Il ne mâche pas ses mots, Dominique Andrey, commandant des Forces terrestres. Il en a plus qu’assez du brouillard ambiant, de l’irresponsabilité des politiques sur les questions militaires et de sécurité. Il ne peut plus se taire. Bien sûr, un tout récent rapport fait l’inventaire des prestations de l’armée et des moyens à sa disposition. Manque une stratégie d’ensemble, une définition claire de la direction à prendre. Insupportable pour ce haut gradé (lire son interview).
Les politiques se désintéressent des questions de sécurité. Pourquoi?
Il ne s’agit pas seulement d’argent et du nombre de soldats. La question décisive, ce n’est pas de savoir si l’armée suisse en comptera 80 000, 90 000 ou 100 000. Non, le vrai problème porte sur ses missions. Préparer la piste de descente du Lauberhorn? A voir.
Assurer des tâches de police lors d’événements comme le Sommet de la francophonie, à Montreux? Sans doute. Reste à déterminer le degré d’implication. Et comment s’organiser face aux nouvelles menaces, le terrorisme, la guerre cybernétique?
Sur ces sujets, les décisions politiques tardent, les idées sont courtes. C’est que les parlementaires semblent se désintéresser des questions de sécurité, peu payantes électoralement. Au gouvernement, Ueli Maurer reste l’otage de son parti, l’UDC, et de ses propres pulsions nostalgiques.
Pourquoi cette insoutenable légèreté? Au fond, la Suisse demeure un îlot de sécurité dans un monde bouleversé, voilà l’illusion dominante. Les attentats terroristes? Les autres pays sont concernés, pas nous. La paralysie du pays par des pirates informatiques? Pour l’OTAN, c’est le danger numéro un. La Suisse, elle, serait miraculeusement épargnée. Vraiment?
Les politiques ne sont pas seuls responsables de cette cécité sécuritaire. Peut-être les hauts gradés de l’armée, eux-mêmes, sont-ils restés trop longtemps discrets sur le sujet, à supposer qu’ils soient d’accord entre eux sur l’analyse. Ou alors ils ont péché par manque de pédagogie.
Car, si l’on tente de se projeter dans dix ou vingt ans, on ne peut pas éviter une petite révolution. Il faut reparler d’un Département fédéral de la sécurité qui coiffe à la fois l’armée et la police. La coopération avec les autres pays ne peut qu’être renforcée. Les cantons? Ils doivent renoncer à certaines de leurs prérogatives. Le «général» Andrey souligne aujourd’hui l’urgence de la situation. Il a mille fois raison.
Hausse des primes : Chiffres manipulés
On nous annonce des hausses de primes de 6,5% en moyenne suisse. Elles sont en réalité de 8,6% (lire le dossier de Julie Zaugg). Pourquoi cette différence? Parce que l’OFSP ne prend pas en considération toutes les catégories d’assurés, ni tous les types de franchises. Des exemples? En Valais, la hausse sera de 9,5% et non de 7,3%. Autre illustration frappante: les jeunes âgés de 18 à 25 ans assurés avec une franchise de 2000 francs subiront une hausse de 15,9% en 2011. Quand donc les autorités fédérales utiliseront-elles des méthodes de calcul plus conformes à la réalité?
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