Quelle mouche a piqué le Conseil fédéral? Pourquoi les sept Sages envoient-ils l’UDC Ueli Maurer à Fribourg pour les représenter à l’occasion de la fête populaire, organisée le 5 octobre par le canton en l’honneur de Joseph Deiss?
Lui, l’enfant du pays, l’ancien conseiller fédéral et président de la Confédération, qui est devenu le premier citoyen du monde en accédant, mardi 14 septembre, à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU.
Si, officiellement, le gouvernement fribourgeois se réjouit d’accueillir l’envoyé de l’exécutif fédéral, en coulisse, on ne cache pas qu’on aurait préféré voir débarquer à l’Université de Fribourg la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, voire Micheline Calmy-Rey, la cheffe du Département des affaires étrangères.
Elles, au moins, n’ont jamais fait campagne contre l’adhésion, en 2002, de la Suisse à l’ONU. Ni croisé le fer avec Deiss sur la question, alors qu’il était conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères et cheville ouvrière de l’entrée du pays dans l’organisation internationale.
Reste que Fribourg est trop poli pour élever la voix, ou même exiger un autre messager que l’ancien président de l’UDC ainsi que bras droit de Christoph Blocher.
Et les autorités cantonales écouteront avec beaucoup d’intérêt le discours que l’UDC zurichois saura tricoter au sujet d’une Suisse ouverte sur le monde, le thème de la réception officielle de «Seppi» Deiss. «Le gouvernement fribourgeois se réjouit d’entendre Ueli Maurer», indique Danielle Gagnaux-Morel, chancelière d’Etat.
A Berne, en tout cas, on se défend de vouloir prendre de haut Fribourg en envoyant un second choix le 5 octobre. Officiellement, la présidence de Joseph Deiss est un honneur pour le pays et on veut marquer le coup à sa juste valeur.
La preuve: Micheline Calmy-Rey a offert à New York un cocktail après son élection le 11 juin. Et Doris Leuthard prononcera, le 23 septembre, un discours devant l’Assemblée générale onusienne, juste après le président américain Obama et son homologue brésilien, Lula.
En revanche, aucun représentant du gouvernement n’a fait le déplacement à la Grande Pomme à l’occasion du premier jour de la présidence du Fribourgeois. A la différence des autorités fribourgeoises qui ont délégué la présidente du Grand Conseil (Solange Berset), le président du gouvernement (Beat Vonlanthen), son vice-président (Erwin Jutzet) et un conseiller d’Etat (Georges Godel).
Et si le Conseil fédéral envoie Ueli Maurer le 5 octobre, c’est parce qu’il est le seul disponible ce jour-là. «C’est une question d’agenda», insiste André Simonazzi, porte-parole des sept Sages, avant d’ajouter, comme pour rassurer les Fribourgeois, qu’un conseiller fédéral envoyé en tant que représentant officiel du collège gouvernemental doit savoir cacher ses opinions.
Pédagogie. Fribourg fera donc contre mauvaise fortune bon cœur. Comme le canton s’est débrouillé, seul, pour «exploiter» au mieux la présidence onusienne de Deiss, histoire de vendre une Suisse ouverte sur le monde et de faire mieux connaître l’ONU dans nos contrées.
Le 5 octobre, Joseph Deiss parlera ainsi devant le Parlement cantonal avant de participer à sa réception officielle, laquelle fera la part belle aux musiques et aux saveurs du monde.
En janvier, il rencontrera des gymnasiens. En mai, les membres du conseil des jeunes et des étudiants des hautes écoles et de l’université.
Un programme qui fera pâlir d’envie la Berne fédérale qui n’en est qu’au stade des discussions. Mais «des manifestations sous l’égide du Parlement et du DFAE sont prévues», indique Pierre-Alain Eltschinger, porteparole du DFAE. Notamment entre des parlementaires et le réseau Suisse Jeunesse-ONU, la plateforme académique Suisse-ONU ainsi que l’association Suisse-ONU (GSUN). Nous voilà rassurés...
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Tags: Ueli Maurer, Leuthard, Calmy-Rey, Joseph Deiss, Assemblée générale ONU,
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