Langues
Le goût des autres helvétique
Par Antonio Hodgers - Mis en ligne le 31.03.2010 à 15:45
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Le «Hochdeutsch», première langue nationale, est considéré par les Alémaniques comme une langue étrangère. Le conseiller national genevois Antonio Hodgers décrypte la polémique qu’il a lui-même lancée et répond à la chronique de Charles Poncet.
Cher Charles, si tu relis avec attention mon opinion publiée en allemand dans la NZZ am Sonntag et en français dans Le Temps*, tu te rendras compte que ta réaction, tout en Genferdütsch qu’elle paraît, est à côté de la plaque. Tu connais assez mon engagement pour le respect des identités culturelles pour imaginer que mes propos ne sont pas une attaque contre les Suisses alémaniques. Et je n’ai pas attendu tes conseils de papi radoteur qui a fait du vélo sous la neige à l’armée pour me mettre au Bärndütsch, dès mon arrivée à Berne. Non, mon inquiétude – plus fondée sur les statistiques linguistiques fédérales que sur ma propre expérience d’ailleurs – est de savoir comment vont se comprendre les Suisses entre eux dans quelques décennies.
Valoriser ses racines. Reprenons. Il est paradoxal de considérer le Hochdeutsch comme la première langue nationale alors que la majorité des Alémaniques la voit comme une langue étrangère. Le besoin de valoriser leurs racines et de marquer ainsi leurs différences avec le grand voisin allemand a amené à un renforcement du suisse allemand ces derniers lustres. Si l’on ajoute à cela la baisse du français chez les jeunes – que la décision de Zurich d’enseigner l’anglais avant le français symbolise – on comprend que l’évolution linguistique actuelle peut, à terme, mettre à mal la cohésion nationale, même si la diversité des dialectes est indéniablement une richesse. Car les Romands parleraient le français et comprendraient un peu l’allemand, les Alémaniques parleraient le suisse allemand et comprendraient moins le français, alors que tout le monde parlerait et comprendrait l’anglais.
Que faire face à ce trend? Nier le problème, comme tu le fais avec ton collègue Auer, revient à adopter la posture de l’autruche caractéristique du manque d’anticipation qui frappe la classe politique suisse. Pour ma part, parce que aujourd’hui on se comprend encore bien entre Suisses, je pense qu’il faut débattre de cette thématique. Je n’ai pas de solution donnée, ainsi j’ai proposé trois scénarios de travail très divers: freiner le dialecte alémanique dans les échanges publics, en faire une langue nationale ou choisir une langue nationale tierce (l’anglais).
Comme je l’espérais, j’ai reçu beaucoup de réactions que l’on peut classer en trois types. Le premier est le fait de citoyens qui se morfondent dans une posture de victime. Du côté romand, on s’agace de l’existence même du suisse allemand, considéré comme une langue primitive. Marie-Thérèse Porchet n’est pas loin. Du côté alémanique, on s’offusque de la faible reconnaissance de la multitude des dialectes régionaux, «fragiles et précieux».
| Dossier 'Canton de Genève' | | |
Tags: Hochdeutsch, langues, Antonio Hodgers, Charles Poncet,
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| Réaction de bel ami le 06.05.2010 à 22:09 | | Tu es mignon Antonio, mais personne n'a compris où tu... Tu es mignon Antonio, mais personne n'a compris où tu veux en venir.
Tu as commencé par tirer à boulets rouges contre le Dialäkt, et ça t'a valu d'être "vertement" (ça te vient bien) remis à ta place par l'éminent professeur Auer qui a mis le doigt sur tout ce que ton premier article contenait d'incroyable légèreté. Maintenant tu dis - je t'ai vu à CLUB sur SF - qu'il faut que les Welsches apprennent le Schwytzertütsch. On pige plus très bien.
Non seulement le public ne sait pas ce que tu veux mais toi non plus tu ne le sais pas.
En tous cas, ce qui est sur, c'est que ce ne sont pas tes réflexions qui vont influencer la réalité de la vie en Suisse. Le Schwitzertütsch est une langue. On va devoir se rendre à l'évidence. Ca emmerde beaucoup de gens car ils voient bien que la montée en puissance de cette langue exprime un repli identitaire. Mais il n'y a rien à faire là contre. C'est inutile. Le Schwytzertütsch a irréversiblement gagné la partie. Bientôt on devra le reconnaître comme langue à part entière, comme le néerlandais, le danois, le norvégien, ou le suédois ces autres dialectes germaniques devenus langues nationales.
Aloirs ton petit baratin, ta petite musique: "C'est toujours même chose avec les Welsches! Ils sont léchères (légers)!" Voilà tout ce que nos confédérés retiendront de ta brillante intervention.
Allez, dodo! mignon petit grand homme! Tu nous a tous bien amusés. | |  |
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| Réaction de swissboy le 29.04.2010 à 20:39 | Je ne comprends pas :
Le "Züridütsch" est le plus important... Je ne comprends pas :
Le "Züridütsch" est le plus important dialect et le plus parlé. Il a une grammaire et un petit dictionnaire. Pourquoi chercher plus loin ! Ayant travaillé à Wengen, j'ai commencé par parler le "Hochdeutsch" que je parlais assez bien, mais bien vite je me suis mis au "Bernerdutsch!, que j'ai passablement oublié aujourd'hui. Le seul avantage du "Bernerdutsch" est qu'il se parle assez lentement, ce qui n'est cas le cas du "Züridutsch" Qu'en pensez-vous ?
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| Réaction de arrogance33 le 07.04.2010 à 12:16 | | Visiblement, Antonio veut défendre le "commun des Helvètes monoculturels" de... Visiblement, Antonio veut défendre le "commun des Helvètes monoculturels" de l'"arrogance" de ceux qui, comme Charles Poncet, se sentent à l'aise dans plusieurs langues de notre pays. Cela ressemble dangereusement à la chasse aux élites ... et à un certain discours populiste qu'on s'étonne de retrouver sous la plume d'un Vert. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas que le commun mortel helvétique soit monoculturel. Les jeunes, notamment, évoluent dans un milieu ou la pluralité des cultures est la règle. Notre système scolaire donne encore, heureusement, une certaine importance aux langues et aux cultures qui s'y associent. On pourrait faire plus et mieux, bien sûr, et il faut sans doute encourager la mobilité, donner plus de moyens aux échanges entre les régions linguistiques. On n'évite pas l'arrogance si on condamne les Suisses à se parler en anglais dès qu'ils se retrouvent en dehors de leur réseau linguistique local. | |  |
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