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Fulvio Pelli croyait pourtant la voie d’une ratification de l’accord bien balisée. Lorsque l’UDC s’est soudain déclarée prête à bénir le texte, sous certaines conditions, le 21 mai dernier, il s’est empressé de contacter le chef de son groupe Caspar Baader. Un échange de vues fructueux, duquel découlait un contrat tacite. L’UDC s’engageait en faveur de l’accord, à condition que le PLR soutienne deux motions: l’une réglant la question de la taille des banques (too big to fail), l’autre restreignant la possibilité du Conseil fédéral de conclure des traités internationaux sans consulter le Parlement.
Cette entente tacite n’a pas tenu dans l’hémicycle. L’UDC a transformé la première votation sur l’accord en démonstration de force. «Nous voulons absolument lier notre approbation à la garantie qu’on ne débouchera pas sur un nouvel impôt», a martelé le président de l’UDC Toni Brunner. Ce qui a fortement déplu à Fulvio Pelli, dénonçant des «parlementaires UDC incapables de prendre leurs responsabilités lorsque les intérêts supérieurs du pays sont en jeu». Surtout ceux de l’économie.
D’ici au 18 juin prochain, date des votations finales des deux Chambres, il reste quelques jours pour corriger le tir et, surtout, pour faire passer l’accord sans perdre la face. Une opération de poker menteur qui, habituellement, dure des mois dans le jeu politique fédéral.
Aujourd’hui, c’est l’UDC qui tient le couteau par le manche. En apparence seulement: «C’est bel et bien Christoph Blocher, le stratège de l’UDC, qui est le grand ami des banquiers, et pas nous les démocrates-chrétiens», assène le conseiller aux Etats Eugen David (PDC/SG). Son collègue sénateur libéralradical zougois Rolf Schweiger abonde dans ce sens, se faisant même menaçant. «C’est un vote important pour l’économie. Tous ceux qui voteront non devront vivre avec un doigt pointé sur eux lorsqu’on désignera les responsables de l’échec.»
Agenda chargé. A cet échec définitif, dans les milieux économiques et financiers, bien peu y croient. «C’est une douche froide, certes, mais nous irons dire aux parlementaires que cet accord est crucial pour l’économie suisse et il sera accepté», assure Urs Roth. D’un calme olympien, le directeur de l’ASB distille son message à quelques dizaines de journalistes économiques réunis sous les hauts plafonds du Salon royal de l’Hôtel Bellevue. Un peu comme si rien ne s’était vraiment passé à cent mètres de là, au Palais fédéral où, vingt minutes plus tôt, le Conseil national refusait le traité de paix avec Washington sur le dossier UBS.
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