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LE SYSTÈME CONSTANTIN

Mis en ligne le 14.05.2009 à 00:00

PORTRAIT. Le 20 mai à Berne, le promoteur et président rêve de décrocher sa 5e Coupe de Suisse avec un FC Sion qui lui appartient totalement «Mégalo», l'homme ne connaît ni limites ni obstacles.

L'Hebdo; 2009-05-14

Valais LE SYSTÈME CONSTANTIN

CHRISTOPHE SCHENKETPATRICK OBERLI

PORTRAIT.

Le 20 mai à Berne, le promoteur et président rêve de décrocher sa 5e Coupe de Suisse avec un FC Sion qui lui appartient totalement «Mégalo», l'homme ne connaît ni limites ni obstacles.

«À Khartoum aussi, il y a des gens importants. J'y ai pissé à côté de Bill Clinton!» Lâchée sans prévenir dans le récit d'un voyage d'affaires au Soudan, la formule résume à elle seule Christian Constantin le promoteur et bouillonnant président du FC Sion de Marti-gny. L'art de la formule clinquante, la mégalomanie qui n'a d'yeux que pour la cour des grands, la virilité complice. Mais l'essentiel se cache derrière les mots. L'architecte, 52 ans, ne connaît pas de limites. Dernière preuve: il s'est mis en tête de vendre le Cervin aux émirs d'Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Le Matterhom Center, un hôtel cinq étoiles reproduisant la célèbre montagne, proposant 200 000 m2 de surfaces commerciales, 28 000 de spa et même un stade couvert, labellisé minergie, Å“uvre qui pourrait être reproduite au Qatar, pays voisin qui s'est porté candidat à l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022. Une farce? Christian Constantin dégage sans sourciller, le regard franc de celui qui n'a peur de rien, même pas d'une réalisation pharaonique pesant 2,7 milliards de francs: «Une convention a été signée. J'en ai aussi parlé avec Pascal Couche-pin et Patrick Aebischer, président de l'EPFL.» Pas de doute, le Valaisan veut jouer en Ligue des champions.

Dans l'immédiat, c'est un autre trophée que vise Christian Constantin. Le 20 mai, le FC Sion foulera la pelouse du Stade de Suisse à Berne, bien décidé à soulever une onzième fois la Coupe de Suisse. Et perpétuer sa légende. En dix participations à la finale, le club valaisan n'a jamais perdu Une aventure unique, véritable prophétie positive. Qui se double d'une crainte d'être les premiers à ne pas ramener le trophée? «On n'y pense pas, assure Frédéric Chas-sot, directeur sportif du club. Parce qu'on va la gagner.» Le mythe peut continuer. Et «CC» continuer l'édification de sa propre légende. Car si Christian Constantin vibre, c'est avant tout pour la compétition. Sur le terrain mais aussi en termes de prestige. «Durant mon premier mandat, j'en ai gagné trois, compte-t-il avec fierté. Autant que Luisier!» Aujourd'hui, il en est à quatre. Et, peut-être, cinq bientôt. De quoi éclipser un peu plus son illustre prédécesseur. Pourtant, au début des années 90, le match n'était pas gagné d'avance.

Les origines d'une légende.

Christian Constantin a 35 ans lorsqu'il reprend la présidence du FC Sion, en 1992. Propriétaire du Nouvelliste, le mécène André Luisier laisse derrière lui un club auréolé du premier titre de champion de Suisse de son histoire, mais aux finances fragiles. Le jeune et ambitieux architecte prend sur lui de le sauver. Son modèle: Jean Martinet, président du HC Fribourg-Gottéron. L'homme a réussi à redresser les finances du club de hockey pour l'emmener ensuite vers les sommets. Christian Constantin lui demande conseil. «Je lui ai expliqué ma méthode, tout en lui recommandant de l'adapter au Valais», se souvient Jean Martinet. L'élève apprend vite. Tourbillon Foot Promotion, sa première initiative auprès du public lancée avant même son accession au trône, permet de lever 2 millions de francs.

Sur le terrain, ça marche aussi. Après une période de transition le PC Sion remporte la Coupe de Suisse en 1995. Et la défend victorieusement les deux années suivantes, avant de décrocher un second titre de champion national. Rien ne semble devoir arrêter l'avancée victorieuse du club valaisan, pas même l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie que les Sédunois éliminent en Coupe d'Europe. Une rencontre clin d'Å“il. Car certains n'hésitent pas à comparer Christian Constantin à son homologue français: même ambition démesurée, même intransigeance en affaires. Jusqu'à le qualifier de «président glaçon», parlant de football comme un comptable, ne serrant la main qu'aux sponsors les plus importants. «Il me semblait en retrait, observe Jean Martinet, un peu hautain peut-être. Je lui disais de serrer les mains des supporters. Et lui me répondait qu'il n'avait pas ça dans le sang.» Constantin préférerait l'adage de son modèle fribourgeois: «Servir et disparaître.» Mais à son rythme...

La disparition arrive plus tôt que prévu. Alors qu'il rêve d'un grand club romand - l'Olympique des Alpes - et de construire un stade de 40 000 places à Collombey, Christian Constantin quitte le club à la fin de l'année 1997, presque du jour au lendemain. «On a voulu m'exé-cuter», lâche-t-il froidement aujourd'hui, le regard sombre. Qui? «Je ne vais pas dire de noms. Pris individuellement c'est tous des bons types, mais quand ils sont ensemble...» Faut-il pour autant y voir la revanche du PDC tout-puissant contre le radical de Martigny, symbole d'une réussite qui irrite en Valais, comme celle de ses «compatriotes» Pascal Couche-pin, Léonard Gianadda ou Pierre-Marcel Revaz? Ou une démission coup de tête, conséquence de la défaite contre Galatasaray qui prive le FC Sion d'une participation à la Ligue des Champions, transformant le président sortant en naufrageur fuyant un navire en perdition? Sans les millions de la Coupe d'Europe, le club est au bord de la faillite. Remises en question de sa gestion et poursuites pénales nourrissent la chronique de nombreux mois durant. Constantin défend son bilan, ses successeurs et la Ville de Sion l'accablent. Car «CC» multiplie les inimitiés.

Retour en sauveur.

En Valais, l'homme traîne une réputation de mauvais payeur, dans ses affaires sportives comme immobilières. «Il paie tard ou une partie seulement, raconte-t-on C'est le principe des 20%. Si vous lui serrez la main, assurez-vous bien qu'il ne vous manque pas un doigt.» Souvent accusé, jamais condamné, le parcours du président rappelle le surnom donné à la Brigade financière valaisanne, MEPUC: mille enquêtes, pas une condamnation. Banni, honni, Christian Constantin tourne la page, réfutant tout retour au club, parlant même de partir sous d'autres cieux, à Lausanne ou à Saint-Etienne. Car pour lui le football est une drogue dont il pane à se passer. Il n'en fera rien.

Tout change durant la saison 2002-2003, au terme de laquelle le PC Sion aurait dû être relégué administrativement en ligue amateur. La légende du club se lézarde, Constantin peut commencer à bâtir la sienne, brique après brique. A l'automne, il offre l'entrée au stade par deux fois aux supporters. En hiver, il fonde une société anonyme, dont il est l'actionnaire unique, pour reprendre le club et le diriger sans avoir de comptes à rendre. Au printemps, il est à nou-veau président du FC Sion. Mais l'homme est plus fort qu'hier. «Entre 30 et 40 ans, j'ai fait mon apprentissage. Maintenant, j'applique ce que j'ai appris.» D'entrée, il attaque de front la Ligue nationale qui vient de refuser sa licence au club, le condamnant à la première ligue. Quand d'autres auraient accepté le premier verdict et la chute, en espérant rebondir plus tard, Christian Constantin refuse le dictat d'un autre Valaisan, Edmond Isoz, directeur de la Swiss Football League. «CC» soutient que le FC Sion ne se relèverait pas d'une relégation. Le bras de fer juridique s'étire, mais le Valaisan ne lâche pas prise. Et remporte la mise fin 2003. En octobre, le FC Sion réintègre un championnat débuté depuis trois mois. Avec le recul, sa ténacité lui a donné raison: «Regardez Servette et Lausanne! Ces clubs sont morts. Ils n'ont plus de spectateurs.» Ce combat victorieux propulse Constantin sous le feu des projecteurs. Il ne les quittera plus. Son grand stade, comme une arlésienne, de Martigny à Rid-des, ses conseils pour réformer ligue et arbitres, ses coups de gueule à répétition et surtout, son incessante valse des entraîneurs. Depuis Jean-Paul Brigger, en 1993, ils sont plus d'une vingtaine à avoir fait les frais de son management à l'emporte-pièce. Certains à plusieurs reprises, comme l'entraîneur actuel Didier Tholot, d'autres dans des conditions rocambolesques. Nestor Clausen démissionne à la mi-temps d'un match, une première. Ueli Stielike est limogé, coupable «d'avoir passé plus de temps à cultiver des relations sociales dans les car-notzets qu'à entraîner son équipe.» Arrive alors ce qui doit arriver: Constantin omniprésident, se nomme entraîneur par intérim. Et devient une curiosité mondiale.

Il remettra le couvert en avril 2009 en virant ses entraîneurs la veille de la demi-finale contre Lucerne. Un coup de poker magistral puisque Sion se qualifie aux tirs au but.

L'arme de la parole.

Mais, plus que ce succès, c'est le personnage qui fascine. Le promoteur de Martigny, mal-aimé par le Valais conservateur, est devenu son ambassadeur le plus célèbre, fidèle à des clichés érigés en vertus: bagarreur, entier, un peu «mafieux», indépendant - en un mot: différent. Une véritable caricature, selon l'humoriste Yann Lambiel, pour qui il n'est pas nécessaire de le parodier. «Pour faire rire, il suffit de l'imiter: son accent, son léger zézaiement, ses phrases...» Caché derrière ce personnage, Constantin est imperméable à la critique. Mais ceux qui ont eu maille à partir avec lui ne sont pas dupes. «Quand il dit "tu" à tout le monde, ça n'a rien à voir avec le poème de Prévert, observe l'un d'eux. C'est une manière de dominer son interlocuteur. En réalité, il dit "tue".»

Impassible physiquement, maître de ses traits comme de ses gestes, c'est par la parole que le président promoteur frappe. Comme lorsqu'il traite ses joueurs de «chèvres» lors d'une interview, les invitant à aller «brouter» ailleurs s'ils ne sont pas contents. Un management mêlant peur de l'échec et menace de la sanction, qui peut se retourner contre l'équipe, selon le psychologue du sport Mattia Piffaretti: «Ce comportement crée un climat de très haute compétitivité qui peut servir les intérêts d'une petite part du collectif - les joueurs les plus expérimentés, constants ou productifs - mais augmenter le stress et l'incertitude pour les autres, notamment les joueurs les plus jeunes ou qui doivent encore faire leurs preuves.»

«Sa gestion se situe quelque part entre Tintin au pays des Soviets etTintinauCongo», ose un ancien employé du FC Sion, qui n'hésite pas, pour le décrire, à utiliser le terme de «Group-think», processus dans lequel les individus visent le consensus au détriment de la malleure solution. «La pensée est formatée selon sa logique. Au bout du compte, on s'autocensure et on accepte n'importe quoi. Surtout qu'il est incapable de gérer les conflits entre les gens.» Comme lorsque Christian Constantin renvoie ses deux entraîneurs Umberto Barberis et Christian Zermatten ce printemps, coupables de l'avoir mis au pied du mur en lui demandant de n'en choisir qu'un. «C'était comme demander à un père s'il préfère son fils ou sa fille», commente-t-il. Sans préciser toutefois qui de Barberis ou de Zermatten est la fille.

Bise sur le front.

Tous ne partagent pas cet avis pourtant, à l'image de l'ancien directeur sportif du club, Paolo Urfer: «Les conflits, il les désamorce souvent grâce à l'humour.» Il garde de Christian Constantin l'image d'un leader qui peut être dur dans la difficulté, mais également fédérateur, entraînant «Il aime tous ses joueurs. C'est lui qui les a choisis. D'ailleurs, il s'emporte rarement contre l'un d'eux, sauf s'il a dérapé dans le priva» Comment alors expliquer ses coups de gueule? «Le football est une histoire d'hommes, d'amis, d'ennemis, d'embrassades et d'engueulades. Constantin l'a très bien intégré.»

Quant à son successeur, Frédéric Chassot, il ne tarit pas d'éloges sur un président qu'il a connu dans les années 90, lorsqu'il était encore joueur. «Bien sûr, il est très exigeant, mais d'abord avec lui-même. Surtout, c'est une locomotive.» Les yeux brillant d'admiration, il évoque également la figure paternelle qu'incarne Constantin: «Chaque jour, un joueur au moins passe le voir dans son bureau. Les gars lui confient leurs problèmes personnels. Et à la fin, il les embrasse sur le front.» Franc, direct, mais aussi émotif et sensible, le portrait qu'on dresse de Constantin dans ses murs, aussi bien côté foot que côté affaires, évoquerait presque le Parrain mythique des films de Coppola: attachant, passionné et par-dessus tout loyal. Avec son cercle de fidèles totalement acquis à la cause.

Son royaume des Portes d'Oc-todure, première réalisation de sa carrière de promoteur, ressemble à une immense fourmilière. Des couloirs, des portes multiples, des recoins où gravitent joueurs, responsables techniques et la trentaine d'employés de son bureau d'architectes, qui génère pour 150 à 200 millions de francs de constructions par an de Loèche à Nyon et, pourquoi pas, dans le désert. Entre le spa et le cabinet médical, tous l'appellent «CC». Deux initiales qui ouvrent les vidéos de présentation de ses projets architecturaux, tels le Crystal CC - pour Centre Commercial, cette fois-ci - qu'il va construire pour Coop, à Marti-gny en collaboration avec HRS, l'entreprise générale maître d'oeuvre, entre autres, de la construction du stade de la Maladière, à Neuchâtel.

Sac de couchage.

Général d'une armée où la fidélité est le maître mot, Christian Constantin se décrit volontiers comme un guerrier, toujours le couteau entre les dents. Son centre de formation à Riddes - coût de 18 millions, selon lui -, en face du terrain qui devrait accueillir le futur stade du FC Sion, emprunte beaucoup à la géographie d'une caserne militaire, les lessiveries remplaçant l'armurerie. Les joueurs s'y rassemblent pour les mises au vert d'avant-match, passant la nuit dans des chambres à quatre avec, pour couche, un lit et un sac de couchage vert. «Ils préfèrent ça à l'hôtel, affirme le président, en montrant sa propre chambrette, où trône un second lit, «pour mon fils Barthélemy». Une manière de fédérer, mais aussi de contrôler une équipe composée de joueurs venus de partout. Car Constantin aime à chercher la perle rare. Et négocier: «Il est dur en affaires et a un extraordinaire sens de la repartie. Mais il déteste perdre de l'argent», explique Christophe Payot, agent de l'ancien joueur sédunois Alberto Regazzoni. «CC» peut toutefois sombrer dans l'irrationnel «lorsqu'il a un coup de cÅ“ur.» Comme pour le transfert du gardien égyptien El Hadary, l'année dernière. «Je l'ai découvert à la télévision, lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations. J'ai tout de suite su que je le voulais. Quand je suis allé le chercher, on m'a filmé pour Al Jazeera. C'est comme ça que le cheik d'Abou Dhabi m'a découvert et qu'il m'a demandé ce que je pouvais faire pour lui.»

FC Constantin.

S'il ne mélange pas forcément football et affaires, Christian Constantin reconnaît que sa notoriété lui permet de développer des contacts précieux. Opportuniste, «CC»pense toujours au prochain coup à réaliser. Son idée de «grand stade», par exemple Avec les années et les déménagements successifs, le concept a évolué. Centres commerciaux, casinos ou, encore, tribunes de luxe sont venus garnir ses maquettes. Aujourd'hui, il parle d'un stade minergie et de «clean tech». Dans sa tête, le dessein arabe devrait voir le jour en Valais d'abord, à Riddes, sous la forme d'un prototype zéro. Près de son fief, les Portes d'Octodure, parce que «je n'ai pas de temps à perdre sur la route». Et peu importe que le séminaire dEcône, situé à 600 mètres de la zone pressentie, lui mette des bâtons dans les roues au moment de la mise à l'enquête. En façade, Christian Constantin affiche sa patience. Et les tribunaux ne lui font pas peur. Sibyllin, il lance à la dérobée que «tôt ou tard, tout le monde parvient à la sagesse». En attendant, le FC Sion est dans l'expectative. Si le 20 mai, les Valaisans soulèvent la Coupe, 2009 restera dans les mémoires. S'ils perdent, joueurs et entraîneur seront à nouveau remis en question. Seule certitude, Christian Constantin restera, «parce qu'il a des choses à faire et que personne ne les fera à sa place». Mais si cela devait tourner au vinaigre, il n'en ferait pas une maladie: le promoteur est prêt à prendre le relais. Il possède la licence, les contrats des joueurs et sait déjà à qui revendre les diverses infrastructures. S'il le voulait, il pourrait partir demain recommencer l'histoire ailleurs, à Genève, par exemple, ou dans les émirats. Et y bâtir un nouveau PC Constantin, abandonnant un FC Sion centenaire cette année, mais dont personne ne pense à célébrer l'anniversaire, tant son président a remplacé le club au firmament des mythes valaisans. Tout le monde n'a pas connu Bill Clinton au petit coin.

MATTERHORN CENTER

Offrir le Cervin aux cheiks! L'idée ne pouvait venir que du bureau d'architecture de Christian Constantin. Devisé à 2,7 milliards de francs, le projet minergie d'Abou Dhabi comprend un hôtel 5*, des surfaces commerciales, un théâtre, une patinoire et un stade de football fermé.

MYTHES VALAISANS

De coups de gueule en coups médiatiques, Christian Constantin s'est substitué à l'institution FCSion. Que son équipe perde ou gagne, c'est la réaction du président que l'on attend.

1976

A 19 ans, Christian Constantin garde les buts de Neuchâtel Xamax en LNA. On vante sa rapacité à diriger sa défense. Mais il réfléchit trop, n'est pas assez instinctif. En parallèle, il suit une formation de dessinateur-architecte.

1981

Pour ses débuts dans l'immobilier, il convainc les investisseurs qu'il manque un hôtel quatre étoiles à Martigny et bâtit La Porte d'Octodure. L'hôtel, situé au pied de la montée vers le Saint-Bernard, est l'actuel siège du FCSion.

Mai 1992

A 35 ans, Christian Constantin succède à André Luisier comme président du FC Sion. Grâce à diverses actions de soutien, il parvient à assainir les dettes du club.

Janiver 1993

Malgré un bon classement en championnat (3e place), il limoge son premier entraîneur, Jean-Paul Brigger, qui lui a été imposé sur le banc par Luisier avant son départ. Plus tard, il avouera avoir fait une erreur.

Octobre 1993

Au deuxième tour de la Coupe UEFA, le FC Sion crée la sensation en éliminant l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie, avant d'être éliminé parle FC Nantes, en huitièmes de finale.

Juin 1995

Le FCSion remporte sa septième Coupe de Suisse face à Grasshopper, grâce à deux buts d'Ahmed Ouattara. Très stressé la veille du match, l'attaquant ivoirien a passé la nuit dans le lit de Constantin qui lui caressait la tête.

1996

Christian Constantin présente ses premiers projets de développement du FC Sion. Au début de l'année, il annonce la construction d'un grand stade à Collombey (VS). Ala fin de l'été, celle d'un centre de formation à Sion.

Juin 1997

Second titre de champion suisse pour le FCSion, auquel s'ajoute une huitième Coupe. Un doublé historique qui impose le club comme l'un des principaux ténors du pays, bien décidé à briller sur la scène européenne.

Décembre 1997

Poursuivi par la Ville de Sion pour ne pas avoir payé la location du stade de Tourbillon, Constantin finit par démissionner de son poste de président Des rumeurs l'annoncent comme repreneur de l'AS Saint-Etienne.

1999

Un concordat permet de sauver le FC Sion de la faillite. Christian Constantin est l'un des principaux créanciers à l'accepter. Dans la foulée, il décide de récupérer le centre de formation qu'il a construit pour le club.

Août 1997

Le FCSion échoue aux portes de la Ligue des Champions, battu par Galatasaray Istanbul. Repêché en Coupe UEFA, le club bute sur le Spartak Moscou. Mais Christian Constantin dépose un protêt pour une cage de but trop basse.

1998

Diverses voix s'élèvent pour dénoncer la gestion du FCSion par Christian Constantin. Le président démissionnairey répond par voie de presse et dans un livre-entretien rédigé avec Hervé Valette.

2001

Eloigné des terrains, Christian Constantin projette d'ouvrir un casino à Martigny. Mais la licence d'exploitation lui est finalement refusée, au profit de Zermatt et Crans-Montana.

2003

Après l'abandon du statut de club professionnel par Jean-Daniel Bianchi, Christian Constantin crée la SA Olympique des Alpes, qui reprend la gestion du FCSion. Et redevient président

Automne 2003

Privé de licence, le FCSion est condamné à redescendre en 1religue. Mais Constantin lutte contre cette décision. Après une longue procédure, il obtient gain de cause. Le club est sauvé et intègre la Challenge League.

2004

Entre coups de gueule et projets, Constantin impose son style. Nouveau stade à Martigny, engagement d'arbitres étrangers pour juger leurs homologues suisses, refus de la diffusion d'un match à la TV, «CC» est sur tous les fronts. Le 5 décembre, des combats entachent la fin de Kriens-Sion. Constantin est accusé d'avoir frappé un arbitre.

2006

La chance tourne pour le FCSion. Le club est promu en Super League et gagne la Coupe de Suisse face à Young Boys. Une finale débutée par un protêt déposé par Constantin. En cause, un litige autour du joueur Everson, aligné parles Bernois.

2005

Constantin se distingue par sa gestion du club. Les entraîneurs valsent, tandis que les joueurs sont invités à verser 25 000 franc dans une cagnotte, somme qui sera multipliée par six s'ils atteignent les objectifs fixés. Sur le plan immobilier, «CC» se heurte à Franz Weber autour d'un projet de reprise du Château de l'Aile à Montreux.

2008

Après le renvoi d'Ueli Stielike, «CC» reprend l'équipe en main lui-même, une première en Europe. En hiver, il lui offre un camp d'entraînement «musclé». Quant au projet de grand stade annoncé depuis 12 ans, il migre du côté de Riddes. Mais rencontre l'opposition de la congrégation d'Ecône.

2007

«CC»devient un personnage romand incontournable. Ses changements d'entraîneurs sont tournés en dérision et ses petites phrases lui valent le prix Champignac. Lui préfère en rire et joue son propre rôle face à Yann Lambiel.

2009

Les supporters de Young Boys tendent une banderole avec le numéro de portable de «CC». Qui reçoit près de 500 appels et SMS, mais garde le sourire. Il le perd quelques semaines plus tard et limoge son duo d'entraîneurs. En se propulsant, une nouvelle fois, chef de meute, il tente un coup de poker gagnant et remporte la demi-finale de la Coupe face à Luceme.

2009

Le 20 mai, le FCSion tentera de décrocher la 11e Coupe de Suisse de son histoire, la 5e sous la présidence de Christian Constantin. Pour le club, toujours en danger en championnat, ce match contreles Young Boys de Beme qualifiera la saison: formidable en cas de victoire, calamiteuse s'il est défait. Pour«CC», ce sera de toute manière l'occasion d'entrer dans l'histoire. Comme l'incarnation d'une invincibilité ou dans la peau du premier dirigeant sédunois à avoir connu la défaite en finale.

«CE COMPORTEMENT CRÉE UN CLIMAT DE TRÈS HAUTE COMPÉTITIVITÉ.» Mattia Piffaretti, psychologue du sport

«LES GARS LUI CONFIENT LEURS PROBLÈMES PERSONNELS. ET, À LA FIN, IL LES EMBRASSE SUR LE FRONT.» Frédéric Chassot, directeur sportif du FC Sion

«la pensée est formatée selon sa logique. Au bout du compte, on accepte n'importe quoi.» Un ancien employé

PROFIL

CHRISTIAN CONSTANTIN

1957 Naissance à Martigny.

1970 Décès de sa mère, emportée par une leucémie.

1992 Elu président du FC Sion.

1997 Démissionne de son poste.

2003 Retour à la présidence du FC Sion.

2008 Assure l'intérim sur le banc comme entraîneur.

LES PRINCIPES DE CONSTANTIN

«Si on me dit de déplacer la tour Eiffel, je demande où la mettre.»

«Je ne peux pas réinventer la géographie, je ne veux pas prendre place au sommet des montagnes. Mors je descends le long du fleuve, je m'installe puis je protège mon territoire. Les Indiens ne faisaient rien d'autre.»

«Moi, je suis d'avis qu'il faut vendre la lune habitée plutôt que de dire la vérité aux gens, à savoir qu'ils mourront tous un jour.»

«J'ai ma vision, j'y travaille, je ne m'occupe pas des autres.»

«Quand on fait du spectacle, mieux vaut jouer à Broadway que dans le Sahara.»

«Si je devais appliquer la semaine des 35 heures, j'arrêterais de bosser souvent le mardi soir déjà.»

«L'être humain a besoin d'être poussé pour ne pas tomber dans l'oisiveté.»

LES PERLES DE CONSTANTIN

«L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur.»

«Le championnat est notre épouse, la Coupe notre maîtresse.»

«Les cloches peuvent bien bouger. Mais si vous enlevez leur battant, vous ne les entendez plus. Elles ne sonnent plus.»

«L'objectif aujourd'hui est de rattraper le temps perdu. Et de prendre de l'avance sur ce temps perdu.»

«Tous les Suisses devraient être un peu Valaisans, car tout le monde se porterait beaucoup mieux.»

«Je n'ai rien contre l'homosexualité, mais mes gênes font que je suis un macho et qu'il m'est difficile de parler de choses que je ne connais pas.»

«J'ai besoin de tout le monde, je n'ai rien à faire de l'idéologie d'un seul parti. Au contraire, je serais partisan d'un grand parti, fort et uni.»

LE MANAGEMENT SELON CONSTANTIN

«Je veux des joueurs qui ont faim, pas des fonctionnaires.»

«Ce n'est pas moi qui licencie les entraîneurs, c'est le Totomat.»

«Le football, c'est la vie. Je le répète à mes joueurs: vous devez avoir le sens commercial, l'éthique professionnelle, la force physique, tout!»

«Si je prépare la Patrouille des Glaciers, je ne vais pas courir au bord de la mer.»

«J'ai eu mis les téléphones de mes joueurs sur écoute, j'ai la liste des téléphones de mes entraîneurs. Je sais exactement qui ils ont appelé et quand. Les numéros d'immatriculation de mes gars sont aussi répertoriés auprès de la police.»

«Des supporters bâlois m'ont traité d'enculé. Je leur ai serré la main. Après, ils me voulaient comme président.»





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