L'Hebdo;
2008-12-24 LE MEURTRE DU PÈRE
On s’oriente vers le libre choix du nom de famille pour les enfants, celui du père ou de la mère. C’est donc la disparition du patronyme que fomente le Conseil fédéral sur la recommandation d’une commission du Conseil national; cela sous prétexte d’une égalité des sexes où il y a, par essence, inégalité. Car, si la mère est toujours sûre de sa maternité, il n’en est pas de même du père légal pour sa paternité. Et la tradition, dans sa sagesse, lui avait ainsi remis le privilège du nom, qui conserve une forte connotation symbolique.
A cela, il faut ajouter toutes les tentatives réussies de diluer le sens de la famille: reconnaissance des couples non mariés, partenariat enregistré de personnes de même sexe… et même, paradoxalement, possibilité envisagée pour les enfants de mère non mariée de prendre le nom du père (qu’il faudra déterminer par l’ADN?). S’agirait-il là d’une reconnaissance des nouveaux pères maternants?
Les psychiatres ont raison de s’inquiéter de ce dynamitage. Dans une société où les repères vacillent et l’identité s’estompe, on ne s’étonnera plus qu’augmente chez les jeunes le désarroi lié à la petite délinquance; ce qui finalement oblige l’Etat à se substituer aux parents dans leur tâche éducative.
Gérard Eperon, Lully
QUI DIT MIEUX?
Quel est le cerveau «dérangé» qui a proposé de tels changements depatronymes, lesquels conduiront au chaos lorsqu’il s’agira de la recherche généalogique de nos ancêtres, donc de nos véritables origines? Evidemment, cette question de filiation est primordiale pour certains, surtout dans des domaines comme la recherche d’héritages, de titres nobiliaires ou de responsabilités morales de ses actes.
Mais, pour la nouvelle génération des multiculturalistes, des prométissages et autres disciples du melting-pot universel, cette nouvelle proposition de laisser le choix du patronyme de la mère ou du père – avec cette tendance à l’adoption par des couples homosexuels, les familles recomposées et la polygamie de certaines régions – sera un atout majeur qui empêchera, notamment, de remonter une filière familiale dérangeante.
A qui profite le crime? Déjà maintenant, malgré les garde-fous juridiques, les successions sont souvent des casse-têtes, certains procès durant des dizaines d’années après le décès d’un parent proche. Qu’en sera-t-il lorsqu’il sera impossible d’identifier les vrais héritiers des collatéraux? Ce qui est paradoxal, c’est que cet objet est mis en place publique en plein krach financier. Est-ce une ruse pour que cet arbre tordu cache la forêt pourrissante? On dirait que des forces occultes s’amusent à compliquer l’environnement ambiant pour nous obliger à regarder ailleurs afin qu’elles puissent faire leur sale besogne. (...) Ne cédons pas à ces élucubrations ridicules. Une loi stricte devrait poser les limites de ces propositions qui sèmeront la pagaille dans le dernier bastion de nos racines historiques.
Mary Charlotte Meissner, Vernier
PRÉCISIONS
Assainissement énergétique
L’Hebdo No 51
Dans votre dossier consacré à la politique suisse d’encouragement à l’assainissement énergétique des bâtiments, en page 22, vous mentionnez le prélèvement du centime climatique sur l’essence et le mazout. En réalité, le centime climatique initié par l’Union pétrolière est une mesure volontaire del’économie prélevée sur l’essence et le carburant diesel. Sur les combustibles fossiles en revanche (gaz naturel, GPL et mazout), une taxe sur le CO2 est prélevée. UP
Immobilier: comment payer moins
L’Hebdo No 51
Notre enquête sur les moyens de profiter de la baisse actuelle des taux hypothécaires a mis le doigt sur un problème de taille: le flou qui règne autour de la fiscalité immobilière. Pour casser leur contrat d’emprunt, les propriétaires doivent s’acquitter de frais de sortie à la banque. Plusieurs milliers de francs parfois, qui peuvent être déduits des impôts dans certains cantons romands. Mais les pratiques dépendent des taxateurs et ne sont pas totalement codifiées, comme en témoignel’agence de Leysin (VD) de la BCV.
Qui plus est, ces pratiques semblent pouvoir varier d’un district à l’autre, au sein d’un même canton. Ce qui place dans l’embarras jusqu’aux spécialistes de la branche. Ce qui peut aussi créer une certaine confusion, comme l’article a pu le laisser voir, au détriment de la BCV, dont le conseiller bancaire local n’est pas forcément un expert fiscal. Nous regrettons cette confusion qui a pu porter atteinte à l’image de la banque. Il y a cependant, à propos du traitement fiscal desprêts hypothécaires, incontestablement matière à clarification de la part des autorités fiscales, aumoment où les propriétaires sont de plus en plus nombreux à entamer de telles démarches. RÉD
LES COULISSES DE LA RÉDACTION
UN PIONNIER DE L’HEBDO PREND SA RETRAITE
Grand moment d’émotion au sein de la rédaction de L’Hebdo qui prenait officiellement congé, la semaine dernière, de l’un de ses piliers: Pierre-André Stauffer. Pierre-André a fait partie de cette courageuse équipe qui, en 1981, a imaginé et créé de toutes pièces un magazine d’actualité sous l’Å“il sceptique et les remarques ironiques de ses confrères de la presse romande. Vingt-sept ans, cinq rédacteurs en chef, quelques changements de formules et de logos, le passage par étapes de la machine à écrire au système de production Woodwing, les premiers blogs… Pierre-André a vécu la naissance et l’évolution de L’Hebdo. Il y a inscrit son style, sa patte. Unanimement reconnu pour l’élégance de sa plume et son sens critique, pour la justesse et la précision de ses portraits, la qualité de ses analyses, il va nous manquer. Tout comme nous manqueront sa présence discrète ponctuée parfois d’un coup de gueule en fonction de l’actualité, ses va-et-vient dans la rédaction en quête de la tournure d’une phrase ou du bon mot qui viendraient appuyer son texte, ses angoisses à la pensée de ne pas être à la hauteur de l’idée qu’il se fait du journalisme... Les pages de L’Hebdo lui restent ouvertes, et il n’est pas exclu d’y voir apparaître ici et là sa signature, en fonction du temps que lui laisseront ses nombreuses passions. Bonne retraite camarade! RÉD
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Histoires de noms L’Hebdo No 51
«MIGRATION. Vous savez pourquoi les Chinois viennent au Laos? Parce qu’ils ne peuvent pas acheter de terres chez eux. Ici, ils se marient à une Laotienne et le tour est joué!» Khamouen, ancien employéd’une ONG à Vientiane
«Plus qu’une arithmétique béate (No 51), le titre de l’article est d’une admirable ambiguïté. On peut le comprendre dans deux sens diamétralement opposés: davantage qu’une arithmétique béate ou plus rien qu’une arithmétique béate. Dans tous les cas, les lecteurs seront contents, quelle que soit leur opinion.» Philippe Barraud, Cully
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