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Femmes émancipées gauchistes. Ecouter parler l’informaticien lucernois est déconcertant. Son livre? Un ramassis de clichés et de longues tirades machos où la gent féminine ne devrait avoir (presque) qu’une préoccupation: se faire belle et jouer de sa féminité pour plaire aux hommes. La panoplie de la femme parfaite? Talons hauts, vernis à ongles, maquillage, habits sexy et sac à main. Il explique son horreur du style négligé, tout en sirotant son café: «Au Palais fédéral, les hommes sont en costume-cravate. C’est une question de respect par rapport aux autres. Certaines politiciennes en revanche sont en jean avec un pull lavé cent fois... C’est n’importe quoi.» Des noms? «Je refuse d’en donner!» En passant, René Kuhn fustige dans son ouvrage les représentantes du sexe faible qui seraient les «reines de l’absentéisme» et celles qui bénéficient d’un congé maternité. Il n’épargne pas non plus les enseignantes mères de famille qui ne travaillent qu’à 10 ou 20%. Son épouse, elle, a le bon goût de prendre des cours de peinture un jour par semaine. Ses tableaux décorent d’ailleurs l’appartement.
Vieux jeu. Et si sa femme avait voulu poursuivre une activité professionnelle, tout en étant mère de famille? «Dès le début de notre relation, nous étions d’accord sur ce point. L’homme travaille et l’épouse reste à la maison pour s’occuper du ménage et des enfants. Oui, je sais, j’ai un point de vue vieux jeu. Oxana attend que je sois un homme fort et non pas une lavette.»
Oxana, justement, est venue siroter son café, debout, sur l’invitation de son mari. Elle dit penser «comme René»: «Cette répartition des rôles est normale pour nous, les Russes. C’est dans notre sang.» Et comment vit-elle la réputation controversée de son mari? «Mes amies me soutiennent. En Suisse, ce n’est pas une affaire de devenir célèbre du jour au lendemain. Le pays est si petit.» Elle constate également que, dans son pays d’adoption, «les femmes sont plus masculines et les hommes plus féminins. Ici, les hommes pleurent; en Russie, il n’y a que les femmes qui versent des larmes.» Et René, il ne pleure jamais? «Si, chaque année, lorsque je repars pour quelques semaines dans ma famille à Krasnodar...»
Coprésidente des femmes socialistes suisses et députée au Grand Conseil zurichois, Julia Gerber Rüegg dit de René Kuhn qu’il est «d’hier. Il affirme vouloir l’égalité, mais son image des femmes est complètement dépassée. Je ne pense pas que son livre aura un grand succès.» Si un agité «un peu lourdaud et peu tactique» comme René Kuhn ne lui paraît pas dangereux, elle s’inquiète cependant de l’émergence d’un «nouveau mouvement anti-féministe» dont des politiciens de l’UDC et certains élus du PDC se font les représentants. «Ils affirment que, aujourd’hui, l’égalité est atteinte et remettent par exemple l’existence des bureaux de l’égalité en question. C’est ce genre d’hommes, plus subtils, qui sont dangereux...»
«RENÉ KUHN AFFIRME VOULOIR L’ÉGALITÉ, MAIS SON IMAGE DES FEMMES EST COMPLÈTEMENT DÉPASSÉE. SON LIVRE N’AURA PAS GRAND SUCCÈS.» Julia Gerber Rüegg, coprésidente des femmes socialistes suisses
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Tags: René Kuhn, Lucerne, UDC, antiféminisme,
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