Drelin drelin L'homme aux tambourins de The Kissaway Trail. Le donquichottisme rock comme idée du bonheur ultime. Quatre ans et demi de service, 500 000 pages vues, quelques milliers d'heures de travail, une centaine de vidéos, un peu plus de MP3 et, finalement, pas mal de commentaires. Ce millième post n'a pas à rougir de son compteur canonique (même si, on le notera, quelques posts auront été rédigés par d'autres). Un millième post et pas forcément grand-chose à fêter. En un peu moins de 5 ans, la blogosphère a changé de visage. Je ne compte plus le nombre de proposition de partenariats en tous genres, pas sûr pour autant d'être un blogueur influent (pour la bonne bouche, ma préférée, une proposition d'échange de liens avec un fabriquant de bière qui avait trouvé les mots "tireuse à bière" dans l'un de mes articles). Vous me direz, la publicité a toujours existé, pourquoi s'en plaindre... Et vous avez raison. Mais ce n'est pas tout ce qui a changé. Entre les classements en tous genres des meilleurs blog en vrac, les réunions de blogueurs, les blogs devenus webzines et les recueil de chroniques façon numérique des penseurs de tous bords, le paysage a bien changé lui aussi. Jusqu'à s'institutionnaliser à sa manière. A la façon de ce rock'n'roll auquel on reproche si souvent les bégaiements qui trahissent son establishment.Dans le même temps, la blogosphère a fait école. Conspuée par les médias traditionnels à ses débuts, accusée de n'être qu'un cortège d'opinions nombrilistes, elle peut aujourd'hui contempler ses émules. Tandis que les blogs devenaient des magazines électroniques, les pages de journaux regorgeaient de chroniques, d'humeurs et d'opinions. Pour ma part, j'ai cessé de m'interroger sur la forme à donner ici à mes élucubrations. Le sommaire horizontal apparu un temps n'est plus et les catégories poussent comme une mauvaise herbe pas si désagréable quand on s'y asseoit. Carnet de route plutôt que journal intime, bac à sable plutôt que tribune, ce blog ne changera pas grand-chose au monde. Et on s'y fait très bien, croyez-moi. Surtout quand on vit dans un pays qui s'apprête à sacrifier ses jeunes chômeurs et où quelques illuminés jouent avec le droit d'initiative pour demander le retour de la peine de mort avant de se rétracter.Donquichottisme contemporain, voix dans le désert, le blog a pour lui la beauté du geste et de l'inspiration fugitive. Et c'est déjà pas mal. On copie-colle une vidéo, on s'enthousiasme pour un disque, on essaie d'être aussi drôle que François Reinhart et souvent on rougit juste après avoir cliqué sur le bouton "Publish Now". Mais là aussi, on s'y fait très bien, croyez-moi. Comme le joueur de tambourin fou entrevu l'autre soir au For Noise durant le concert de The Kissaway Trail, septième membre inutile d'un groupe sympathique, frappant ses instruments en rythme ou non, évoquant le modèle Bez des Happy Mondays. Et si c'était ça le bonheur ultime? Et si le blog originel était le meilleur micro de l'écrivaillon moderne? Merci en tout cas de votre fidélité, malgré les silences passagers des derniers mois, de vos commentaires, de vos mails et même de vos quelques insultes anonymes. Le mille-et-unième post est pour bientôt.
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