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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 04.09.2012 à 14:24 |
En 1994, Noémie Lvovsky signe son premier long métrage, Oublie-moi, suivi du téléfilm Petites trois ans plus tard puis de l’acclamé La vie ne me fait pas peur, qui en 1999 reçoit trois prix à Locarno. C’est alors que la Française accepte la proposition d’un ami, en l’occurrence l’acteur Yvan Attal, qui lui propose de jouer dans sa première réalisation. Ma femme est une actrice sort en 2001 et, depuis, Noémie Lvovsky a fait l’actrice pour Tonie Marshall, Arnaud Desplechin, Claude Berri, Pascal Thomas, Eric Rochant ou récemment Bertrand Bonello (L’Apollonide) et Benoît Jacquot (Les adieux à la reine). Et cet été, c’est devant et derrière la caméra qu’elle nous revient, une première, pour Camille redouble, une comédie enlevée qu’elle a dévoilée à Cannes et qui a eu, il y a un mois, les honneurs de la Piazza Grande locarnaise. Camille, la quarantaine, est en train de se séparer de l’amour de sa vie, Eric. La nuit du réveillon, elle s’écroule. La voilà qui se réveille en 1985. Sa mère est encore de ce monde, ses copines vivent dans l’insouciance de leurs 16 ans et elle rencontre à nouveau Eric, en sachant cette fois que l’amour qu’il lui promet ne sera pas éternel... Que faire? Suivre son destin ou tenter de le changer? Deux âges, mêmes acteurs. Même si Noémie Lvovsky dédie Camille redouble à sa mère, l’envie de retrouver un être cher n’a pas été le moteur de l’écriture du film. «Je suis en fait partie de questions que je me pose depuis que je suis enfant», confie la réalisatrice, qui a accepté d’interpréter Camille sous la pression de son producteur, convaincu que ce rôle était fait pour elle. «Est-ce à cause de mon âge, ou des changements qui ont pu arriver dans ma vie, toujours est-il que j’ai voulu aborder ces questions de front, de manière plus crue. Est-ce que le temps nous change au point de nous faire devenir une autre personne, ou est-ce qu’il existe en nous une part d’irréductibilité?» La Française a alors eu l’idée de ce voyage dans le temps, prétexte à un questionnement existentiel sur les années qui passent et l’évolution des sentiments. Elle a aussi eu cette idée, géniale par le décalage qu’elle induit: Camille et Eric ont 16 ans mais leur physique d’adulte. «Je savais dès le début que je ne voulais pas deux acteurs différents pour jouer les deux âges, de même que je ne voulais pas faire appel à des effets spéciaux de rajeunissement. Le fait d’avoir les mêmes acteurs incarne mieux cette idée que malgré le temps qui passe, on reste un peu les mêmes personnes.» Mais au-delà de la dimension philosophique qu’implique ce choix, voir une Noémie Lvovsky de 47 ans tenter de résister aux avances d’un Samir Guesmi de 44 ans, au milieu d’une bande d’adolescents, est surtout source de comédie. De même, découvrir Mathieu Amalric en prof de français vieux garçon et Jean-Pierre Léaud en horloger maître du temps, prouve que Camille redouble est dans le fond un film bien plus léger que les questions existentielles qui l’ont motivé. Un film cependant proche de sa réalisatrice, qui avoue avoir appris, depuis qu’elle est aussi comédienne, que dans un long métrage, absolument tous les personnages ressemblent un peu à celui qui les filme. De et avec Noémie Lvovsky. Avec Samir Guesmi, Yolande Moreau et Denis Podalydès. France, 1h55. Sortie le 12 septembre. |









