Est-ce l’effet de l’attente fébrile du verdict de Bruxelles qui attribuera peut-être des millions d’euros pendant dix ans aux projets de recherche de nos Ecoles polytechniques?
Convaincu que la Suisse a rendez- vous avec le monde, le très réservé Didier Burkhalter a eu des accents presque lyriques pour conclure son intervention: «La Suisse peut être au monde ce que les Ecoles polytechniques sont à la Suisse: une fabrique de solutions, un laboratoire d’avenir.»
Il s’est dit «très confiant», les projets suisses ont toutes leurs chances l’année prochaine parce que la Suisse fait partie de l’Europe de manière «absolument forte» dans la recherche.
Le chef du Département de l’intérieur n’est pas du genre à crier avec les loups populistes et alarmistes, qu’ils soient de l’UDC ou de son propre parti. Non, Didier Burkhalter, globetrotteur au service de la science, a non seulement relevé l’optimisme des jeunes du Brésil, il l’a adopté.
Trop de cerveaux étrangers dans nos universités? Non, il faut poursuivre dans cette voie. Sans les chercheurs qui viennent de l’étranger, la Suisse ne serait plus un leader dans les réseaux internationaux.
Trop d’étrangers en Suisse? Non, les accords bilatéraux ont fortement contribué à notre croissance. Grâce à eux, la Suisse exporte plus que jamais, ses finances sont équilibrées et elle affiche le plus bas taux de chômage des jeunes.
Les étrangers, un fardeau pour les assurances sociales? Au contraire, l’AVS serait déficitaire sans ces immigrés européens qualifiés qui versent plus que ce qu’ils ne pourront jamais toucher.
C’est grâce à eux que le problème du financement de l’AVS ne se posera que vers 2020. Quant à l’assurance invalidité, les immigrés y contribuent à hauteur de 100 millions net par an.
Trop de croissance? Non, la croissance est une alliée du contrat social. Il faut l’accompagner de mesures, d’améliorations dans les transports notamment, mais il ne faut pas casser sa dynamique.
Les lunettes et le marché. Même le non-remboursement des lunettes serait une mesure positive. Quand le dessinateur Barrigue a lancé: «Vous dites que la Suisse doit regarder le monde.
Comment vont faire les Suisses qui n’auront plus les moyens de se payer des lunettes?», le conseiller fédéral a affirmé avec détermination: «La décision prise était juste pour éviter que les citoyens ne paient deux fois leurs lunettes, au moment de l’achat et au moment du paiement de leur prime.
Depuis, le prix des lunettes pour enfants a fortement diminué, il y a des lunettes à 0 franc. Il ne faut pas donner 180 francs au marché.» Applaudissements.
Un air de blues a tout de même passé dans la salle quand Alain Jeannet lui a parlé de la Maladière, son stade, son bébé, et de la reprise de Neuchâtel Xamax par le Tchétchène Bulat Chagaev.
«J’espère que le club et le sport garderont leur âme régionale.» L’optimisme désormais tempéré, il a alors répondu à une question sur ses chances de réélection, et d’être toujours là dans un an: «Non, je ne suis pas sûr, mais ce dont je suis sûr c’est que si j’y suis encore, je garderai la même motivation.»
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