Elle arrive avec un quart d’heure de retard dans l’auditoire Amphimax de l’Université de Lausanne. Mais elle est là, fidèle à l’engagement pris. Y a-til un autre pays au monde où un ministre annonçant son départ le matin prend la peine de donner une conférence publique le soir, comme si de rien n’était?
ON N’ACCÈDE PAS À CE NIVEAU DE POUVOIR SANS ÊTRE DOTÉ D’UN SOLIDE INSTINCT DE TUEUR (POLITIQUE, S’ENTEND). QUATRIÈME FEMME À AVOIR EU CE PRIVILÈGE, ELLE EST LA PREMIÈRE À L’AVOIR MONTRÉ.
Ce mercredi 7 septembre, elle joue la bonne petite soldate, qui explique, dans un mélange de langue de bois et de sourires qui n’appartient qu’à elle, les finalités de «la politique étrangère pour le peuple suisse». C’est son côté brave fille, alors qu’aucune autre avant elle sur la scène politique nationale n’aura autant passé pour une diva.
Dans l’histoire brève et chahutée des conseillères fédérales, Micheline Calmy-Rey occupe une place particulière. Femme ou homme, on n’accède pas à ce niveau de pouvoir sans être doté d’un solide instinct de tueur (politique, s’entend).
Quatrième femme à avoir eu ce privilège, elle est la première à l’avoir montré. Sans complexe. Avec une pointe d’esprit de revanche pour celle à qui aucun honneur n’a été concédé gratuitement, celle qui a dû se battre pour parvenir au sommet.
Elisabeth Kopp a laissé son amour conjugal étouffer son talent. Ruth Dreifuss, élue comme une sauveuse, a laissé l’image d’une ministre toujours empathique et d’une liberté intellectuelle qui en imposait. Passé l’élimination de sa concurrente Rita Roos, Ruth Metzler s’est révélée une oie blanche.
Pour devenir conseillère fédérale à son tour en 2002, Micheline Calmy-Rey a d’emblée utilisé son instinct de tueuse contre sa rivale Ruth Lüthi. Par la suite, Doris Leuthard n’a pas eu à se battre, Eveline Widmer-Schlumpf a réinvesti la posture de la femme providentielle. Simonetta Sommaruga a gagné son duel à la loyale, sans avoir à montrer les dents.
Tueuse donc. Froide. Glaciale. Cassante. Hautaine. La Genevoise, qui dans son département est appelée «Madame» avec une déférence digne de la cour d’Angleterre, aura suscité l’usage de tant de qualificatifs dépréciatifs qu’on peut finir par y voir des stéréotypes. De bonnes doses de machisme. Ou encore une reconnaissance de sa capacité à agacer très supérieure à la moyenne des Sages qui hantent généralement le Palais fédéral. Retour sur quelques points saillants de sa personnalité controversée.
La prima donna
C’est un détail que l’on a fini par oublier, mais Micheline Calmy-Rey a été la première femme à la tête de la diplomatie helvétique, un milieu traditionnellement plutôt macho, élitaire, avec ses castes et ses sous-castes. Si ce «détail» n’a posé aucun problème aux jeunes générations, les quinquas et les sexagénaires se sont sentis bousculés, eux qui avaient encore connu l’époque où une femme diplomate devait demander l’autorisation de se marier.
Avec son look moderne, en certains cas très anticonformiste, elle n’avait rien d’une mamy rassurante. Traditionnellement, les diplomates ont la dent dure avec les conseillers fédéraux, quels qu’ils soient, ne les jugeant jamais assez à la hauteur du grand jeu des relations internationales.
Avec Micheline Calmy-Rey, pourtant diplômée en la matière, nombreux sont ceux qui ont distillé des commentaires assassins, qu’on ne tolérerait pas dans le secteur privé ou auxquels on n’accorderait aucun crédit.
Les perfidies furent d’autant plus sentencieuses que la cheffe du DFAE a restructuré son administration, redessiné le réseau de nos ambassades et consulats, et mis fin à cet Etat dans l’Etat qu’était la DDC (Direction du développement et de la coopération). Indisposé donc pas mal de gens.
Avec sa politique de diplomatie publique, elle a dès ses débuts choqué un corps d’ambassadeurs formés à la discrétion. Près de neuf ans plus tard, elle revendique avoir voulu mieux sensibiliser les Suisses aux enjeux de la politique extérieure, qui ne sont pas des abstractions de salon, car ces enjeux ont, dans un monde toujours plus globalisé, des conséquences concrètes sur la politique intérieure. Elle se dit «plus convaincue que jamais que la diplomatie publique est un chemin vers la politique intérieure».
Elle regrette que beaucoup aient confondu cette ambition avec un penchant pour la personnalisation. Un proche confirme ce choc culturel: «L’interaction de la politique extérieure avec la politique intérieure n’est pas toujours captée par les diplomates. Micheline Calmy-Rey a cette sensibilité. Eux sont déconnectés des réalités du pays.»
La genevoise
Elue en décembre 2002, au terme d’une campagne éclair, Micheline Calmy-Rey a connu une intégration difficile au collège. «C’était la Genevoise, donneuse de leçons, qui débarquait, sans connaissance des usages et des modes de fonctionnement de la Berne fédérale, résume un connaisseur. Elle n’avait pas de réseau en Suisse alémanique. Elle faisait figure de martienne.»
Après elle toutefois, il sera difficile au microcosme bernois d’oublier la cité la plus internationale du pays. Comme le souligne un député genevois très attentif au dossier, «elle a bétonné les acquis de la Genève internationale, notamment en faisant voter il y a deux ans une loi fédérale sur le pays hôte, qui encadre toutes les activités ayant trait à l’accueil d’organisations internationales sur sol suisse.
Elle s’est aussi impliquée dans l’extension de l’OMC (inaugurée ce lundi), pour laquelle la Confédération a fourni un crédit de 60 millions de francs. Cela est d’autant plus remarquable qu’il n’est pas toujours facile de faire comprendre l’importance de la Genève internationale à des élus de Suisse centrale ou de l’UDC.»
La cheffe
«Micheline Calmy-Rey appartient à une génération de femmes qui a dû se battre pour arriver au sommet. La méfiance est chez elle un réflexe, elle veut décider seule coûte que coûte. Mais elle sait reconnaître les fidèles. Les gens qui ne se sont pas dotés de ce sixième sens politique sont inexistants au pouvoir», commente un collaborateur.
«Elle est une forte personnalité, qui aime imprimer sa marque, complète un autre. Elle s’est formée dans la politique de proximité, il lui est difficile de déléguer et d’accepter de respecter une planification établie.»
Les ministres sont des machines à décider. La socialiste aime trancher. Mais auparavant, elle consulte. Au DFAE, la semaine est même rythmée par les séances. A chaque jour sa consultation ou son débriefing, avec les différentes strates hiérarchiques. «La discussion est permanente, elle consulte toute la boutique», résume un cadre. Mais elle seule jouit de la vue d’ensemble.
D’où vient alors sa réputation d’autocrate? La cheffe n’a pas hésité à court-circuiter la hiérarchie, préférant parler directement avec le collaborateur qui a travaillé sur un dossier plutôt qu’au chef de service censé rapporter. Sur la forme, cette méthode «très directe» a pu froisser des susceptibilités, et générer rancœurs et critiques.
AVEC SON LOOK MODERNE, EN CERTAINS CAS TRÈS ANTICONFORMISTE, ELLE N’AVAIT RIEN D’UNE MAMY RASSURANTE POUR LES DIPLOMATES.
Les échanges ont parfois été conflictuels, comme en témoigne en début de mandat surtout un turn-over inhabituel chez ses collaborateurs. Toutefois, «on peut dire à la cheffe qu’elle se trompe, soutient un cadre de son département. Mais il faut avoir des arguments solides.» Sinon gare à l’imprudent.
Rancunière? Les avis divergent. Elle s’énerve, puis elle s’en veut d’avoir été cassante, cherche à rattraper, finit par oublier, dit l’un. Alors que d’autres, entrés en disgrâce, ne s’en sont pas encore remis.
Autocrate, vraiment? «Il faut ne pas avoir connu Flavio Cotti, rigole un ancien. Avec lui, personne ne pipait mot.» D’autres la dépeignent comme «un Cotti bis avec le sourire».
Une narcissique ambiguë
Le 30 juin 2005, lors de la présidence de Samuel Schmid, le Conseil fédéral est en course d’école dans le canton de Berne et visite la centrale solaire de Mont-Soleil, sur les hauteurs de Saint-Imier. Au programme, une balade en trottinette. Les organisateurs demandent à chacun des membres du gouvernement s’il veut y participer.
Tous répondent «oui», y compris Micheline Calmy-Rey, qui confie pourtant qu’elle n’a jamais fait de trottinette ni de vélo de sa vie. «Peut-être serait-il plus prudent de renoncer», suggère l’un des organisateurs. Mais les médias sont là et Micheline Calmy-Rey ne peut pas se débiner.
La septième des Sages ne l’est plus lorsqu’elle s’engage dans une descente sur un chemin caillouteux. Elle prend de la vitesse et actionne brusquement le frein de sa main gauche, bloquant la roue avant. Fatalement, c’est la chute, dont elle se relèvera avec quelques contusions à un coude. «Il est clair que la présence des médias a joué un rôle dans sa mésaventure», relève l’un des témoins de l’incident.
Avec son sourire immense, Micheline Calmy-Rey aura fait le bonheur des photographes, mais parfois le désespoir de ses conseillers. Sourire est consubstantiel au savoir-faire des politiciens. Et une politesse diplomatique élémentaire quand on salue un hôte. Mais sourire au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, comme elle le fit, lors de sa visite à Téhéran en 2008, alors que les flashs crépitaient, fut une faute bien plus embarrassante que le port du voile qui lui fut tant reproché.
Paradoxe: dans sa politique des bons offices, elle s’est souvent mise à disposition avec une relative humilité pour faire avancer un processus de négociation, sans intérêt direct et immédiat pour la Suisse. Une manière aussi d’espérer une sorte de retour sur investissement, quelques dividendes dans l’ouverture de «canaux diplomatiques» au plus haut niveau, pour y faire valoir le point de vue suisse en d’autres occasions.
Elle s’est ainsi souvent mise en scène sans que la finalité de son geste puisse être clairement perçue. Splendeurs, cachotteries et faux-semblants de la politique des bons offices ou de médiation.
Ainsi son très médiatique passage de la ligne de démarcation entre les deux Corées en 2003 n’était pas un caprice mais répondait à une demande des Coréens du Nord qui voulaient envoyer une sorte de message subliminal à la Corée du Sud.
Méfiante
La relation qu’entretient un puissant avec la presse est toujours un indice de son degré de sérénité dans l’action. Avec les médias, la socialiste a eu des relations compliquées voire houleuses. Séductrice et disponible d’abord, quand il s’agissait de se faire connaître à Berne et élire, plus fermée ensuite.
«Elle craint la presse, car elle redoute de se faire manipuler, raconte un proche. Elle est touchée plus qu’elle ne le laisse paraître par les critiques, donc elle verrouille. Elle se sait sensible, donc se forge une carapace.»
On a connu des conseillers fédéraux magnanimes et sûrs d’eux qui laissaient à leurs services le soin de relire les interviews, et assumaient coûte que coûte le contenu. Pas un fifrelin de cette confiance chez Micheline Calmy-Rey qui voulait tout voir, tout savoir, y compris le contenu d’une simple réponse par retour de mail à un journaliste. Sa justification? Comme cheffe des Affaires étrangères, c’était à elle d’assumer politiquement les conséquences d’une bourde, donc elle pratiquait une sorte de contrôle préventif.
Une mal-aimée si populaire
C’est presque une loi des sondages sur la cote de popularité des conseillers fédéraux: les ministres romands sont gentiment accueillis après leur élection, ils terminent leur carrière au fond du classement, mal notés par des sondés en majorité alémanique qui ne les connaissent ou ne les comprennent guère.
Ruth Dreifuss et Pascal Couchepin endurèrent ce fâcheux destin avec un brin d’étonnement: lors de leurs sorties publiques, ils rencontraient plus d’empathie que d’hostilité. Micheline Calmy-Rey fut ainsi bien-aimée à ses débuts, d’autant qu’elle se retrouva seule femme au sein du collège après l’éviction de Ruth Metzler. Puis elle souffrit de la comparaison, ou de l’incroyable aura de Doris Leuthard outre-Sarine, et ensuite de l’arrivée d’Eveline Widmer-Schlumpf.
Lors de sa première année présidentielle en 2007, sa sortie au Grütli pour le 1er Août, alors que tant d’autres politiciens avaient abandonné le terrain aux nazillons, lui valut un regain d’admiration pour son courage. La socialiste a d’ailleurs toujours pris un plaisir malin à s’afficher patriote, contribuant à bousculer le monopole que l’UDC cherche à s’arroger en la matière.
LA SOCIALISTE A TOUJOURS PRIS UN PLAISIR MALIN À S’AFFICHER PATRIOTE, CONTRIBUANT À BOUSCULER LE MONOPOLE QUE L’UDC CHERCHE À S’ARROGER EN L A MATIÈRE.
Son capital de sympathie dans l’opinion publique a pâti de l’affaire libyenne et du théâtre public de ses démêlés avec Hans-Rudolf Merz et le reste du collège, quand bien même c’est elle finalement qui est allée chercher et a ramené le dernier otage Max Göldi en juin 2010. L’épouvantable fin de règne du dictateur oblige toutefois à revoir les lourds jugements dont elle fut l’objet.
Parmi les responsables occidentaux, elle s’avère avoir été la première à tenir tête à l’infâme. Ce dont nombre de citoyens lui savent désormais gré. «Contrairement à ce qu’en ont dit les médias, Micheline Calmy-Rey s’est montrée très habile sur le dossier libyen, appuie un membre bourgeois de la Commission des affaires extérieures du Conseil des Etats. Sa stratégie de mise sous pression de Tripoli avec les visas européens s’est avérée être la recette gagnante qui a permis de ramener les otages à la maison. Il a fallu du courage pour faire cela.»
Une ministre isolée
Une dame de fer dans son département, mais un peu plus souris grise au sein du gouvernement. Un conseiller fédéral n’est pas qu’un chef de département, il représente un septième du pouvoir exécutif helvétique. Pascal Couchepin a adoré être conseiller fédéral, se mêler des affaires des autres, peser sur le collège de toute sa belle autorité.
Micheline Calmy-Rey, hors ses deux années présidentielles, s’est souvent contentée d’être une cheffe de département, et s’est peu mêlée des dossiers de ses collègues. Femme, romande, et de gauche, elle a souvent souligné à quel point elle a pu se retrouver minorisée.
Par rapport à ses collègues, elle avait moins de dossiers à faire passer au Conseil fédéral. Quand elle sentait les résistances, elle avait tendance à retirer la proposition et à revenir beaucoup plus tard, voire jamais, générant chez les autres conseillers fédéraux une certaine méfiance, l’impression qu’elle ne jouait pas cartes sur table, qu’elle ne disait pas tout. Ou que comme souvent à ce niveau de pouvoir, elle mentait par omission ou économisait la vérité.
Décrivant notre position sur l’échiquier international, Micheline Calmy-Rey a souvent souligné à quel point «la Suisse n’a pas d’agenda caché». Mais son insistance à utiliser cette expression-là à tout bout de champ tendrait à démontrer qu’elle-même n’avançait pas sans arrière-pensées et sans calculs.
Parmi les messages martelés lors de l’annonce de son retrait pour la fin de l’année, une phrase a surpris: «Je n’ai jamais décidé seule. Les décisions sont collectives. C’est le Conseil fédéral qui est responsable de la politique extérieure de la Suisse.» Une manière de dire qu’elle n’a pas fait ce qu’elle a voulu, qu’elle s’est montrée collégiale, mais que les impasses actuelles – notamment dans la politique européenne – ne sont pas de sa seule responsabilité.
Malgré ces frustrations, elle s’est montrée toujours très collégiale, une sorte d’AOC des conseillers d’Etat montés au gouvernement fédéral. On ne se souvient pas, dit un habitué du Palais, l’avoir entendue cancaner sur les autres conseillers fédéraux.
ELLE AURA VEILLÉ, COMME UNE MÈRE POULE SUR SES POUSSINS, À NE PAS LAISSER TRANSPARAÎTRE LE MOINDRE ÉLÉMENT TENDANT À ACCRÉDITER LA THÈSE QUE LES FEMMES AU GOUVERNEMENT SE CRÊPENT LE CHIGNON.
D’autres décrivent une femme seule, n’ayant guère d’amis à Berne, rentrant à son hôtel plutôt que s’attardant à discuter. Ses camarades de parti l’ont souvent trouvée distante; les socialistes alémaniques n’ont guère compris la conviction et la sincérité qu’elle mettait à défendre le secret bancaire. Ce dimanche, la NZZ am Sonntag ironisait sur cette attitude à contre-courant des positions de son parti, notant que ceux qui l’ont critiquée à droite risquent très vite de la regretter.
Présidente pour l'honneur
Même si elle n’en a rien laissé paraître, la cheffe du DFAE a vécu comme une humiliation sa désignation médiocre à la présidence de la Confédération en décembre dernier. Cent six voix, c’est le pire score jamais infligé par l’Assemblée fédérale. Du coup, elle s’est donné une année pour partir de Berne avec une meilleure image. Elle a décidé d’accomplir une présidence impeccable pour faire mentir les critiques. En 2007 déjà, elle s’était révélée une primus inter pares compétente, soucieuse de bien faire.
La qualité de sa présidence 2011 a été facilitée par l’arrivée d’une majorité de femmes au sein du collège. Féministe, Micheline Calmy-Rey, qui ne s’entend pas très bien avec Doris Leuthard et Eveline Widmer-Schlumpf et qui n’a guère de complicité avec Simonetta Sommaruga, aura veillé, comme une mère poule sur ses poussins, à ne pas laisser transparaître le moindre élément tendant à accréditer la thèse que les femmes au gouvernement se crêpent le chignon.
Mieux, elle a présidé ce printemps à l’historique décision de sortir du nucléaire. Rares sont les présidents de la Confédération qui peuvent se targuer d’un tel bilan.
Répondant à quelques questions sur le choix de la date de son annonce, Micheline Calmy-Rey a d’ailleurs bien insisté sur le fait qu’elle entendait mener sa présidence jusqu’au bout de l’année sans interférence, sans faire l’objet de spéculations et de pressions. Elle entend en savourer chaque minute. Et ensuite: Au revoir Madame.
Profil
MICHELINE CALMY-REY
1945 Naissance à Sion le 6 juillet. Mariée à André Calmy. 2 enfants, 3 petits-enfants.
1968 Licence de sciences politiques (Institut universitaire de hautes études internationales, Genève).
1981 Députée au Grand Conseil genevois.
1997 Elue en novembre au Conseil d’Etat genevois. En charge du Département des finances. Réélue en novembre 2001.
2002 Election au Conseil fédéral. Cheffe du Département des affaires étrangères. Présidente de la Confédération en 2007 et 2011.
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