Il fait partie des papables à la succession du président du PLR Fulvio Pelli. Ruedi Noser, 50 ans, patron de sa propre entreprise de 500 employés ayant développé «Android» pour le «téléphone Google», mais conseiller national épris de politique, pourrait bien incarner l’avenir.
Le PLR est le parti qui a le plus perdu d’électeurs (15,1%, - 2,6% par rapport à 2007) cette année. Une déception pour vous?
Oui. Cela me fait mal de constater que nous ne sommes pas parvenus à convaincre les électeurs par notre travail. Mais avec l’arrivée de deux nouveaux partis au centre et le mobbing des médias, nous n’avions presque aucune chance de faire partie des vainqueurs.
Le PLR est-il un modèle en voie de disparition, parce ses deux ailes sont irréconciliables?
Non. Le PLR s’est toujours battu pour des valeurs libérales sur lesquelles nous nous basons pour résoudre les problèmes de la Suisse. Mais nous devons accepter les réalités de notre temps, qu’il s’agisse de secret bancaire ou d’écologie. Dans les questions où nous nous sommes adaptés, nous avons trouvé une ligne commune. Mais le PLR vit aussi de sa diversité. Cela n’a rien de libéral que d’imposer un quelconque diktat à nos membres.
Le PLR a-t-il souffert de sa proximité avec la finance?
En 2009, le PLR a été le seul et unique parti à élaborer une stratégie de l’argent propre tout en proposant de négocier un impôt libératoire avec les autres pays. Nous tenons à ce que chaque citoyen s’acquitte de ses devoirs fiscaux. Nous avons peut-être trop tardé, mais dans l’ensemble, nous avons fait nos devoirs.
Jadis, le PLR a marqué la politique suisse en travaillant avec le PS, puis il est devenu le partenaire junior de l’UDC. Tout faux?
En nous appuyant tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite, nous avons toujours perdu ces vingt dernières années. Le PLR doit clairement s’afficher comme un parti bourgeois, libéral et indépendant. A l’heure précisément où nous assistons à un effritement de l’UDC et à l’avènement de petits partis, la Suisse – un Etat dont le fondement est la volonté politique – a encore plus besoin du PLR, qui reste bien implanté dans les cantons et très influent à Berne.
Le PLR ne devrait-il pas renouer avec ses fondamentaux, en défendant une économie à conscience sociale?
Pour l’économie, nous avons besoin de conditions-cadres optimales, mais aussi d’un partenariat social dans lequel les patrons et les syndicats se sentent à l’aise. Celui-ci doit se baser sur le respect et la confiance mutuels. Pour moi, en tant que chef d’entreprise avec plus de 500 employés, c’est une évidence.
Dans le débat sur l’énergie, le PLR semble avoir eu comme seul programme le renouvellement des centrales nucléaires. N’était-ce pas un peu court?
A mes yeux de patron soucieux d’innover, il a toujours été clair que nous devions promouvoir les énergies renouvelables. Nous pouvons donc nous épargner le débat sur de nouvelles centrales nucléaires durant les dix prochaines années, le temps de voir si nous atteindrons nos buts sans elles.
Approuvez-vous, oui ou non, la sortie du nucléaire?
Personnellement, oui.
Comment y parvenir?
Nous devons mener une offensive dans la recherche, notamment dans le secteur de la géothermie, tout en travaillant dans l’efficience énergétique, un critère qui doit dicter tous nos efforts.
Ne serait-ce pas une chance de perdre un conseiller fédéral dans l’optique d’un renouveau du PLR?
Non. Si l’on s’en tient à la concordance, le PLR a droit à deux sièges en tant que troisième force politique du pays. Tout comme l’UDC en tant que premier parti. Le PLR respecte la concordance. Seul ce système garantit que plus de 70% des forces soient représentées au Parlement en y incluant toutes les régions et langues de notre pays.
Quelle sera votre contribution à la reconstruction du PLR. Etesvous d’accord de refaire partie de la présidence après l’ère Pelli?
Je suis un libéral-radical jusqu’au bout des ongles. Je m’engagerai dans ce parti-là où il a le plus besoin de moi, ainsi que je l’ai toujours fait.
Profil
RUEDI NOSER
1961 Naissance à Glaris.
1978 Apprentissage.
1985 Diplôme d’ingénieur en électronique.
1988 Création de Noser AG.
2003 Election au Conseil national.
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