Jochen Sanio, président de la BAFIN, l’autorité allemande de surveillance des marchés financiers. Qui plus est, en public. Comme pour prévenir que les réformes de la finance marquent le pas et qu’il serait bon de ne pas susciter trop d’attente dans le public. Y compris de la part des banquiers centraux. Y compris en Suisse.





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