ÉCONOMIE & FINANCE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ÉCONOMIE & FINANCE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

ECONOMIE
Le libre-échange agricole en jachère

Par PHILIPPE LE BÉ - Mis en ligne le 22.02.2012 à 11:17

TENSION. Voulu par Doris Leuthard en 2008, l’accord de libre-échange agricole entre la Suisse et l’UE défendu par le Seco est très contesté au Parlement.

«L’accord de libreéchange dans le secteur agricole (ALEA) est mort. On ne l’a jamais avoué, mais les négociations avec l’Union européenne (UE) se sont arrêtées.» Le conseiller national valaisan Christophe Darbellay, auteur de l’une des trois motions demandant le gel de ces négociations, largement acceptée par le Conseil national en juin dernier, a donc enterré le dossier. Avant même que ce dernier ne passe sous la loupe du Conseil des Etats le 7 mars prochain. Et le président du PDC de constater que la conseillère fédérale Doris Leuthard, son amie de parti «toujours très seule dans ce combat dont elle avait fait une affaire personnelle» quand elle avait le portefeuille de l’Economie, a désormais d’autres priorités. Comme, par exemple, le règlement de la question institutionnelle avec l’UE, testé par le très délicat dossier de l’électricité (lire L’Hebdo du 9 février 2012). L’ALEA, qui vise principalement à supprimer les obstacles tarifaires (droits de douane, contingents, subventions à l’exportation) entre la Suisse et l’UE, «figure toujours dans la feuille de route du Conseil fédéral», tient à souligner l’ambassadeur Didier Chambovey, délégué aux accords commerciaux au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). De son côté, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil d’Etat ne veut pas d’un arrêt des négociations pour ne pas envoyer un signal négatif à l’UE alors que la Suisse propose à cette dernière de négocier l’ensemble des dossiers de manière coordonnée. Pourtant, au sein du Parlement qui aura le dernier mot, l’opposition à cet accord se fait toujours plus vive, emmenée par l’UDC, les Verts, le PDC et aussi des députés PLR.

Vents contraires à l’OMC. Le climat international n’est vraiment plus favorable à l’ALEA. En 2008, alors qu’un vent de libéralisation de l’agriculture semblait se profiler à l’horizon des négociations en cours à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Berne pensait pouvoir limiter les effets d’une profonde restructuration du secteur agricole suisse en lui offrant un accès privilégié aux marchés européens. Mais aujourd’hui, alors que le cycle de Doha de l’OMC est congelé sur la libéralisation des produits industriels, celle de l’agriculture bat de l’aile. Du coup, l’ALEA n’est plus du tout une priorité.

«Quoi qu’il arrive à l’OMC, une intégration plus poussée des marchés agroalimentaires de la Suisse et de l’UE reste pertinente, car elle permettra à notre agriculture de se restructurer en fonction de ses forces», insiste Didier Chambovey. A ses côtés, Jan Atteslander, membre d’Economiesuisse, souligne que «l’avenir de la Suisse est de se spécialiser sur ses produits compétitifs comme le fromage ou les vins». Le secteur de l’hôtellerie, lui aussi, espère tirer profit de l’importation facilitée de denrées moins chères.

 

«AVEC L’UE, NOUS VOULONS UNE APPROCHE PRAGMATIQUE PAR PRODUIT.»
Jacques Bourgeois, directeur de l’Union suisse des paysans

 

Ces arguments aux couleurs très libérales sont contestés, notamment par les paysans qui redoutent une baisse de près de 50% de leur revenu, une paupérisation de ceux qui s’accrochent encore à la terre, «des exploitations de production animale très intensives face à des zones rurales extensives vivotant de soutiens», comme le prévoit l’association Prométerre. «Sans fermer la porte à l’UE, nous voulons une approche pragmatique par produit, comme nous l’avons fait avec le fromage, et non une approche globale», précise le député libéral-radical Jacques Bourgeois, directeur de l’Union suisse des paysans. A ces derniers s’est ralliée la Fédération romande des consommateurs qui estime que «la Suisse doit rester libre de fixer des normes de qualité plus sévères que le standard européen, comme elle l’a fait avec l’interdiction de l’élevage en batterie ou la limitation des graisses «trans» dans les denrées alimentaires». Dans le secteur agricole l’heure n’est donc ni à l’ouverture des frontières ni au nivellement par le bas.



Dossier 'Chômage en Suisse'
Euro. Craintes pour l’emploi (15.06.2011)
Economie. Marie-Gabrielle Ineichen une poigne de fer au Seco (30.03.2011)
Haute administration. Une première, enfin! (09.02.2011)
Colloque. Giuliano Bonoli : «En suisse, la réforme de l’aide sociale a du retard» (13.10.2010)
Spécial Afrique du Sud. Pénurie d'artisans (02.06.2010)
Interview. Jean-Daniel Gerber: «Nous avons rencontré Google» (21.04.2010)
Reportage. Le Portugal, lessivé par la crise (12.03.2010)
Affaires à suivre - Économie. Chômage en Suisse: tout va mieux? (10.03.2010)
Libre circulation. À la recherche du chômeur allemand (13.01.2010)
Chômage en Suisse. Une crise industrielle (13.01.2010)
Denise Chervet: "Ne pas transformer des réductions d’effectifs en chômage" (09.12.2009)

Dossier 'Conseil fédéral'
La lettre ouverte de Peter Bodenmann. Aux hommes de l’UDC (02.12.2011)
EDITO. Le statu quo (01.12.2011)
PORTRAIT. Eveline Widmer-Schlumpf, une femme de pierre (30.11.2011)
LA CHRONIQUE DE JACQUES PILET. De Christoph à Marine (30.11.2011)
CONSEIL FEDERAL. Le duel des surdoués (23.11.2011)
Armée. «Ueli Maurer déteste les militaires romands...» (16.11.2011)
Interview de Frank A. Meyer. "La Suisse a un problème de culture politique" (16.11.2011)
La lettre ouverte de Peter Bodenmann. À Ueli Maurer (09.11.2011)
La lettre ouverte de Jacques Neirynck. Au conseiller fédéral Ueli Maurer (02.11.2011)
Conseil fédéral. Et si Burkhalter était éjecté (02.11.2011)
Elections fédérales. Eveline Widmer-Schlumpf: La clé du centre droit (26.10.2011)



Tags: libre-échange, suisse, UE, Seco,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCONOMIE & FINANCE
L'axe du Gothard déjà surchargé samedi à l'aube
Un embouteillage sur l'axe du Gothard (archives). Keystone
Les automobilistes ont dû bien calculer pour éviter les traditionnels bouchons du week-end de Pentecôte au Gothard. La circulation n'a...
ÉCONOMIE & FINANCE
L'Espagne poussée au sauvetage public le plus cher de son histoire
Bankia a besoin de 19 milliards d'euros d'argent public (archives). Keystone
La situation est pire que prévue chez Bankia, quatrième banque espagnole, qui croule sous les actifs immobiliers risqués. Elle a...
ÉCONOMIE & FINANCE
Avions militaires: Pilatus signe avec l'Arabie Saoudite
Des Pilatus PC-7 en démonstration (archives) Keystone
Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de...
ÉCONOMIE & FINANCE
Le personnel de Merck Serono va protester mercredi à Darmstadt
Des employés de Merck Serono manifestent à Genève (archives). Keystone
Le personnel genevois de Merck Serono menacé de licenciement ou de transfert va protester mercredi devant le siège du groupe...
ÉCONOMIE & FINANCE
Le projet d'Ikea dans la Broye commence à se concrétiser
Logo d'Ikea (archives) Keystone
Le projet d'implantation du grand distributeur de meubles suédois Ikea dans la commune fribourgeoise de Bussy est à un tournant....


ÉCONOMIE & FINANCE
 Fiscalité: L’accord qui permettra de payer moins d’impôts
Elle est tout au fond de la pile des conventions de double imposition (CDI) soumises au Conseil national le 29...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Interview George Soros: "Angela Merkel ne comprend pas"
 Photo Dukas
La chancelière Angela Merkel est appréciée en Allemagne parce qu’elle refuse de mettre sans cesse plus d’argent pour sauver l’euro....