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Le succès lémanique

Mis en ligne le 30.04.2008 à 00:00

REUSSITE. Les Romands continuent d’entretenir un complexe d’infériorité par rapport à Zurich. Pourtant la région lémanique est souvent plus dynamique. La preuve.

L'Hebdo; 2008-04-30

Le succès lémanique Plus fort que Zurich

REUSSITE. Les Romands continuent d’entretenir un complexe d’infériorité par rapport à Zurich. Pourtant la région lémanique est souvent plus dynamique. La preuve.

DANIEL AUDETAT ET TITUS PLATTNER

A La Verrière, dans l’Est lausannois, les baies du nouveau siège de la Fédération patronale vaudoise encadrent le paysage qui se découpe des Dents-de-Morcles jusqu’au Salève. Au-dessus d’un Léman étale, le ciel se remet. «Cette qualité de vie compte pour les nombreuses entreprises qui choisissent de s’installer dans notre région», fait observer Christophe Reymond, secrétaire général de la fédération.

Certes. Mais le représentant des patrons vaudois n’en revient quand même pas. «Stupéfiant», «jamais vu», «historique»… Christophe Reymond manque de mots. Chaque semaine, sa fédération enregistre entre 40 et 50 adhésions. Oui, «vous avez bien entendu, chaque semaine, jusqu’à 50 nouveaux membres!» L’organisation patronale comptait 21 768 affiliés en 2003, 24 750 à la fin de 2007. Et, aujourd’hui, plus de 25 000. Parmi eux, il y a de tout. Des petits indépendants. Des grandes entreprises. Et toujours davantage de multinationales.

Mutation cachée. Dans le bassin lémanique, il se passe quelque chose. Quelque chose d’important. Les habitants de la région n’en sont pas vraiment conscients, selon un sondage de M.I.S. Trend réalisé pour L’Hebdo. La question était: «Quelle est l’économie régionale la plus dynamique? Celle de la région zurichoise ou celle de l’arc lémanique?» En moyenne nationale, les sondés ont répondu «Zurich» à 55%. Seuls 18% ont misé sur le Léman. Tandis que 16% estiment que les deux régions sont aussi dynamiques l’une que l’autre. Les mêmes proportions se dégagent en Suisse romande. Pourtant, en termes de croissance, d’exportations et de création d’emplois, la palme devrait revenir à l’arc lémanique. Seulement voilà, les chiffres qui le démontrent restent méconnus.

L’essor s’est accentué depuis 2005, constate Christophe Reymond. Un effet de l’entrée en vigueur des accords bilatéraux et de la libre circulation des personnes. Autre signe: un chiffre massue. Précision avant de l’énoncer: la Fédération patronale parvient à déterminer la masse salariale que versent ses membres, car elle gère leur caisse AVS. Cette masse salariale est passée de 6,4 milliards de francs en 2005 à 7,7 milliards en 2007. Christophe Reymond connaît par cÅ“ur la proportion de cette croissance: «9,1% de 2005 à 2006. Et encore 9,5% de 2006 à 2007.» Quelle envolée!

Boulevard du Théâtre, à Genève, dans le quartier historique des banques privées, Philippe Meyer manifeste un enthousiasme aussi vif que celui de son voisin vaudois. Codirecteur de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, il brandit un premier tirage de l’Etude conjoncturelle qui sera dévoilée le 8 mai. Pour le moment, le Genevois réserve ses effets et ne lâche aucun de ses indicateurs. Mais ils seront renversants, promet-il. Il y a quelques jours, en présentant les comptes 2007 du canton de Genève, le ministre David Hiler n’a-t-il pas révélé un bénéfice supérieur de 1 milliard aux prévisions budgétaires? Grâce à un accroissement fabuleux des recettes fiscales.

Au Gouvernement genevois, François Longchamp dispose d’un autre compteur pour jauger le dynamisme de l’économie régionale. Chef du Département de la solidarité et de l’emploi, il préside aussi le conseil d’administration de l’aéroport de Cointrin. La progression du nombre des passagers est fulgurante. Presque 10% par année. Un cap vient d’être franchi. Celui des 11 millions de passagers, entre avril 2007 et avril 2008. «Le trafic aérien est l’activité la plus sensible à la conjoncture économique», souligne le conseiller d’Etat.

Bien sûr, le canton de Zurich reste le plus gros moteur économique de Suisse, même s’il tourne moins vite. Avec une population de 1,3 million d’habitants, il fournit 20% du produit intérieur brut (PIB) national. Les Zurichois ont encore renforcé leur poids en constituant avec leurs voisins la Greater Zurich Area pour promouvoir leur économie. De son côté, le bassin lémanique peine à sortir de ses gangues cantonales. Même s’il se présente en Lake Geneva Region lorsqu’il va vendre son tourisme dans le monde avec les autres Romands. Quand il lui faut évaluer ses forces, les indicateurs harmonisés font encore défaut.

Histoire accélérée. Ça change tout de même. Avec le soutien de l’Institut Créa d’économie appliquée de Lausanne, les banques cantonales romandes se sont entendues sur une méthode pour calculer le PIB de leurs cantons respectifs. Ces indices seront rendus publics le 21 mai prochain. Pour l’heure, il faut se contenter des statistiques fédérales. Elles fixent la part de Vaud et de Genève au PIB national à 15,3%, pour 1,1 million d’habitants. Ces chiffres ne disent pas l’essentiel: la puissance de leur croissance durant les dernières années.

Une institution fédérale s’est tout de même aperçue de ce qui se passe. Dans le dernier numéro de sa revue, La vie économique, le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) inaugure avec le bassin lémanique une série d’articles consacrés aux sept grandes régions du pays. Toute l’enquête a été confiée à l’Institut de recherches conjoncturelles BAK Basel Economics. On est donc allé à Bâle pour en savoir davantage.

C’est l’économiste Ueli Grob qui a été chargé de passer la région du Léman dans la machine à calculer du BAK. Les données qu’il projette sur un écran géant rendent à l’économie la logique de ses enchaînements.

• Dans les années 90, le bassin lémanique a davantage souffert de la récession que le reste du pays. Les cantons de Vaud et Genève ont touché le fond en 1993, avec un PIB inférieur de 5% à celui de 1990. Le niveau de cette année-là n’a été retrouvé qu’en 1997.

• Depuis, la tendance s’est inversée. «Très nettement inversée», insiste Ueli Grob. De 2000 à 2007, la croissance lémanique est la deuxième plus forte de Suisse. Juste derrière Bâle, avec 2,1% par an en moyenne, boostée par les pharmas, sans être lestée par l’agriculture. Contre 1,5% pour la région formée par les cantons de Zurich et d’Argovie.

• Les exportations ont continué à progresser en 2002 et 2003 dans les cantons de Vaud et de Genève. Ailleurs, elles ont accusé un temps d’arrêt. Ou elles ont carrément diminué, comme dans la région de Zurich et l’espace Mittelland.

• Depuis 2004, le bassin lémanique fait mieux encore: sa croissance dépasse désormais les 3% par an. Pour une question méthodologique, ces chiffres, reconnaît Ueli Grob, ne prennent en compte ni les organisations internationales (23 000 personnes rien qu’à Genève) ni la France voisine.

• Encore plus que la région zurichoise, Vaud et Genève attirent une main-d’Å“uvre très qualifiée. Et donc à haute valeur ajoutée. En 2006, 37% de la population active disposait d’une formation supérieure, contre 30% à Zurich et 27% en moyenne suisse.

Demeure une grande question: le bassin lémanique n’est-il pas à la merci d’un retournement de conjoncture? Le BAK se fait rassurant. D’ici à 2010 ou 2012, la tendance ne devrait pas changer. Et puis, «le succès appelle le succès», relève Lionel Eperon, chef du Service vaudois de l’économie: «Quand une multinationale installe son siège chez nous, d’autres songent souvent à l’imiter.» L’effet vitrine du Léman joue ainsi à fond, tandis que le nombre croissant des cadres anglo-saxons dans la région incite toujours davantage les grandes entreprises internationales à venir s’y installer.

Mais, au bord du Léman, tout n’est pas tombé du ciel. L’évolution des mentalités du personnel politique a été déterminante. Les pouvoirs publics ont appris à favoriser le renouvellement économique de leur région. Des incubateurs d’entreprises aux pôles technologiques, les instruments en partenariat se sont multipliés. Leurs premiers fruits sont récoltés. L’économie régionale y gagne en diversité, et donc en robustesse. «En 2001, l’emploi industriel a repris un cours ascendant pour la première fois depuis quarante ans», se réjouit Jean-Charles Magnin, chef de la Direction genevoise des affaires économiques.

Le succès est là, c’est bien. Mais cela ne suffit pas. Maintenant, il faut l’entretenir. Ministre genevois de l’Economie, Pierre-François Unger est catégorique: «Nous devons surmonter nos frontières cantonales pour atteindre une masse critique à l’échelle européenne.» Il pense à la promotion économique et promet un grand coup juste avant ou juste après l’été. Sera-ce enfin le rassemblement de toutes les promotions économiques romandes? Patron des Finances vaudoises, Pascal Broulis travaille à autre chose avec David Hiler, son homologue genevois. Lui aussi se fait cachotier. «Deux mois trop tôt pour en parler!» Mais c’est bien une solution commune pour le financement de grands chantiers qui semble se dessiner. Sous le ciel du Léman, le monde n’a pas fini de bouger.v

ÉCLOSION Deux passeurs qui mènent du savoir au savoir-faire

Ce sont des passeurs entre recherche et économie. Jesùs Martin-Garcia et Benoît Dubuis sont l’un financier, l’autre scientifique. Leur cursus slalome entre mondes académique et économique. Alors que Benoît Dubuis mettait sur pieds la faculté des sciences de la vie à l’EPFL, Jesùs Martin Garcia réfléchissait à un concept d’incubateur d’entreprises. Un voyage exploratoire aux Etat-Unis les a rapprochés. Ils s’y sont retrouvés avec Carlo Lamprecht, alors ministre genevois de l’Economie. Ce fut une révélation pour le politicien, frappé par l’ampleur du soutien des pouvoirs publics américains aux sociétés innovantes. Dans la foulée, en 2004, l’«incubateur d’entreprises» Eclosion était créé à Plan-les-Ouates. Avec pour directeurs Jesús Martin-Garcia et Benoît Dubuis. Mille m2 dans l’ancien centre de recherche de Serono, entièrement équipés pour le biotech, avec un encadrement pour la gestion et le marketing des PME en devenir. Les pouvoirs publics financent le fonctionnement, un fonds d’amorçage privé contribue aux investissements. Aujourd’hui, on vient de toute l’Europe pour découvrir le modèle de partenariat public-privé qui fait la force d’Eclosion.v

PATRICK AEBISCHER Le prophète qui a rendu les sciences à la vie

Sur l’arc lémanique, les présidents ne manquent pas. Présidents de gouvernement, de conseil d’administration, de fondation... En gros, tous sont d’accord. S’il fallait ne retenir le nom que de l’un d’entre eux pour caractériser la transformation des mentalités parmi les décideurs de la région, ce serait celui de Patrick Aebischer. Patron de l’Ecole polytechnique fédérale depuis mars 2000, ce chercheur issu de la basse-ville de Fribourg est une figure de proue. En rapprochant chercheurs, investisseurs, entrepreneurs et autorités, il a aidé le bassin lémanique à retrouver sa foi en l’avenir. Président du Conseil d’Etat vaudois, Pascal Broulis insiste là-dessus. Le discours volontariste du président de l’EPFL a irradié la région. Avec Patrick Aebischer, les sciences de la vie sont devenues un pôle magnétique pour le Léman. Pour autant, l’EPFL, en dix ans, n’a laissé décroître aucun de ses départements. Car le souci est général: la haute école doit contribuer au développement de l’ensemble de son environnement socioéconomique. Alors, aujourd’hui, le campus d’Ecublens se reconstruit, pour devenir vivant jour et nuit, au cÅ“ur de la mégapole lémanique.v

GERARD PLUMETTAZ La capacité d’inventer au fil des générations

L’agilité des entrepreneurs lémaniques ne date pas d’hier. Chez les Plumettaz, cela dure depuis 85 ans. Taillé comme un boulon, Gérard, 63 ans, raconte. L’histoire débute en 1923 avec son grand-père. Contremaître-mécanicien chez Nestlé, Emile crée son entreprise. Inventeur dans l’âme, il développe des machines pour l’industrie alimentaire. Emballeuses pour fromages, dénoyauteuses pour cerises… La crise des années 1930 fauche la société. Emile rebondit. Et se lance dans la fabrication de moto-treuils pour la viticulture en coteaux. Les techniques les plus innovantes de la traction par câble resteront le domaine d’excellence de Plumett. Nom que prend l’entreprise en 1943, avec l’arrivée aux commandes de Fernand, fils d’Emile. Pour l’entreprise désormais établie à Bex, le marché devient planétaire. A chaque récession, Plumett répond par l’invention. Depuis 20 ans, elle ne cesse de renouveler les méthodes d’installation des câbles à fibres optiques. Gérard est souvent en Extrême-Orient. «Là-bas, ce qui frappe, c’est la motivation des jeunes.» Le bassin lémanique doit redoubler d’efforts. Deux priorités: «Mobilité et formation!»v

100 000

HABITANTS DE PLUS QU’EN 1997

En dix ans, les cantons de Vaud et de Genève ont connu l’essor démographique le plus fort depuis les années 60 (+10%). Seules les populations de Fribourg, Zoug et Schwyz ont grandi plus vite (+15%).37%

DE FORMATION SUPERIEURE

Dans le bassin lémanique, les employés sont très qualifiés; 37% des actifs ont bénéficié d’une formation universitaire ou HES. Ils ne sont que 30% à Zurich et 27% en moyenne nationale. +73%

D’ETUDIANTS A L’EPFL

Par rapport à 1990, L’EPFL a quasiment doublé sa taille, passant de 3700 à 6500 étudiants. L’EPFZ, elle, n’a connu qu’une croissance de 18%, passant de 11 000 à 13 000 inscrits. -5,4 mia

DE DETTES PUBLIQUES

Ces trois dernières années, les cantons de Vaud et de Genève ont réduit leur dette de plus de 5 milliards. Le premier, s’il poursuit son effort, sera à zéro d’ici à 2011. Toujours mauvais élève? Entre 2000 et 2007, la valeur des exportations du bassin lémanique a augmenté de 83%, contre 53% en moyenne nationale. La région Zurich-Argovie (+25%), elle, a souffert des déboires de l’industrie des machines en 2002-2003.

DEUXIEME DERRIERE LONDRES

Entre 2003 et 2006, le bassin lémanique a connu une des plus fortes croissances économiques (3% par an). Seule Londres se détache. En termes de richesse créée par habitant, l’ensemble Vaud-Genève reste moins bien placé.

+224%

D’EXPORTATIONS VAUDOISES

Vaud exporte comme jamais. Entre 1996 et 2007, les exportations sont passées de 3,6 à 11,7 milliards de francs. Genève de 11,5 à 15,4 milliards. Grâce à la chimie et l’horlogerie, le canton dépasse Zurich (19,2 milliards). Les Suisses ne perçoivent guère le boom lémanique. Un sur deux est persuadé que Zurich est plus dynamique. Pas de Röstigraben: les Romands sont exactement du même avis. Cette question, posée par l’Institut M.I.S. Trend à 1201 Suisses, fait partie du sondage Sophia (population + leaders) qui sera présenté le 22 mai au Forum des 100.

L’économie zurichoise reste très dépendante des banques et de la finance: 40% du PIB. Genève est à 16%. En plus, le secteur y est davantage tourné vers la gestion de fortune et le négoce de matières premières, ce qui le rend moins fragile en cas de secousse sur les marchés.

YAHOO!

CHIQUITA, ETC.

Les multinationales aiment le Léman. Yahoo! et Chiquita auront leur siège européen à Rolle, avec pour voisins Nissan, Cisco et Cadbury Schweppes. Mais n’oublions pas les pionniers comme Procter & Gamble, Johnson & Johnson, Hewlett Packard et Nestlé.

BRÈVE CHRONIQUE DE LA RENAISSANCE DU LéMAN

UNE HAINE PARTAGEE

De la haine les unes pour les autres. Voilà ce que les autorités de Genève et Vaud ont partagé ces dernières années. En cause, non pas la vieille bringue autour de l’imposition des pendulaires. Mais l’arrêté Bonny. Une disposition fédérale en faveur de certaines régions qui relevait de la concurrence déloyale selon Genève. Parce qu’elle permettait aux Vaudois d’accorder des exonérations fiscales à des entreprises venant s’établir chez eux. Pensez-vous! Des sociétés qui s’installent sur sol vaudois plutôt que genevois, c’est vraiment la fin du monde…v

JALOUSIE D’EPICIER

Sans vergogne, les Genevois ont manÅ“uvré dans les coulisses fédérales avec Zurich pour faire abroger l’arrêté Bonny. Ils ont gagné. Mais le ressentiment est encore là. Quand les responsables de la promotion économique genevoise présentent leurs résultats de 2007, ils ne manquent pas d’assurer que si les Vaudois ont réussi à implanter davantage d’entreprises, c’est parce que ces sociétés étrangères se sont précipitées pour profiter de la dernière année de l’arrêté Bonny. La Genève internationale cultive ses jalousies provinciales. Quel folklore! v

LA LOI DE LA RAISON

Il n’y a toujours pas de promotion économique pour toute la Suisse occidentale. Dans leur coin, les Genevois sont en cheville avec les Fribourgeois. Les Vaudois se sont associés avec les autres Romands. Trop bête. Alors la raison s’impose comme elle peut, branche par branche. Avec BioAlps pour les sciences de la vie, MicronArc pour les microtechniques, ICT Cluster pour les nouvelles technologies de la communication, Genevois et Vaudois apprennent à travailler ensemble pour le développement d’une région qui, tout bien réfléchi, est la même pour tous. v

RETOURS DE FORTUNE

Les Genevois ne sont pas si à plaindre. Même s’ils se sont fait une grosse frayeur, en 2006, quand la famille Bertarelli a mis en vente Serono, dont le siège était au bout du Léman. Le groupe allemand Merck a emporté le morceau. Allait-il démembrer le centre genevois? Les autorités cantonales ont été attentives au moindre mouvement de cadres. Deux ans plus tard, grand sourire! Dans la pratique, les activités lémaniques de Merck Serono se sont renforcées. Et si, au bout du compte, l’Allemand Merck déplaçait son siège international à Genève? v

UN VIEUX FONDS

Il y a dix jours, un grand débat a remué la Fédération patronale vaudoise. Toutes ces entreprises étrangères qui adhèrent pour profiter de ses services après s’être installées au bord du Léman, c’est bien. Mais voilà qu’elles sont toujours plus nombreuses à lui envoyer leurs lettres en anglais. Même Novartis s’y est mis. Alors les secrétaires patronaux se sont demandé s’il fallait répondre aux anglophones dans leur langue? C’est non, pour le moment. La Fédération patronale, qui fut si proche de la Ligue vaudoise, ne peut pas lâcher si facilement son vieux fonds fédéraliste. v

«STUPEFIANT, JAMAIS VU, HISTORIQUE! ON ENREGISTRE CHAQUE SEMAINE ENTRE 40 ET 50 ADHESIONS D’ENTREPRISES.» Christophe Reymond, secrétaire général de la Fédération patronale vaudoise




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