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Par Sylvie Gardel - Mis en ligne le 17.10.2012 à 13:59 |
Le marché suisse du crédit ne connaît pas la crise. Certes, ralentissement il y a eu aux premiers temps de l’effondrement des subprimes. Mais il est loin d’être comparable aux reculs enregistrés lors de précédentes récessions. En mai dernier, les montants octroyés par les instituts de crédit ont même dépassé les niveaux d’avant le choc. «Cette robustesse s’explique par l’impact modéré de la crise financière sur les banques, par les importants afflux de capitaux de clients dans les activités de dépôt, par un taux d’épargne élevé, par des taux d’intérêt historiquement bas et par l’adaptation de notre secteur industriel au franc fort», détaille Jan Poser, directeur de la recherche et économiste en chef de la Banque Sarasin. Nouveauté historique. Qualifiée par le Credit Suisse de «nouveauté dans l’histoire de la Suisse», cette croissance durable des prêts repose en particulier sur le dynamisme du marché immobilier. Dans le contexte mouvementé que vivent les marchés financiers, les hypothèques constituent «des placements plus sûrs et durables avec des revenus stables», assure la caisse de pension CFF, qui vient de racheter pour 630 millions de francs le portefeuille d’hypothèques de l’ex-régie fédérale des transports.
LA CROISSANCE DURABLE DU CRÉDIT REPOSE EN PARTICULIER SUR LE DYNAMISME DU MARCHÉ IMMOBILIER.
Avec une tranche de 28,3% au bilan, les prêts hypothécaires représentent la part la plus importante des avances concédées par les banques. Les principaux emprunteurs sont les ménages (leur quote-part 2010 s’élève à 66,7%). Les principaux prêteurs sont les banques cantonales. Elles accordentplus de 32% du volume du crédit, soit 328,7 milliards de francs, selon les chiffres de la Banque nationale suisse (BNS). Bien que la Suisse n’ait plus connu de bulle immobilière depuis les années 90, contrairement aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne, à l’Irlande ou à l’Espagne, la BNS reste attentive à toute surchauffe. Même si celle-ci ne semble pas se matérialiser (lire article en page 30). Fragile équilibre. Les crédits aux entreprises ne sont pas non plus affectés par la crise, «l’accès à un financement bon marché favorise les investissements», assure PostFinance qui tire un bilan positif de son accord de coopération signé fin 2009 avec la banque Valiant sur ce segment. Avec une quote-part 2010 de 90%, les PME (dont deux tiers de microentreprises) sont les emprunteurs les plus actifs. Si elles recourent à 60% à des prêts hypothécaires, la demande n’est cependant pas explosive malgré des conditions d’octroi inchangées. Les raisons en sont multiples. Le ralentissement économique invite les PME à différer leurs investissements dans un souci de prudence; l’amélioration de la discipline en matière de gestion de la trésorerie influence à la baisse le besoin de solliciter de nouveaux crédits; les limites de crédit ne sont pas toutes utilisées; et, finalement, la grande majorité des PME travaillent avec des fonds propres. Cet ensemble «rend l’économie suisse moins vulnérable à la crise financière mondiale», note le rapport sur l’accès au crédit dans l’économie suisse du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Si l’évolution actuelle de l’encours et des limites de crédits ne reflète pas de tension importante sur le marché suisse du crédit, et ce malgré la morosité économique de nos voisins, tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes? Certes, non. Les incertitudes macroéconomiques pèsent de tout leur poids sur les perspectives de croissance. Risque européen. «Grâce à une conjoncture intérieure robuste et à une industrie d’exportation plutôt résistante, l’économie suisse tire son épingle du jeu, face à la vigueur du franc et à la récession économique affectant un grand nombre de pays de l’UE. Cependant, la crise de la dette en zone euro est loin d’être maîtrisée et pourrait, en cas d’aggravation, affecter négativement la croissance suisse. Une trop forte hausse du franc coûterait cher à nos entreprises exportatrices et aurait des conséquences négatives sur l’emploi, ce qui fragiliserait la consommation des ménages», avertit Jan Poser, de la banque Sarasin. |









