TENSIONS Juillet 2010, entre Doris Leuthard et le président de l’UE Herman Van Rompuy, le courant passe mal. Matthew Busch / Keystone
Le rapport qui crucifie les bilatérales
SUISSE-UE. C’est le grand paradoxe qui débouchera de la retraite, mercredi prochain, du Conseil fédéral sur l’Europe. Un rapport enterre la voie bilatérale, mais le gouvernement la poursuivra, en décidant d’une nouvelle contribution de solidarité de 300 millions de francs par année.
Mercredi 18 août prochain, le Conseil fédéral a rendez-vous avec l’histoire. Il consacrera sa retraite à ses relations avec l’Union européenne (UE), qui lui a clairement fait comprendre qu’elle ne souhaitait plus poursuivre la voie bilatérale comme lors de la dernière décennie. Quatre ans après son dernier rapport sur l’Europe, le gouvernement doit impérativement actualiser ce document.
C’est déjà sûr: le Conseil fédéral ratera ce rendez-vous. Il réitérera sa confiance en la voie bilatérale, celle que le peuple a «plébiscitée» à six reprises ces dernières années. Tout au plus se décidera-t-il, dans un geste bien sûr «librement consenti», à accorder une nouvelle contribution de solidarité d’environ 300 millions de francs par année pour les nouveaux membres de l’UE.
Le Conseil fédéral a pourtant entre les mains un rapport – que L’Hebdo s’est procuré dans sa version de juin dernier – qui dresse un constat sans fard des relations entre Berne et Bruxelles. Ce document, rédigé par le Bureau de l’intégration (chargé de la réflexion sur la politique européenne de la Suisse), constitue même un véritable réquisitoire contre la poursuite de la voie bilatérale.
Certes, les chantres de cette option y trouveront encore quelques phrases rassurantes. Les relations avec l’UE y sont qualifiées «d’excellentes et particulièrement étroites». Et la voie bilatérale «n’est pas devenue impraticable».
Réalité crue. Mais dans son ensemble, ce rapport dépeint les relations entre Berne et Bruxelles telles qu’elles sont dans leur réalité crue: de plus en plus compliquées, pour ne pas dire tendues. Il ne cache rien des difficultés à venir: «Les récentes évolutions font clairement apparaître une érosion de la marge de manœuvre dont dispose la Suisse dans le cadre de la voie bilatérale», y lit-on.
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