ACTUALITÉ
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ACTUALITÉ >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

«Le sport, c’est bon pour l’économie»

Par Ludovic Chappex - Mis en ligne le 14.08.2008 à 00:00

Olympisme. Les sportifs suisses manquent d’argent. L’Etat ne donne presque rien et le privé n’est pas vraiment intéressé.

PROFIL
 
Xavier Blanc
1966 Naissance.
1995-2000
Assistant d’enseignement et de recherche à l’Idheap. Domaine: le management du sport.
2000 Diplôme européen de préparation physique en sport collectif.
2002-2008
Intervenant, formation des entraîneurs nationaux de Swiss Olympic.
2000-2008
Responsable du bureau romand de la Fondation de l’aide sportive suisse.

En Suisse, beaucoup d’athlètes peinent à joindre les deux bouts, y compris parmi les sélectionnés olympiques (voir lien). Selon la Constitution, le finance-ment du sport incombe en effet à la société civile, autrement dit aux sponsors privés, fédérations et associations. Or, ces dernières manquent de moyens. Xavier Blanc, responsable du bureau romand de l’Aide sportive suisse, discute du système helvétique et ouvre des pistes de réflexion pour moderniser son fonctionnement.

En Suisse, beaucoup d’athlètes se sentent insuffisamment soutenus.
Leurs plaintes sont légitimes,et elles décrivent bien la situation actuelle. Dans le pays, les sportifs doivent leur succès avant tout à eux-mêmes et à leur entourage proche. Je dis toujours qu’un sportif suisse doit être trois fois plus fort qu’un sportif français; rechercher en permanence des financements et gérer de façon autonome une carrière demande énormément d’énergie. C’est épuisant.

Pensez-vous qu’il existe une volonté suffisante de soutenir les athlètes professionnels?
J’ai le sentiment que nous sommes à un tournant. Les victoires d’Alinghi et de Roger Federer, notamment, ont décomplexé beaucoup de gens. Il y a une prise de conscience de la part des politiques. Partout, on constate que les bonnes performances des équipes nationales agissent sur le moral de la population. Elles contribuent à la relance de l’économie et à l’intégration sociale. En Suisse, les décideurs se positionnent de plus en plus favorablement vis-à-vis du sport. Quand il a fallu rallonger le budget prévu pour l’Euro 2008, le Parlement n’a pas hésité.

Dans les pays voisins, notamment en France, l’Etat subvient aux besoins financiers des athlètes professionnels. Ces derniers disposent d’un statut de fonctionnaire, via l’armée ou la gendarmerie. Pourquoi ne pas s’inspirer de ce système?
Si l’on veut un sport d’Etat, alors, il faut changer la Constitution. La Confédération n’a pas pour mandat de financer les athlètes suisses.

Une poignée d’athlètes, souvent dans les disciplines du tir ou du biathlon, sont salariés à temps partiel par l’armée ou les douanes. Ne faudrait-il pas étendre cette formule?
Je vois mal un jeune tennisman, par exemple, s’intégrer dans une telle structure. Mieux vaut trouver des solutions au cas par cas, chercher à améliorer le système en place plutôt que de le réformer. Il est clair qu’un sport étatisé ne correspond pas à la mentalité et à la culture helvétiques. Je crois à un système mixte où l’Etat et la société civile prennent chacun leur part de responsabilité. Un partenariat public-privé de gestion du sport.

N’est-ce pas déjà le cas?
En partie seulement. Il reste beaucoup à faire. Du côté de l’Etat et des cantons, en subventionnant davantage le sport plutôt qu’en ajoutant de nouveaux obstacles. Le futur taux de TVA unique, par exemple, compromet l’existence de centaines d’organisations sportives dirigées bénévolement. Les attaques contre les loteries nous inquiètent aussi beaucoup: le Sport-Toto constitue, et de loin, notre principale source de revenu. C’est aussi le cas pour Swiss Olympic, l’association faîtière nationale du sport. Voilà pourquoi nous nous trouvons dans une position défensive. Et puis, globalement, l’heure est plutôt aux restrictions budgétaires.

Dans quelle mesure le privé pourrait-il vous aider?
Certains secteurs peuvent tirer parti du sport d’élite suisse, à commencer par les milieux du tourisme ou de la santé, qui disposent de ressources importantes. A nous de les sensibiliser, de leur faire prendre conscience qu’un retour sur investissement est possible. Si le ski autrichien domine aujourd’hui, c’est parce que plusieurs sponsors du secteur touristique ont engagé de gros moyens. Alors pourquoi pas en Suisse?




Tags: Olympisme, économie, argent, sportifs, Suisse,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ACTUALITÉ
L'hélicoptère avait touché un câble avant le crash
L'hélicoptère a vraisemblablement heurté un cable (archives). Keystone
L'hélicoptère qui s'est écrasé jeudi soir dans l'Oberland bernois a vraisemblablement heurté un câble avant l'accident, selon les premiers éléments...


ACTUALITÉ
 Edito. L’heure de la revanche
Et si ce 8 août 2008 nous donnait l’avant-goût d’un nouvel ordre mondial? Et si ce fameux vendredi marquait un...
ACTUALITÉ
 Squats à la romaine
Un bâtiment à l’aspect hybride non loin du centre de Rome. C’est une école, ou du moins ça l’était, puisque,...
ACTUALITÉ
 Quand la pub «pille» les artistes suisses
Téléphones. Une publicité iPhone de 2007 (à droite) reprend l’idée d’une œuvre de Christian Marclay de 1995 (à gauche): monter...
ACTUALITÉ
 Pour faire baisser les prix: acceptez de la pub dans vos sms!
La publicité dans les sms, c’est pour bientôt! Et tout le monde pourrait y trouver son compte, annonceurs comme consommateurs....
ACTUALITÉ
 Exercice maigreur pour l’UBS
Pour présenter mardi 12 août leurs très attendus résultats du second trimestre, les dirigeants de l’UBS ont choisi les locaux...
ACTUALITÉ
 Alexandre Soljenitsyne. La mort n’est pas la fin d’une existence
Alexander Isayevich, quand nous sommes arrivés, nous vous avons trouvé en train d’écrire. Vous semblez toujours animé par le même...
ACTUALITÉ
 Une gourde suisse envahit l’Amérique
Cameron Diaz, Cindy Crawford, Julia Roberts… La liste des stars américaines surprises en photo une bouteille Sigg à la main...
ACTUALITÉ
 Viktor Röthlin, ange ou démon?
Jamais peut-être le marathon des Jeux olympiques, programmé le 24 août, ne ressemblera autant à son impitoyable légende. Même si...
ACTUALITÉ
 Vaud veut encadrer le suicide en EMS
Le 1er août dernier à la Maison de Vessy, un EMS genevois, un résidant de 79 ans a euthanasié sa...
ACTUALITÉ
 Crise à l’UDC.
Voilà presque neuf mois que l’UDC s’est lancée corps et biens dans l’opposition, mais le premier bilan est proche du...
123