Du haut de ses deux mètres zéro un, il en impose. Mais à l’opposé de sa stature, il a la poignée de main légère et le verbe alerte. Rencontré lors d’un passage express dans sa ville natale de Vevey, Thabo Sefolosha a déjà, à 27 ans, des airs de vieux sage. Il faut dire que la saison que s’apprête à entamer le seul – et premier – basketteur suisse à évoluer au sein de la prestigieuse NBA est déjà la sixième.
Et la troisième qu’il va démarrer sous les couleurs d’Oklahoma City, lui qui avait été transféré au milieu de la saison 2008-2009 des Chicago Bulls au Thunder, où il évolue aux côtés de la star Kevin Durant, «quelqu’un de très humble qui n’aime pas tirer la couverture à lui».
S’il arrive aujourd’hui à prendre du recul par rapport à l’extraordinaire carrière qui est la sienne, c’est parce qu’il n’est de loin plus un rookie, un débutant. Aux Etats-Unis, plus grand monde ne se soucie d’ailleurs de sa nationalité, alors qu’à son arrivée, il a dû maintes fois répéter que non, la Suisse ce n’est pas la Suède.
«Mais même après six ans, je dois de mon côté encore m’adapter à la vie américaine», glisse-t-il avant de rendre hommage à son épouse, française, qui lui prépare de bons petits plats lui permettant d’éviter la gastronomie américaine. «Au niveau de la mentalité, il y a également des différences. C’est fou, mais pour les Américains, tout ce qui se dit à la télévision, c’est la vérité. Il y a comme ça des choses que j’observe avec le sourire.»
Mais ce qui aujourd’hui fait sourire celui qui s’est imposé comme l’un des meilleurs défenseurs du meilleur championnat du monde, c’est la reprise, le 25 décembre, du championnat de NBA, menacé depuis juillet par un lockout décidé par l’association des joueurs.
Alors que jusque- là les bénéfices générés par la ligue étaient divisés à raison de 57% pour les joueurs et 43% pour les propriétaires de clubs, ceux-ci souhaitaient arriver à un ratio 50-50. Pas d’accord, dirent les joueurs avant de se mettre en grève. Après des mois de négociations, ils ne toucheront plus que 51%.
Un business. «C’est difficile de commenter cela à chaud puisque je n’ai pas tout suivi, avoue Thabo Sefolosha, qui a profité de la grève pour venir jouer en Europe, au Fenerbahçe d’Istanbul. Ma première réaction, c’est que je suis content, pour les fans et pour nous, que le lockout soit terminé.» Mais cette grève de millionnaires était-elle bien nécessaire, en cette période de crise? «Il faut simplement comprendre que la NBA, c’est un business comme un autre.
Et lorsqu’un employé voit que le chiffre d’affaires augmente et que son salaire baisse, il n’est pas d’accord. Cela dit, je peux comprendre les réactions d’étonnement de fans qui ont tout simplement perdu leur emploi. Mon salaire? Il me convient. Il se trouve facilement sur l’internet et tourne autour des trois millions de dollars par saison.»
Sa future reconversion? Thabo Sefolosha y pense déjà. Il aimerait d’abord poursuivre ce qu’il fait déjà, à savoir l’organisation de camps pour jeunes joueurs. Il souhaite même créer des stages de recrutement qui permettraient aux Suisses de se vendre. S’il pense garder un pied-à-terre aux Etats-Unis, il reviendra donc en Suisse.
Et ouvrira, pourquoi pas, un restaurant ou un salon de coiffure. Mais pour l’heure, seule compte la reprise du championnat de NBA. Ce printemps, le Thunder avait atteint les demi-finales. Pour le Veveysan, l’objectif est donc simple: faire mieux. «On est une équipe jeune, avec tout ce qu’il faut pour aller jusqu’au titre.»
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