Le Parlement se fait peur pour une semaine
POKER MENTEUR. Le Conseil national a rejeté l’accord UBS avec les Etats-Unis pour mieux l’entériner le 18 juin. Le temps que l’UDC trouve le moyen de sauver la face.
Quelle coïncidence troublante! Ces 7 et 8 juin au Palais fédéral à Berne, le Conseil national discute d’un traité de paix avec Washington: l’accord UBS passé entre la Suisse et les Etats-Unis sur la transmission de 4450 dossiers de clients au fisc américain. A 100 mètres de là, l’Association suisse des banquiers (ASB) tient un séminaire à l’Hôtel Bellevue. Longtemps, l’ASB a cru l’affaire dans le sac… jusqu’à ce que l’UDC retourne une fois de plus sa veste et dise «non». De quoi donner quelques sueurs froides à son directeur, Urs Roth. Lequel lâchera cette remarque désabusée: «Je suis déçu par ce marchandage politique.»
A l’instar d’Urs Roth, les partisans de l’accord clament son importance économique autant que politique. Des dizaines de milliers d’emplois dans les multinationales américaines installées en Suisse seraient en jeu, sans compter des mesures de rétorsion contre l’économie helvétique. Alors, bien sûr, le rejet de l’accord UBS par le Conseil national ce mardi 8 juin fait des déçus.
Et le président du Parti libéralradical Fulvio Pelli de lancer, amer: «Le Conseil national s’est comporté comme au jardin d’enfants.» Pourtant, ce non n’a rien de définitif. Au contraire. Comme le Conseil des Etats campera sur ses positions, il restera une séance de rattrapage à la Chambre basse, le 14 juin prochain. «A la fin, ce sera oui», a glissé à L’Hebdo Peter Spuhler, député UDC et ancien membre du Conseil d’administration de la banque aux trois clés. Si c’est lui qui le dit…
Entente tacite. Le dénouement de la pièce est donc connu, mais pas les nombreux rebondissements qui peuvent survenir d’ici là. Entamée voici plusieurs mois, la partie de poker entre l’UDC et le Parti socialiste s’est poursuivie plus longtemps que prévu. La première a voulu enterrer définitivement une motion envisageant un impôt sur les bonus auquel le second tenait absolument. «Personne n’a voulu que la pièce se termine en un acte», résume Christian Luscher (PLR/GE).
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Tags: Accord UBS Etats-Unis, UDC, Conseil nationale,
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