Le plus grand «Mall» d’Afirque sera... suisse
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 07.04.2010 à 15:27
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ALGER. C’est dans la capitale algérienne que le Genevois Alain Rolland va ouvrir en juin son nouveau centre commercial. «Une terre d’opportunités», affirme cet entrepreneur. Plus de 100 millions de francs ont été investis dans l’affaire. Rencontre.
La rumeur se répand comme une traînée de poudre dans Alger la Blanche, cette cité aux mille visages et aux six millions d’habitants qui s’entassent, pour la plupart, dans des barres d’immeubles décrépis. Un Suisse va créer un centre commercial dans le nouveau quartier des affaires de Bab Ezzouar. Comme en Europe. «Avec plein de marques de luxe», croit savoir Aïcha, jeune universitaire qui vient de s’offrir des talons aiguilles à la Jennifer Lopez dans une boutique chic du boulevard Sidi Yahia, les Champs-Elysées locaux. «Je n’attends plus que d’y aller. Mais c’est quand l’ouverture?» En juin, pourrait lui répondre Alain Rolland, directeur général de la Société des centres commerciaux d’Algérie (SCCA) et créateur de ce centre qui fait causer tout Alger.
Faux départs. Mais voilà, ce Genevois d’une soixantaine d’années n’a pas le temps de courir les terrasses huppées de Sidi Yahia. Le temps presse. Après plusieurs faux départs dus à des retards administratifs et même à l’absence de lignes amenant l’électricité sur le site, son mall de 100 000 m2, dont 45 000 m2 pour des surfaces commerciales et 20 000m2 pour des bureaux, doit ouvrir dans deux mois. «Juste avant la Coupe du monde en Afrique du Sud à laquelle participe l’Algérie. Enfin si tout se passe comme prévu», sourit l’ancien directeur du groupe Jelmoli pour les secteurs immobilier et commerce de détail, tout en jonglant continuellement avec ses téléphones portables.
Et comment se nomme le nouveau bébé du père du centre commercial de La Praille à Genève? Bab Ezzouar, la porte des voyageurs en français, qui n’est autre que le nom de cette banlieue populaire située à une trentaine de minutes en voiture de La Casbah, la vieille ville arabe d’Alger. A deux pas, il y a l’Aéroport Houari Boumédiène, du nom de l’ancien président algérien, l’université des sciences et de la technologie… Boumédiène, une autoroute et les lignes du RER algérois sur lesquelles circulent des trains suisses Stadler, les petits bijoux du conseiller national UDC Peter Spuhler.
Voilà donc un site promis à un bel avenir. «C’est même un endroit stratégique», se réjouit Alain Rolland qui s’est lancé dans ce projet un peu fou en 2007. L’année précédente, de passage à Alger, cet autodidacte marié et père de trois enfants s’était rendu compte qu’il n’y avait pas à Alger de centre commercial digne de ce nom. Un comble dans un pays producteur de pétrole. «Pour nous, le potentiel est énorme dans ce pays en pleine croissance», poursuit Alain Rolland. Nous? Valartis international, un groupe bancaire suisse domicilié à Genève et Zurich, Darsi Investment, société genevoise d’investissement, et Jelmoli holding, qui ont mis 100 millions de francs sur la table pour bâtir ni plus ni moins que le plus grand centre commercial d’Afrique et le premier du genre en Algérie.
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