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Par PHILIPPE LE BÉ - Mis en ligne le 23.11.2011 à 14:58 |
«Le marché, il n’apprend rien, il oublie tout.» C’est un opérateur de marché (ou trader pour les franglophiles) qui l’a avoué il y a quelques jours sur les ondes de la Radio suisse romande. D’après une étude réalisée par l’Université de Plymouth, le poisson rouge que je croyais plutôt limité aurait la mémoire de la douleur pendant au moins vingt-quatre heures. Avec un peu d’entraînement, il garderait la mémoire d’un événement jusqu’à trois mois. Inoffensif dans son bocal, le poisson rouge que jamais personne ne consulte a un niveau de conscience bien supérieur à celui du marché que l’on ausculte à chaque minute de la journée pour savoir s’il faut ou non se jeter par la fenêtre. Comme dirait Titeuf, c’est pô juste. Chamboulés par les crises successives, les opérateurs de marché sont par ailleurs toujours plus nombreux à fréquenter les églises et les monastères. C’est ce que révèle un récent article du journal français Le Parisien. La seule paroisse de la Défense, Notre-Dame de Pentecôte, a vu le nombre de ses fidèles bondir de 25% depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, issus pour la plupart des professions financières. Les moines bénédictins de la Pierre-qui-Vire, dans l’Yonne, accueillent aussi des «célébrités de la finance», à tel point que les frères refusent du monde. Contrairement au poisson rouge à la tête un brin pleine, mais qui ne fréquente pas les bénitiers, le trader à la tête vide a de grandes chances de sauver son âme. Vraiment pô juste. |









