L'Hebdo;
2006-10-05 L'écologie, c'est aussi faire du fric!
Chacun y va de ses déclarations fracassantes. Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie, qui défend des normes antipollution sévères au risque de s'aliéner l'industrie automobile. Richard Branson, le patron britannique du groupe Virgin, qui prévoit d'investir 3 milliards de dollars dans la production de biocarburant. Quant aux vedettes hollywoodiennes, elles se feraient pendre plutôt que de rouler en 4x4. A moins que celle-ci ne soit équipée d'un moteur hybride, évidemment.
Une mode passagère? Le consensus entre les scientifiques est presque absolu: l'homme joue un rôle dans le réchauffement climatique. Et les gaz à effet de serre pourraient renvoyer l'humanité à l'âge de la pierre si nous restons inactifs. Ajoutez à cela un prix du pétrole propice aux énergies alternatives et vous avez une conjonction de facteurs idéale pour freiner le réchauffement climatique.
Voilà pourquoi le Festival international médias Nord-Sud en a fait le thème de son édition 2006 (voir le programme en page 79) et L'Hebdo un numéro spécial, coordonné par Denis Etienne.
Alors, les fondamentalistes verts avaient-ils raison? On se tromperait de piste en prônant la croissance négative. L'ascétisme et la culpabilité érigés en système, non merci! Ce qui sauvera le climat, c'est le mariage intelligent de l'écologie, de l'innovation technologique et de la recherche du profit.
Regardez les pubs: beaucoup d'entreprises jouent la carte verte. Souvent, c'est du pur marketing. Mais pas toujours. Il y a dans toutes les industries des opportunités qui font rêver: énergies renouvelables, nouveaux matériaux, voitures propres...
La Suisse est bien placée. Elle enregistre un chiffre d'affaires de 8 milliards de francs dans les activités liées à l'environnement. Déjà plus de la moitié des exportations horlogères. Nos universités ont misé depuis longtemps sur ces domaines. Mais, comme nous le rappelait Bertrand Piccard, l'an dernier au Forum des 100, elle a perdu (provisoirement?) sa position de leader. Les premiers producteurs de cellules solaires sont les Japonais. Et les Danois dominent le business des éoliennes.
Avec l'arrivée des Chinois et des Indiens, qui doivent investir massivement dans l'écologie s'ils ne veulent pas crever des effets de la pollution, la concurrence sera rude. Et l'on imagine fort bien que la première voiture propre bon marché ne sera développée ni aux Etats-Unis, ni même en Europe ou au Japon. Mais à Shanghai ou à Bombay.
Si la Suisse veut renouveler son tissu économique, il faut discuter d'une vraie stratégie verte. Voire d'une politique industrielle (esquissée par Bruno Oberle, patron de l'Environnement en Suisse, lire en page 76). L'écologie, c'est chic. Ça permet aussi de créer des emplois. Et de faire du fric. Après tout, l'argent n'a pas de couleur. |
L'ascétisme et la culpabilité érigés en système, non merci
Le prochain Forum des 100
Comment concilier croissance économique et développement durable? La thématique, amorcée au Festival médias Nord-Sud, du 11 au 14 octobre prochains, sera également débattue au prochain Forum des 100 de L'Hebdo. Date de la manifestation: le 31 mai 2007, à l'Université de Lausanne. Pour une information actualisée, voir sous blogs.hebdo.ch
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