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Par Isabelle Falconnier - Mis en ligne le 26.09.2012 à 14:31 |
Vous ne savez pas à quoi sert la Bible et qui peut bien encore l’ouvrir? Ce livre est pour vous. Quand je dis livre, lisez plutôt événement éditorial. Car ces 1300 pages coéditées par les maisons (plutôt) protestante Labor et Fides à Genève et (plutôt) catholique Bayard à Paris permettent enfin de comprendre l’intérêt culturel, littéraire, historique et théologique de cette collection de vingt-sept textes que l’on a appelée Nouveau Testament en livrant pour la première fois en français l’essentiel des connaissances que nous avons sur ces textes. But? Mettre entre les mains d’un large public le commentaire intégral du Nouveau Testament, expliquer les écrits fondateurs du christianisme, socle culturel sur lequel repose la civilisation dans laquelle nous évoluons, alimenter les interrogations spirituelles des lecteurs de ce début de 3e millénaire. En 2009, Gabriel de Montmollin, patron des Editions Labor et Fides, voit paraître au Theologischer Verlag Zürich un «somptueux» commentaire exégétique de la Bible. Il envisage de faire traduire ce projet, mais Daniel Marguerat – un des meilleurs spécialistes du Nouveau Testament, professeur à l’Université de Lausanne et auteur d’une Introduction au Nouveau Testament de référence (Labor et Fides, 2008) – le convainc de mettre sur pied un tel projet pour le Nouveau Testament avec des auteurs francophones. Pour ce faire, dixneuf biblistes protestants et catholiques sont réquisitionnés en France, Belgique, Québec, Italie et Suisse sous la double houlette de Daniel Marguerat et Camille Focant, professeur à l’Université catholique de Louvain, et priés d’éviter d’user d’un langage technique ou trop universitaire. Le résultat est bluffant: chaque livre du Nouveau Testament est reproduit dans sa version intégrale (dans la Nouvelle traduction oecuménique de la Bible dont il reprend les abréviations), avec un commentaire suivi, précédé d’une introduction qui situe son milieu historique et une synthèse de son contenu. Des encadrés, un index thématique ainsi qu’une série de cartes apportent des informations complémentaires. Lisible, concret, dépassionné, accessible (79 francs), le volume constitue une rampe d’accès bienvenue à ce pilier de la culture européenne. Il fallait bien cela: la Bible est une affaire compliquée, et le Nouveau Testament d’autant plus. Collection de textes d’auteurs multiples, aux styles multiples, aux destinataires originellement multiples, il constitue une bibliothèque plutôt qu’un manuel. A côté de quatre biographies de Jésus (les Evangiles), il aligne treize lettres de Paul, huit lettres d’autres auteurs et une Apocalypse. Au total, 27 écrits que les manuscrits anciens collent les uns aux autres en un ensemble qu’on appellera Nouveau Testament depuis la fin du IIe siècle. Dans l’Eglise latine, il faut même attendre l’an 475 pour que se stabilise ce canon du Nouveau Testament, qui répond à un besoin à la fois identitaire, de communication et de normalisation. «Le marché fourmille de commentaires spirituels ou exclusivement théologiques, mais pas de commentaire exégétique proprement dit, se réjouit Gabriel de Montmollin. Il est condensé, et ne remplace pas les études plus approfondies que nous continuons à éditer. Mais les pasteurs, prêtres, animateurs bibliques, catéchètes, paroissiens engagés vont s’en servir. Et au-delà, des lecteurs plus éloignés d’un usage croyant de la Bible, intéressés à comprendre le Nouveau Testament sans forcément croire ou pratiquer. La brièveté du commentaire correspond bien à la tendance à chercher rapidement l’essentiel de ce qu’il faut comprendre.» Et comme le Nouveau Testament n’est pas l’entier de la Bible, Labor et Fides vient de mettre en chantier un commentaire du Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) qui devrait paraître en 2014. «Nouveau Testament commenté». Sous la direction de Camille Focant et Daniel Marguerat. Labor et Fides / Bayard, 1300 p. |









