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01 Le cadeau d’adieu de Robert.
Nous sommes en juin 2008. La Société Nautique de Genève (SNG), sise entre le quai des Eaux-Vives et Genève-Plage, dépose une demande d’extension. L’objectif: 400 places d’amarrage supplémentaires, ce qui porterait le total à un millier. Du jamais vu depuis 1976. Le Conseil d’Etat saisit l’opportunité et demande au Service de renaturation des cours d’eau d’élaborer un projet de grande plage entre Baby-Plage, ce petit banc de sable non loin du jet d’eau, et le Port-Noir où se trouve la Nautique. L’idée de base est présentée en septembre 2008 par Robert Cramer, alors directeur du Département du territoire: créer un parc, sur le lac, de 600 mètres sur 140, terminé par une grande plage gratuite de 400 mètres de long.
S’ensuit une année de consultations et de discussions. Pour aboutir à cette scène: le vendredi 4 décembre 2009, Robert Cramer fait face au Grand Conseil paré d’un collier de fleurs, de lunettes de soleil, et une paire de tongs à la main. Non, le plénum ne s’est pas transformé en solarium. Ce jour-là, le législateur vote à l’unanimité le crédit de 61 millions de francs destiné à une triple extension: le parc-plage des Eaux-Vives, bientôt surnommé «plage Cramer» et réduit à 3,5 hectares, le port de la SNG, et l’extrémité de Genève-Plage dotée de 4500 m2 supplémentaires. Le conseiller d’Etat fait ainsi ses adieux sur un plein succès.
02 Un Genevois du Kazakhstan.
Mais les services de l’Etat ne sont pas les seuls à avoir des idées d’aménagement. Juste derrière la Nautique, les vénérables installations de Genève-Plage, rénovées en 2008, restent déficitaires (800 000 francs en 2009). L’association qui les gère verrait d’un bon œil la possibilité d’une exploitation sur toute l’année. C’est le sens du projet à 20 millions de l’ingénieur et député libéral David Amsler, qui prévoit la création d’un spa à la place du vestiaire actuel. Bien accueilli au point d’obtenir une autorisation de construire, il était au point mort depuis trois ans, à cause de désaccords avec l’Association Genève-Plage et le Département des constructions de Mark Muller. Mais, très récemment, sont apparus de nouveaux investisseurs, plus disposés à faire des concessions à l’Etat que les précédents sur un point: la limitation dans le temps du droit de superficie, dans ce cas à soixante ans, après quoi les installations reviendraient gratuitement à l’Etat. Les discussions ont donc repris et le chantier pourrait avoir lieu en même temps que celui de la Nautique, en 2011, selon l’un des architectes, Christophe Ganz.
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