POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

La chronique de Jacques Pilet
Le parti des super-riches

Par Jacques Pilet - Mis en ligne le 06.09.2011 à 15:51

La Neue Zürcher Zeitung flirte depuis des années avec l’UDC. Mais là, c’est la déclaration d’amour. Elle recommande aux Zurichois d’envoyer Blocher au Conseil des Etats. Alors même qu’au contraire, les radicaux, échaudés, sont entrés en bisbille avec leurs alliés d’hier.

Cette salade politicienne aurait peu d’intérêt si elle ne révélait pas un combat de fond qui engage toute la Suisse.

Deux droites s’affrontent. Non pas tant les deux partis cités, mais deux courants distincts qui divisent l’une et l’autre de ces formations. D’un côté, la mouvance des patrons et cadres industrieux, créant de la valeur, exportant leurs produits, soucieux d’un équilibre social. De l’autre, une poignée de financiers dits modernes qui n’ont qu’une double obsession: réduire le rôle de l’Etat et se barricader face à l’Union européenne.

Ceux-ci avancent leurs pions à Zurich. Thomas Matter, richissime banquier au parcours controversé, et Hans-Ulrich Lehmann, qui, grâce à son entreprise de téléphonie, compte lui aussi ses millions par centaines, sont tous deux candidats UDC au Conseil national.

Philippe Gaydoul, qui gère son pactole après la vente de Denner, roule pour la même maison. Tito Tettamanti, le financier tessinois qui racheta la Weltwoche pour en faire une feuille de parti, est un pilier de la bande. A quoi se joignent quelques journalistes économiques ultra-libéraux. Si l’on ajoute leurs amis qui ont réussi à rapprocher la Basler Zeitung du même camp, on mesure l’ampleur de l’opération politico-médiatique.

Restait un os. La NZZ n’avait pas franchement pris parti. Les discussions étaient vives dans la rédaction. Survint alors un nouveau président du conseil d’administration du vénérable journal. Le patron de la banque Wegelin, Konrad Hummler, qui se dit «banquier anarchiste», aime les paradoxes, fait de beaux discours et manie une plume vive. Depuis qu’il siège à la Falkenstrasse, les analyses économiques du journal recoupent souvent sa prose, diffusée dans les publications de la banque. Le rédacteur en chef se croit obligé de préciser qu’il ne reçoit de lui «aucune consigne». Que la précision ait paru nécessaire ne fait que renforcer le doute: c’est lui, tout l’indique, qui donne le cap, en toute discrétion.

L’habile homme, de famille radicale, se défend de toute proximité avec l’ex-conseiller fédéral: «Je ne suis jamais allé dans son château!», se justifie-t-il. Blocher, lui, est plus franc. Il ne cache pas la convergence de leurs convictions. Et il précise sur son site: «Il me semble plus profitable qu’un esprit libre comme Konrad Hummler s’applique à faire évoluer les mentalités au PLR et à la NZZ plutôt qu’il ne rejoigne l’UDC.» Côté tactique, les deux renards n’ont rien à apprendre.

Ainsi donc, comme par hasard, le rédacteur en chef Markus Spillmann, 48 ans, jusque-là réservé sur le sujet, s’engage maintenant pour Blocher. Qui compte ainsi un appui médiatique de plus.

Au nom de quoi? De ses lumières économiques, de son aversion pour l’appareil de l’Etat. Le journaliste convient qu’au chapitre des étrangers, de la critique des bilatérales, la star va un peu loin, mais sa sagesse de chef d’entreprise l’emporte sur tout.

Problème: tout un pan du patronat commence à grogner grave contre la politique de l’UDC. Demander une renégociation des accords sur la libre circulation est irréaliste, dangereux pour nos échanges. Couvrir les murs d’affiches à coup de millions pour stimuler la frousse des Suisses face aux étrangers, cela n’arrange pas les affaires.

Le vrai visage de l’UDC apparaît crûment. La sécurité? L’immigration? Ce sont les thèmes bateau qui permettent de gagner des voix. L’essentiel est ailleurs: permettre aux jongleurs multimillionnaires zurichois de s’éclater sans entraves. Avec le moins possible de règles étatiques. Et surtout très loin de l’Union européenne.

Cette politique, si elle devait triompher, mène dans le mur. Elle promet à l’industrie, à nombre de services, des tracas qui s’ajouteront à ceux du franc surévalué. L’UDC zurichoise, avec dans son sillage une foule de sympathisants naïfs, menace l’économie. «Blocher est un poison pour la Suisse»: c’est son ex-ami et ex-partenaire, l’avocat bâlois Martin Wagner, qui l’affirme.





Tags: Jacques Pilet, UDC,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page

Réaction de Bünzli
le 14.10.2011 à 17:04
Je voudrais dire à Ariadne qu'il y a du vrai...
 
Réaction de L'Europe on s'en fout! On n'en veut pas!
le 14.10.2011 à 16:48
Mon pauvre vieux Pilet. Que voulez-vous? il faut vous y...
 
Réaction de Fafnir
le 14.10.2011 à 00:41
Bientôt vous allez comparer la NZZ au bard assurancetourix? ou...
 
Réaction de Ariadne
le 08.09.2011 à 09:28
Je suis en grande partie d'accord avec l'analyse de M....
 



Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
L'opposition syrienne en appelle à l'ONU après le massacre de Houla
Le Conseil National Syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a demandé samedi au Conseil de sécurité des Nations unies...
POLITIQUE
Avions militaires: Pilatus signe avec l'Arabie Saoudite
Des Pilatus PC-7 en démonstration (archives) Keystone
Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de...
POLITIQUE
Les otages libanais en Syrie ont été libérés
Des femmes avaient déjà été libérées mercredi (archives). Keystone
Treize pèlerins chiites libanais capturés en Syrie mardi par des rebelles ont été libérés vendredi et sont en route pour...
POLITIQUE
Hollande promet un retrait "ordonné" d'Afghanistan
Françaois Hollande arrive sur la base de Nijrab, en Afghanistan. Keystone
François Hollande a effectué vendredi une visite surprise en Afghanistan. Le président français est venu expliquer aux soldats français les...
POLITIQUE
Le CICR dénonce une dégradation de la situation humanitaire en RDC
Un garçonnet de RDC arrive dans un camp de réfugiés au Rwanda (archives) Keystone
La situation humanitaire se dégrade dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé vendredi le CICR. Selon...


POLITIQUE
 Interview de Dick Marty: "Le sensationnalisme prime sur le travail sérieux"
Dick Marty Daniel Rihs / Pixsil
Eternel révolté, enquêteur hors pair et figure de proue atypique du Parti libéral-radical, Dick Marty s’apprête à quitter le Conseil...
POLITIQUE
 Armée: Le retour miracle des nouveaux avions de combat
GRIPEN En compétition avec le Rafale français et le Typhoon européen, cet avion suédois est l’un des trois appareils en lice pour le remplacement des F-5E Tiger II, en bout de course. Jamie Hunter
Les pilotes de l’armée suisse peuvent remercier le franc fort. Sans cette épée de Damoclès sur notre économie et l’emploi,...
POLITIQUE
 Diplomatie scientifique: Comment la Suisse est devenue championne
BOSTON, 29 octobre 2010 Patrick Aebischer, président de l’EPFL, et le conseiller fédéral en charge de la recherche Didier Burkhalter devant la Harvard Medical School, accompagné notamment par Thierry Lombard. Un programme conjoint autour des neurosciences a été signé entre cette dernière et l’EPFL. Josh Reynolds / Keystone
C’était une diplomatie que l’on ne prenait guère au sérieux voici quinze ans encore. Mais elle est en passe de...
POLITIQUE
 Grâce et Disgrâce: Lecture gauche-droite trop simpliste
Contrairement à ses homologues d’autres cantons, le Centre patronal se pique de jouer dans le Pays de Vaud un rôle...
POLITIQUE
 La lettre ouverte de Jacques Neirynck à Rolf Schweiger
Mon cher collègue, Votre commission propose ce mardi 23 août de ne pas construire de nouvelles centrales «avec la technologie...