L'Hebdo;
2003-09-25 Le tournoi challenger, l'antichambre des stars
Tennis Avant d'être des stars, les joueurs doivent gravir peu à peu les échelons mondiaux. A l'instar de Stanislas Wawrinka.
Les tournois challengers représentent le creuset du tennis international, la porte de service par laquelle les joueurs en quête de reconnaissance mondiale doivent passer avant de pouvoir espérer un jour vivre les plus grands événements tennistiques. Dédié aux joueurs évoluant généralement au-delà de la 100e place du classement mondial, ce type de tournois est devenu de plus en plus exigeant, comme l'explique Marc Rosset: «Ce chemin incontournable est fastidieux, d'autant que le niveau de jeu du tennis mondial a considérablement augmenté. De plus, le nombre de points en jeu est relativement peu élevé, tout comme l'argent que l'on peut y gagner.»
Car c'est aussi dans les challengers que se brisent à tout jamais ou se consolident les rêves de carrière professionnelle des champions en herbe. Est-ce à dire qu'il s'agit là d'un réel vivier où l'on retrouve les stars de demain? «En général, ceux qui sont amenés à devenir bons ne passent pas trop de temps dans les tournois challengers. Ils en font quelques-uns, voire parfois pendant une année, et parviennent à accéder au stade suivant, les qualifications des tournois ATP», remarque le capitaine de l'équipe suisse de Coupe Davis, qui, à ses débuts, n'a même pas passé une année dans ces tournois.
Faire l'impasse Mais parmi ces jeunes joueurs prometteurs se trouvent également des tennismen plus capés. En 1997, par exemple, un certain André Agassi, retombé au 141e rang, a été contraint de repasser sur les bancs de cette «école» du tennis. C'est ainsi que le Kid de Las Vegas est revenu plus fort que jamais pour finir par s'emparer de la première place mondiale.
Un chemin également emprunté par Marc Rosset, qui ne peut cependant pas se prévaloir de la même réussite que son homologue américain. En effet, après avoir momentanément renoué avec ces tournois secondaires, l'Helvète (matricule 166 à l'ATP) jure qu'on ne l'y reprendra pas. «J'ai décidé de faire l'impasse sur cette catégorie de tournois à l'avenir, afin de me consacrer aux qualifications des tournois du Grand Prix. C'est acceptable de participer aux challengers en début de carrière, quand vous êtes jeune, mais difficilement concevable quand vous avez évolué au plus haut niveau et côtoyé les meilleurs joueurs.»
Stanislas Wawrinka, qui a remporté cet été ses deux premiers succès en challengers et marche sur les traces du Genevois ou de Roger Federer, a une toute autre approche de ces tournois: «Pour l'instant, vu mon expérience, je n'y trouve que des avantages. A la différence des satellites (tournois au bas de l'échelle internationale, ndlr), l'hôtel est payé, l'organisation est plutôt bonne et l'on peut gagner davantage d'argent», argumente- t-il. Des sommes cependant dérisoires (entre 3000 et 6000 francs pour une victoire) par rapport aux compétitions ATP auxquelles il commence à goûter et qui, dans son cas, pourraient progressivement rendre bien fades les challengers. En effet, le jeune Vaudois, classé aux alentours de la 160e place mondiale, a déjà pris part à trois Grands Prix, Amsterdam, Gstaad et Oman, grâce à des invitations obtenues suite à son titre de champion junior à Roland-Garros cette année.
Objectif avoué «A l'avenir, je vais jongler entre les tournois challengers et les qualifications des Grands Prix, mais plus de compétitions juniors car mon but est de monter chez les pros. C'est bien d'être fort chez les jeunes, cela permet parfois de recevoir des invitations pour des tournois seniors, mais encore faut-il être en mesure de confirmer ces résultats par la suite. D'ailleurs, la majorité des juniors ne font que les Grand Chelem dans cette catégorie et participent à des compétitions pour adultes», souligne la star montante du tennis helvétique, dont l'objectif avoué est une place parmi les 100 meilleurs joueurs de la planète.
La route qui mène au sommet de la pyramide du tennis mondial est semée d'embûches et les challengers sont de véritables traits d'union entre l'amateurisme et le professionnalisme. Avec un côté «ça passe ou ça casse» des plus sélectifs. |
Frédéric Rein
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