Obligations indexées
Le moment d’en acheter
Inflation. La hausse des taux d’intérêt et des prix n’est pas pour tout de suite. S’en protéger est encore bon marché.
«Les indices des prix à la consommation du mois de décembre 2009 ont effectué le dernier mouvement significatif résultant de la correction des effets de base. Les trois prochains mois devraient enregistrer une stabilisation de l’inflation totale», affirment les experts de Pictet dans La lettre obligataire de ce mois. Reste que, si les progressions d’inflation sont «en ligne avec les attentes» aux Etats-Unis et dans la zone euro, «la véritable surprise est venue de l’inflation anglaise à 2,9% pour l’inflation totale et 2,8% pour la sousjacente, contre 1,9% le mois précédent pour les deux composantes». Une poussée qui s’explique certainement «en bonne partie par la hausse du taux de la TVA au 1er janvier»: les commerçants auraient augmenté leurs prix en décembre pour profiter d’achats anticipés de la part de consommateurs soucieux d’échapper à la valse des étiquettes pour cause de taxe à la valeur ajoutée plus lourde.
Demande soutenue. Ces mouvements de prix momentanés ont incité les investisseurs à prendre leurs profits sur les obligations indexées. D’où la «correction récente». Elle constitue, selon les spécialistes des marchés obligataires du banquier privé, «une opportunité de se positionner vers les obligations indexées au détriment des obligations nominales étatiques». En effet, même si «le volume des obligations indexées devrait croître substantiellement, passant de 34,4 milliards d’euros en 2009 à 40 à 50 milliards en 2010 pour la zone euro et de 26 milliards à 35 milliards de livres au Royaume-Uni, [ces montants] devraient rester inférieurs à la demande des fonds de pension et d’autres investisseurs de long terme, toujours en quête d’une meilleure couverture des risques inflationnistes.» De quoi soutenir les prix futurs de ce type d’obligations dont le rendement croît avec l’inflation. C’est donc le bon moment pour en acquérir.
Même conseil de Markus Allenspach, spécialiste des obligations chez Julius Bär dans le numéro de février d’Insights – Opportunités d’investissement. Selon les analystes économiques de cette banque, «l’inflation ne devrait pas progresser de façon significative cette année, ni en 2011». Or, «le rendement escompté des TIPS (Treasury Inflation Protected Securities) est à peine inférieur à celui des obligations nominales du Trésor américain». Le coût de la protection «contre des pics inattendus d’inflation» est donc actuellement «très faible». Raison pour laquelle cet expert recommande «une exposition accrue aux TIPS».
Pas en francs. Les obligations indexées sur l’inflation existent en euros, en livres, en dollars, mais pas en francs. Une caisse de pension helvétique, souhaitant se couvrir à faible coût contre une éventuelle hausse des prix généralisée au monde entier après 2011, peut acheter des obligations indexées en monnaies étrangères. Elle prend toutefois le risque de perdre au change ce qu’elle gagnera sur le coupon, si le franc prend de la valeur.
«LE COÛT DE LA COUVERTURE CONTRE DES PICS D’INFLATION INATTENDUS EST TRÈS FAIBLE.» Markus Allenspach, Julius Bär
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