Le K.-O. du macho
Par Sonja Hugentobler-Zurflüh - Mis en ligne le 10.07.2008 à 00:00
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MODE. Les designers de mode parisiens ont présenté leurs collections hommes pour le printemps 2009.
Ils ont dessiné une mode pour un homme délicat, qui se moque de son statut viril. Un homme dont la silhouette, les détails vestimentaires, les accessoires et l’image collent à l’air du temps: plus féminin. Ce nouvel homme n’adopte pas seulement le rose framboise et le pink, mais aussi tout un éventail de tons sorbet et de bleu éthéré qui servent d’accents à une palette qui part du blanc ou du beige gravillon pour aller jusqu’au brun sable et au noir. Légèreté dans les étoffes aussi: fluides comme les satins de soie ou les shantungs, aériens et transparents comme les crêpes de coton, les jacquards ou les popelines fines. Les «pièces détachées» en superposition occupent le premier plan. Citons les chemises blanches, les tuniques, les vestes, les cardigans dans des matières froissées, les jerseys, les pantalons extralarges, qui rappellent les pyjamas.
Fleurs et perles. Hier encore, la garde-robe masculine cherchait à témoigner de la puissance de son propriétaire. Avec la crise financière, cette course au prestige semble s’être perdue. Sur les podiums parisiens, les costumes monocolores ou parcourus de minimotifs, si légers qu’ils semblent taillés dans des tissus de chemise, se relâchent, comme chez Juun J. Avec leurs éléments décoratifs issus du vestiaire féminin, tels leurs colliers (Anne Demeulemeester), leurs fleurs épinglées au revers ou leurs broderies de perles (Lanvin), ils campent bien loin du dressing des héros de Wall Street. Le nœud papillon et le foulard menacent la cravate de la finance (Hermès). Les cols de chemise classiques reculent devant les cous nus laissés libres, à la Nehru. Chez Dior Homme, le designer Kris Van Assche a fait briller des matières étincelantes et métallisées et des cristaux géants cousus sur les jeans serrés. Ces looks jeunes et frais imposent un nouvel uniforme pour le soir: vestes de spencer, jeans tubes et sneakers immaculés. A côté de cette tendance, Paris ne manque pas de créateurs. John Galliano a marié toutes les couleurs, les formes et les ethnies dans un show techno-drag-punk dégageant une énergie et un courage inégalés. Kenzo et ses citations ethniques plus pures, chemises de bergers, vestes de madras ou cousues de broderies syriennes. Jean Paul Gaultier a dissimulé sous le thème du Far West ses costumes destinés à des cow-boys de l’asphalte, armés de détails tels que des ceintures Navajo, des colliers à turquoises, des pochettes et même des Stetson. Le chapeau justement. Il restera l’accessoire de l’été et prendra toutes les formes, sauf une: celle du chapeau de JR. Trop macho.
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