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Le «Routard» n'est pas cool

Mis en ligne le 23.03.2006 à 00:00

Une enquête sur le fameux guide fait voler en éclats son image soixante-huitarde.

L'Hebdo; 2006-03-23

Le «Routard» n'est pas cool

Une enquête sur le fameux guide fait voler en éclats son image soixante-huitarde.

On imaginait les créateurs du Guide du routard à l'image du globe-trotter de couverture dessiné par Solé. Raté: l'enquête publiée par Baudouin Eschapasse, qui a travaillé un an pour le site internet routard.com, montre au contraire une success story éditoriale (4,5 millions d'exemplaires vendus chaque année) construite sur l'âpreté au gain, le copinage et un travail sur le terrain pour le moins discutable. Le titre est à lui seul tout un programme: Enquête sur un guide dont on doit taire le nom (éditions Panama). En quatrième de couverture, l'auteur reproduit une lettre envoyée par l'avocat de Philippe Gloaguen (à d.) expliquant que la marque Routard «ne saurait apparaître dans le titre de cet ouvrage sans caractériser une contrefaçon».

Car Philippe Gloaguen, qui a créé la collection au début des années 70 avec Michel Duval (à g.) avant de poursuivre seul à partir de 1980, estime que le mot «routard» serait de son cru. Il l'a déposé au registre des marques et a mené une bataille sans merci contre les dictionnaires Robert et Larousse afin que sa prétendue paternité soit respectée. Philippe Gloaguen est en outre susceptible. Il témoigne d'une vive allergie aux critiques, parmi lesquelles on se rappelle celles de Michel Houellebecq.

Dans Plateforme, le romancier s'était permis de répandre un peu de fiel sur les pages en papier recyclé du volume consacré à la Thaïlande. Enervé par son style à la fois copain-copain et moraliste, son personnage finissait par jeter d'un geste rageur le guide qu'il attribuait à des «connards humanitaires protestants». |Michel Audétat

Projecteur 6,45 millions

Séparés depuis 1987, les membres originels de The Smiths ont refusé de se reformer pour un concert unique lors du festival américain Coachella. Et cela malgré une offre de 6,45 millions de francs. Une enchère incroyable qui démontre bien le mythe incarné par le groupe. Mais plutôt qu'une simple question d'intégrité, il y a fort à parier que les brouilles qui ont déchiré le groupe durant les années 90 sont à l'origine de cette décision. Parmi elles, le procès qu'intentèrent le batteur et le bassiste du groupe au chanteur Morrissey et au guitariste Johnny Marr. Pas de reformation donc, mais que les fans se réjouissent: Morrissey sortira le 7 avril Ringleader of the Tormentors, son nouvel album solo. | CS

Suites...

Cette semaine... les succès électoraux des écologistes. LE VERT QUI A SES CHANCES AU GOUVERNEMENT BERNOIS

«Les seuls dont je suis sûr qu'ils vont progresser, ce sont les Verts. Pour les autres partis, c'est un point d'interrogation.» Cette remarque à propos des prochaines élections fédérales du président radical, Fulvio Pelli, dans la NZZ am Sonntag du 19 mars, confirme que le vent favorable des écologistes n'a pas fini d'inquiéter les partis centristes. Dans un avenir plus proche, aux élections cantonales bernoises du 9 avril, c'est un certain Bernhard Pulver qui donne des sueurs froides aux radicaux. Président du groupe des Verts au Parlement cantonal, ce juriste de 41 ans, homosexuel déclaré, a pris un poids politique considérable depuis qu'il a dirigé avec efficacité la commission d'enquête sur la débâcle de la Caisse de pension des enseignants bernois. Et sa candidature au Conseil d'Etat n'a rien de folklorique. Car malgré son statut d'outsider, il a de sérieuses chances d'être élu, au détriment soit d'un socialiste, soit d'un radical. Bernhard Pulver, retenez ce nom... | AR

Radio elle fait la classe aux zambiens

La Zambie manque de profs, notamment parce qu'ils sont, comme les autres adultes, décimés par le sida - on estime que 20% des habitants sont touchés. Les enfants, en outre, n'ont pas forcément les moyens d'aller à l'école: une année d'enseignement coûte 150 dollars environ, dans un pays où 65% des personnes vivent avec moins d'un dollar par jour. Comment, dans ces conditions, les instruire? En diffusant des cours à la radio. C'est l'idée développée depuis cinq ans par une organisation humanitaire, Freeplay Foundation, qui a déjà distribué 4000 transistors à 850 écoles communautaires. Les engins, rudimentaires mais extrêmement solides, fonctionnent à l'énergie solaire ou éolienne. Les enfants s'assoient autour et écoutent les leçons du poste. | SA




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