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Leaders

Mis en ligne le 22.05.2008 à 00:00

Politiciens, chefs d’entreprise, grands commis, ils prennent les décisions qui forgent le quotidien et l’avenir des Romands.

L'Hebdo; 2008-05-22

Leaders

Politiciens, chefs d’entreprise, grands commis, ils prennent les décisions qui forgent le quotidien et l’avenir des Romands.

Géraldine Savary

L’apôtre de la 3e voie

Cette Lausannoise vient de Bulle, et ça l’aide à mesurer les transformations du pays. Quand elle l'a quittée en 1988, à 19 ans, sa cité natale n’était qu’un bourg rural de 6000 habitants. Parmi les rares industries, celle du bois. Son grand-père, son oncle, ses cousins: ils habitaient tous rue Scioberet, dans les petites maisons avec jardinet construites pour ses ouvriers par la scierie Glasson (reprise par Jean-François Rime, le conseiller national UDC…). Grâce à l’autoroute qui traverse ses champs depuis 1981, Bulle s’est muée en pôle économique. Désormais, la ville recense près de 12 000 habitants. Géraldine Savary aussi a changé. A l’automne dernier, elle est entrée au Conseil des Etats. Elle conserve l’esprit fédéraliste de Domaine public, revue de l’élite socialiste romande dont elle fut rédactrice responsable pendant six ans. Mais elle garde aussi la marque de Bulle: en dehors du développement des infrastructures de transports, pas de progrès! Nouvelle apôtre du rail, et de la 3e voie Lausanne-Genève, elle l’expliquera, et réexpliquera aux Romands, qui n’ont pas encore assez compris la morale de leur histoire..vDaniel Audétat

40 ans, Conseillère aux Etats (soc./VD).

Andreas von Planta

Trait d’union avec Bâle et Zurich

«Faire un portrait de moi?» Andreas von Planta esquisse une moue. Il n’est pas très chaud. Il se prête à l’exercice, mais plutôt à contrecÅ“ur. Pour un peu, il disparaîtrait sous l’épaisse moquette de son bureau. A condition qu’il en possède une, de moquette. Impossible de le savoir: l’entretien a lieu dans une des petites salles anonymisées de son étude genevoise, Lenz & Staehelin, considérée comme la plus grande de Suisse car elle est forte d’un véritable bataillon d’avocats: 150, répartis entre Genève et Zurich pour l’essentiel, mais aussi à Lausanne.

Issu d’une grande famille grisonne, né à Bâle, profondément Bâlois, Andreas von Planta s’est «exilé» à Genève en 1983. Il s’y est plu. Aujourd’hui, cet avocat qui affirme vouloir «rester un homme de l’ombre» est administrateur de deux des plus importants groupes industriels suisses: Holcim – dont il est le vice-président du conseil – et Novartis, qu’il administre depuis 2006. Andreas von Planta conseille aussi l’horloger Raymond Weil. L’industrie, cela le botte. «Nous devons garder en Suisse une industrie innovante. C’est l’un des moteurs intellectuels du pays», résume ce juriste notamment spécialisé dans les fusions et acquisitions. En ce qui concerne ce type d’opérations, ce Bâlois d’origine grisonne a notamment dirigé l’équipe d’avocats du cabinet Lenz & Staehelin, conseils de la famille Bertarelli lors de la vente de Serono au groupe allemand Merck. En raison de ses activités et de ses responsabilités d’administrateur, Andreas von Planta fait figure de trait d’union entre la Suisse romande et les centres économiques de Bâle et de Zurich.vRoland Rossier

53 ans, avocat d’affaires.

Michel Y. Dérobert

Le gardien du coffre-fort

S’il devait en rester un, ce serait peut-être lui. Michel Dérobert n’est pas banquier: ce Genevois qui a grandi à Carouge, étudié à Saint-Gall et s’est construit ses réseaux pendant dix ans à Zurich au sein du Vorort (aujourd’hui: economiesuisse), avant de regagner Genève, est issu d’une lignée de petits industriels. Pourtant, depuis 1990, il est l’inlassable avocat du secret bancaire et des banquiers spécialisés dans la gestion de fortune. Il a été adopté par les banquiers. Il ne cache d’ailleurs pas son admiration pour «ces belles entreprises qui ont créé et continuent de créer de la richesse», ainsi que pour leurs propriétaires. En termes d’emplois, de PIB, de soutien local. Lobbyiste entre tous les lobbyistes, Michel Dérobert les a aussi adoptés, notant avec amusement «beaucoup plus de différences entre deux cousins Pictet qu’entre deux directeurs d’UBS». En Suisse, la tribu des banquiers privés est beaucoup plus colorée que certains ne l’imaginent. Alors, après 18 ans à leur service, il se plaît toujours dans son rôle. Sauf que… Tout gamin, il jouait au foot comme demi-offensif. Préférant l’attaque à la défense, il se désole d’être trop souvent réduit à la fonction de gardien de but pour défendre la place financière et se réjouit que les banquiers suisses, dans leur dernier «master plan», aient adopté une posture beaucoup plus proactive.vRoland Rossier

57 ans, secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses.

Isabelle Moret

Le feu de la rénovation

Elle a préféré se bâtir un destin national avec la vice-présidence romande du Parti radical suisse, plutôt que de courir le risque de gâcher sa réputation cantonale avec la présidence du Parti radical vaudois. Une manière de voir les choses de plus haut, mais pas forcément de plus loin. Ceux des radicaux vaudois qui lui disputaient la vedette ne sont pas encore débarrassés d’elle. Forte de ses nouvelles responsabilités, Isabelle Moret ne se gênera pas pour aider les sections romandes à se refaire une identité qui ne soit pas outrageusement différente de celle du parti suisse, aujourd’hui en pleine effervescence cérébrale et idéologique. Elle pourra même intervenir dans le choix des présidents et des vice-présidents. Une sorte de préfète ou de commissaire fédérale chargée de tester le radicalisme des provinciaux et de leur enseigner la bonne parole. Mère d’une enfant de huit mois, avocate à Lausanne, conseillère nationale et ancienne députée au Grand Conseil vaudois, douée d’une exubérance de vie peu commune que ses adversaires prennent pour de l’agitation, et d’un émerveillement d’être qui pourrait passer pour une ambition forcenée, on est moins séduit par ses convictions, si admirables puissent-elles être, que par l’ardeur avec laquelle elle les défend.vPierre-André Stauffer

37 ans, conseillère nationale radicale vaudoise et vice-présidente romande du Parti radical suisse.

Robert Deillon

Le Federer de l’aviation civile

FRANÇOIS LONGCHAMPCONSEILLER D’ÉTAT ET PRESIDENT DE L’AIG

Comme Roger Federer, il cumule deux qualités rares: brio et modestie. A 56 ans, Robert Deillon aurait pourtant de légitimes motifs d’orgueil, deux ans à peine après sa nomination comme directeur général de l’Aéroport international de Genève (AIG). A son arrivée, paralysé par un litige avec Air France, l’AIG n’avait plus investi dans son infrastructure depuis cinq ans.

Robert Deillon a amené un changement spectaculaire. Cet endurant fanatique de vélo fonce là où d’autres ne voient que des obstacles. En quelques semaines, il a contribué à redéfinir la stratégie de l’AIG. Les relations avec Air France se sont normalisées. Puis l’aéroport est devenu, par la volonté populaire, propriétaire de ses bâtiments. Ce qui a permis, en septembre dernier, de lancer l’un des plus grands chantiers sur l’aérogare depuis 1968.

Un chantier urgent: l’AIG, avec un million de passagers supplémentaire par an, risquait l’asphyxie. Ce n’est qu’un début. Il faut préparer déjà les prochaines étapes de la modernisation du tarmac et du terminal. Car bientôt, il s’agira d’accueillir 15 millions de personnes par an.

Robert Deillon a aussi spectaculairement amélioré les résultats de l’AIG, dont les bénéfices ont crû annuellement de quelque 30% en 2006 et en 2007.

Robert Deillon connaît les besoins de l’aviation pour y avoir occupé, dès 1980, diverses fonctions à responsabilités. Une connaissance qui en fait un acteur de l’avenir de la Suisse romande. Dans une économie globalisée, notre région ne peut se passer d’un aéroport dynamique.v

56 ans, directeur général de l’Aéroport international de Genève.

Jean-François Roth

Cinq fois président?

Il court, il court, Jean-François Roth. Ceux qui avaient enterré l’ancien ministre jurassien au terme de son mandat politique en sont pour leurs frais. A travers cinq mandats de présidence, Jean-François Roth s’engage sur tous les fronts: Suisse tourisme, la RTSR, la commission intercantonale des loteries, sans parler de deux activités dans la culture et l’agriculture jurassiennes. Il a son deuxième bureau dans les trains et son troisième domicile - après Courtételle et Vienne - dans les hôtels du monde entier.

Avant l’Eurofoot, le président de Suisse tourisme est confiant. «Nous assistons à un véritable décollage: 2007 a été une excellente année et la croissance du tourisme en Suisse est désormais plus forte qu’en Autriche», se réjouit-il. Mais les défis ne manquent pas. Il faut encore améliorer l’infrastructure hôtelière de moyenne catégorie. Et surtout préparer les stations de moyenne montagne à se réorienter dans l’optique du réchauffement climatique.vMichel Guillaume

56 ans, président de Suisse tourisme et du conseil régional de la RTSR.

Albert Michel

Le banquier touche-à-tout

PASCAL CORMINBÅ’UFPRESIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT FRIBOURGEOIS

Il est sur tous les fronts, Albert Michel. A près de 60 ans, le directeur de la Banque cantonale de Fribourg (BCF) se passionne toujours pour des projets novateurs. Le président de la direction générale de la BCF parie désormais sur les énergies renouvelables aux côtés de Nicolas Hayek, qui a créé l’an dernier Belenos Clean Power SA, une holding qui devrait notamment produire des électrolyseurs. La BCF va prendre une participation d’un million de francs dans un ou deux satellites de la nouvelle holding. A l’origine du projet, il y a le Groupe E et Swatch qui veulent créer une technologie à la fois solaire et électrique. Objectif: mettre au point une pile performante pour les constructeurs automobiles. Tout a commencé en 2005 quand Michelin, le fabricant français installé à Givisiez, dans le Grand-Fribourg, a mis au point la Hy-Light, la voiture de demain que Moritz Leuenberger a conduite le 27 mars 2007. Ce véhicule fonctionne à l’hydrogène grâce à une pile à combustible.

Depuis qu’Albert Michel a repris les rênes de la BCF en 1993, les records tombent: l’an 2007 a ainsi marqué la 14e année consécutive de progression des résultats. Touche-à-tout, le radical a été le fondateur et président du Comptoir gruérien, à Bulle, désormais la 4e foire commerciale en importance de Suisse romande. Cette belle gueule, qui a un visage sorti tout droit d’un tableau de Piero della Francesca, a aussi présidé le groupe de travail pour la création de la société Capital risque Fribourg SA, dont il est actuellement administrateur. Le Gruérien siège aussi dans une dizaine de sociétés, dont Green Watt SA, spécialisée dans l’exploitation d’installations de production ainsi que de distribution d’énergie dans le domaine des énergies renouvelables. En bon père de famille, le banquier sait que ce segment est porteur et qu’il ne va pas mettre ses actionnaires sur la paille.v

59 ans, président de la direction générale de la Banque cantonale de Fribourg.

Al-Walid bin Talal

Le prince des affaires

Petit-fils du roi Ibn Saoud, le prince Al-Walid a posé sa tente en Suisse en acquérant la chaîne Swissôtel, héritage de la défunte Swissair, et l’Hôtel des Bergues à Genève. L’homme le plus riche du monde arabe avec une fortune estimée par Forbes à 11 milliards de dollars (19e sur le plan mondial) ne passe pas inaperçu quand il pose son Jumbo 747 privé sur le tarmac de Cointrin. Ce Libano-Saoudien à la fortune ostentatoire ne se déplace pas sans sa cour de 30 personnes. Propriétaire des chaînes Fairmont, Four Seasons et Raffles, avec des joyaux comme le George V à Paris et le Royal Savoy à Londres, le prince Al-Walid ne cachait pas, lors d’une interview accordée à L’Hebdo en 2006, son intention d’intensifier ses relations avec la Suisse. Mis à part la vente des murs du Montreux Palace à un fonds d’investissement et son changement d’enseignes de Raffles en Fairmont, la caravane a passé sans que les chiens aboient. Il faut dire que le prince a misé lourd sur la Citibank, grosse perdante des subprimes. Et que son esprit imaginatif caresse d’autres projets fous, comme cette tour d’un mile de hauteur (1,6 km) qu’il veut construire à Jeddah avec des ingénieurs de la firme britannique Arup. Evaluée à 5 milliards de livres, elle serait deux fois plus haute que le Burj en construction sur les terres de son rival de Dubaï, le cheikh Al-Maktoum!vOlivier Grivat

53 ans, prince.

Pedro Simko

Un Romand dans l’arène de la pub mondiale

Assis à son bureau, Pedro Simko vise la corbeille à papier, mais la canette de soda vide arrive pile sur la tête d’un collaborateur, heureusement sans heurts. Promu l’année dernière au comité exécutif mondial du groupe Saatchi & Saatchi, le publicitaire a su garder une mentalité joviale très «start-up».

Que de chemin parcouru pour cet Austro-Argentin depuis la fondation il y 17 ans de l’agence de publicité qui a longtemps porté son nom. Désormais intégrée à un réseau international, elle est devenue, avec 92 employés, la deuxième agence du pays derrière Publicis. Un exploit pour une entité romande.

L’année passée a été décisive pour ce diplômé de Harvard. Outre ses nominations à la direction du groupe britannique, tant au niveau mondial qu’européen, il ouvre une succursale de 15 employés à Zurich et continue de gérer le client mastodonte Novartis qui l’avait propulsé il y a quatre ans dans la cour des grands.

Genevois d’adoption, il se sent reconnaissant envers la Suisse, pays «bourré de talents mais pas assez sûr de ses forces», qui lui a donné l’opportunité de se réaliser professionnellement. Il regrette cependant de devoir se battre de plus en plus souvent pour une multitude de petits détails administratifs. Aussi appelle-t-il de ses vÅ“ux le maintien d’un environnement dynamique, évitant une trop grande fuite des cerveaux sous des cieux plus cléments.

En ce qui concerne l’avenir de la publicité, il le voit résolument dans l’intégration active du consommateur. «On ne peut plus aujourd’hui simplement matraquer un message. Des lovemarks telles que Lush, Starbucks ou Apple utilisent de moins en moins les supports classiques pour se tourner vers les communautés sur le net, les blogs et le bouche à oreille.» Combler ce retard vis-à-vis d’un public de plus en plus interconnecté représente son principal objectif, maintenant qu’il dispose du pouvoir de transformer les structures sur une large échelle.vWILLIAM TÜRLER/LARGEUR.COM

50 ans, publicitaire.

Yves Rossier

Bientôt la «flexicurité»?

C’est un haut fonctionnaire qu’on verra de plus en plus. Ce Fribourgeois assume depuis quatre ans la direction de l’Office des assurances sociales. Après avoir remis l’Assurance invalidité sur de bons rails – le nombre de rentes a baissé d’un tiers en quatre ans –, c’est lui qui, ces prochains mois, ouvrira un énorme chantier, celui de la douzième révision de l’AVS.

Va-t-on inéluctablement vers une hausse de l’âge de la retraite à 66, voire 67 ans? Question encore prématurée: «Nous ne sommes que dans une phase préparatoire et nous avons le temps de réfléchir, car le compte de l’AVS ne se videra pas avant 2021 au plus tôt», précise-t-il. Mais une chose est sûre. Cette douzième révision marquera l’avènement d’une nouvelle notion, celle de la «flexicurité». Face à un marché du travail qui exige de plus en plus de flexibilité des travailleurs, les politiques devront imaginer une palette de prestations beaucoup plus diversifiée, comme la demi-rente dès 60 ans.vMichel Guillaume

47 ans, directeur de l’Office des assurances sociales.

Stephen Urquhart

L’agent secret

L’homme est plutôt discret – un héritage de ses origines anglo-saxonnes, peut-être? – et pourtant, à la tête d’Omega, l’un des vaisseaux amiraux de Swatch Group (avec quelque 700 000 montres par an), Stephen Urquhart aurait de quoi être fier. Qui plus est en cette année 2008, année olympique dont la marque est chronométreur officiel; année du nouveau James Bond, Quantum Of Solace, dont Omega sera au poignet de l’agent secret; année qui verra également son calibre à échappement coaxial, créé, produit et lancé officiellement l’an dernier après trente-cinq ans de disette, équiper ses différents modèles; année qui verra par ailleurs Omega lancer la production industrielle d’un spiral en silicium, année enfin qui devrait voir le projet Solar Impulse rentrer dans une phase plus intensive, dont la marque est l’un des partenaires principaux. Né le 31 mai 1946 à Trinidad, et après des études classiques en Grande-Bretagne, puis à l’Université de Neuchâtel, Stephen Urquhart «entre» très vite en horlogerie. Son employeur alors? Omega, qu’il quitte en 1974. Il y reviendra en 1999 au poste de directeur général. Entre temps, il se frotte à d’autres grandes maisons, notamment Audemars Piguet, pendant vingt-trois ans (directeur des ventes puis administrateur délégué), mais aussi Jaeger-LeCoultre (membre du directoire) ou, encore, Blancpain (directeur général). Hors Omega, Stephen Urquhart aime le golf, qu’il pratique depuis une trentaine d’années, avec des amis et ses fils, ou en compagnie de grands joueurs de la planète, mais aussi la mer et la montagne.vDidier Pradervand

61 ans, directeur général d’Omega.

Xavier Oberson

Expert en fiscalité

ORIANNE COLLINSFONDATION LITTLE DREAMS

Xavier Oberson est avocat et professeur de droit fiscal suisse et international à l’Université de Genève. Il a été particulièrement actif sur divers fronts, touchant aussi bien à la fiscalité, son domaine de prédilection, qu’à d’autres activités très diverses, témoignant par là d’un éclectisme marqué et d’une grande ouverture d’esprit. Il a notamment défendu avec vigueur la position de la Suisse face aux attaques de l’Union européenne ou d’autres Etats. En parallèle, il aide fréquemment les administrations fédérales et cantonales dans la réflexion tendant à dessiner un système fiscal à la fois compétitif et respectueux des principes fondamentaux. Du reste, il codirige une mission au Maroc destinée à présenter un projet de réforme fiscale écologique. Il tente d’ailleurs de transmettre cet enthousiasme communicatif à ses étudiants à l’université. Outre ses activités académiques, Xavier Oberson a été particulièrement remarqué à propos de certains dossiers épineux ou médiatiques qui ont ébranlé la république, comme la venue de certaines stars du monde sportif ou artistique, ou la résolution de litiges fiscaux d’envergure. Connu pour ses talents de négociateur, il essaye toujours d’aboutir à une solution à la fois rigoureuse et satisfaisante pour les parties, non sans user de quelques touches d’humour pour détendre l’atmosphère dans les moments délicats. Les talents de Me Oberson se déploient également dans des domaines moins connus, tels que la musique, à l’instar de sa participation aux conseils de Fondation du Montreux Jazz Festival, ou, depuis récemment, de la Fondation Little Dreams.v

46 ans, avocat et professeur de droit fiscal suisse et international à l’Université de Genève.

Bruno Vayssière

Penseur «hors cadre»

XAVIER COMTESSEDIRECTEUR ROMAND D’AVENIR SUISSE

Parler de Bruno Vayssière c’est aussi difficile que de parler avec lui. Il pense vite. Parle encore plus vite et saute sans cesse d’un sujet à l’autre. Trop de références, trop de savoir et trop de vécu l’amènent à associer tout à tout. Il a sans doute raison car notre monde se caractérise par la complexité. Mais c’est tout de même surprenant, particulièrement la première fois que vous le rencontrez.

Mais, dès lors que vous prenez le temps d’entrer dans son univers, alors les choses vont beaucoup mieux. Vous découvrez un des hommes contemporains les plus passionnants qui sait évoquer notre réalité changeante. Il sait aussi parler en dehors des cadres traditionnels et ainsi vous emmener à la découverte de concepts nouveaux, souvent décoiffants.

Passionné de la chose publique, Bruno invente en permanence l’urbanisation de notre futur. Sans jamais prédire quoi que se soit, son approche tient plus dans sa capacité à mettre ensemble les tendances et tensions de la société. L’écouter «patiemment» c’est ainsi entrer dans nos propres tensions et contradictions et évoluer… un peu…v

57 ans, professeur, urbaniste, architecte, penseur, directeur de la Fondation Braillard… et, accessoirement, Appenzellois…

Bernard Rüeger

Des thermomètres dignes de la haute horlogerie

ALEXANDRE ZELLERMEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION ET DU COMITE DIRECTEUR DE LA CHAMBRE VAUDOISE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE (CVCI)

Avec son frère Jean-Marc, Bernard Rüeger est la preuve vivante qu’une entreprise familiale peut s’adapter et connaître le succès dans le monde globalisé des mégaacteurs économiques. Il suffit pour cela d’avoir de solides racines – Rüeger SA a été fondée en 1942 – et une vision claire des enjeux contemporains. Il en prend le pouls en arpentant le monde à bord d’engins divers (Harley-Davidson, avions de voltige, etc.) qu’il ne laisse à personne d’autre le soin de piloter. Grâce à cela, Bernard Rüeger a hissé la mesure de la température et de la pression au rang d’un art aussi précis et sophistiqué que celui de la haute horlogerie. Ses thermomètres de précision équipent aujourd’hui les plus grandes marques et sont produits entre la Chine, la Malaisie et… Crissier où se trouve le siège de la société. A la tête de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie ainsi que par de nombreux engagements associatifs, Bernard Rüeger est un promoteur actif et régulier du développement des PME qui fondent le tissu économique de notre pays.v

50 ans, directeur général de Rüeger SA.

Olivier Guéniat

Un mutant?

MONIKA DUSONGANCIENNE CONSEILLERE D’ÉTAT

Olivier Guéniat est devenu chef de la Sûreté du canton de Neuchâtel à 30 ans. Il a obtenu le diplôme de police scientifique et de criminologie à l’Université de Lausanne en 1991, puis le titre de docteur en sciences forensiques en 2001.

Aujourd’hui il est LA référence lorsqu’il s’agit de disséquer les phénomènes de la criminalité et de la violence, notamment des étrangers et des jeunes. Par ses analyses scientifiques, il démystifie et démonte des croyances populaires, largement colportées par la presse. Il participe ainsi activement à clarifier le débat et à le ramener sur des bases rationnelles. Son livre paru en automne 2007 (La délinquance des jeunes, l’insécurité en question, dans la collection Le savoir suisse) connaît un réel succès.

Son regard aigu et humaniste sur la société ainsi que sa capacité de mettre en perspective les phénomènes qu’il constate, l’amènent à ne pas se contenter de dénoncer ou d’élucider les crimes. Il cherche à comprendre et surtout à agir. Il a ainsi été l’instigateur de plusieurs projets neuchâtelois pluridisciplinaires, entre autres un programme de prévention de la délinquance juvénile (qui porte ses fruits selon les chiffres en baisse de la statistique) ou encore la loi cadre de lutte contre la violence au sein du couple, première du genre puisque d’une approche globale.

Assurément, ce mutant de la fonction de chef de la Sûreté mérite amplement de figurer parmi le palmarès des 100.v

41 ans, chef de la Sûreté neuchâteloise.

Jean-Christophe Babin

L’homme pressé

La première chose qu’on remarque chez Jean-Christophe Babin est son regard et les montures rouges de ses lunettes – TAG Heuer évidemment - puis, c’est son débit de voix, rapide et précis quelle que soit la langue. Né en 1959 à Paris, l’homme a débuté sa carrière, loin de l’horlogerie, dans les cosmétiques et les produits détergents. Détenteur d’un MBA, il fait en effet ses armes de manager et de roi du marketing chez Procter & Gamble, chez Boston Consulting, et puis auprès du groupe allemand Henkel, dont il devient, à 39 ans, Senior Vice President. C’est là que, en 2000, le groupe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) vient le chercher pour lui confier les rênes de TAG Heuer racheté un an auparavant. En quelques années, il va drastiquement repositionner la marque, tant au niveau de ses produits, de son réseau de distribution, et évidemment de son marketing, en s’adjoignant notamment les services et l’image d’ambassadeurs prestigieux comme Tiger Woods, Brad Pitt ou Uma Thurman. S’il aime la vitesse, celle de ses propres voitures, ou celle des GT et des Formule 1 qu’il pilote grâce au partenariat de TAG Heuer avec l’écurie McLaren Mercedes, il adore aussi pousser ses troupes à innover, toujours et encore, à améliorer sans cesse la précision des chronographes, fers de lance de la marque, et à oser les Concept Watches (Monaco 69, Monaco V4, Calibre 360 ou Calibre S) qui, peu à peu, prennent corps et réalité. Marié, père de 5 enfants, Jean-Christophe Babin est également féru de voile...vDidier Pradervand

49 ans, président et CEO de TAG Heuer.

Viviane Jutheau de Witt

Une femme au feu sacré

NADIA MAGNENAT-THALMANNDIRECTRICE DU MIRALAB, UNIVERSITE DE GENEVE

Mme Jutheau de Witt est une personne remarquable par sa vivacité, son dynamisme et son engouement constant pour la culture. Nouvelle directrice générale de Radio Cité, elle est aussi présidente de la Foire de Genève et vice-présidente de Palexpo. C’est dire si elle contribue grandement à la vie de la cité de Calvin et de la région. Ayant pratiqué pendant plus de vingt ans le métier de commissaire-priseur à Drouot, à Paris, la culture est son domaine de prédilection. Afin de faire partager la culture à un grand nombre de personnes, Mme Jutheau de Witt a créé la Fondation des Chênes dans le but d’amener la culture à un plus grand nombre de personnes via la télévision et la radio. C’est pour cette raison que la fondation produit, deux fois par mois sur Léman Bleu, les Feux sacrés, programme animé par Mme Jutheau de Witt. En reprenant Radio Cité, une radio associative qui, faute de ressources, allait définitivement fermer son antenne, Viviane Jutheau de Witt a décidé d’y consacrer l’essentiel de son temps. Par ailleurs, elle préside la Commission culture et est aussi conseillère municipale à Vandoeuvres.v

60 ans, présidente de la Foire de Genève.

Eric Voruz

L’autodidacte

STEPHANE MONTANGERODEPUTE PS AU GRAND CONSEIL VAUDOIS

Il s’est fait tout seul. Et ce ne fut pas tous les jours simple. Alors que d’autres sont venus au monde avec une cuillère en platine dans la bouche, Eric a appris dès son plus jeune âge à se battre. En institution comme dans la vie. Et ce que le mot «justice» pouvait signifier si on se battait pour elle.

Eric est autodidacte. Elevé par d’autres, il a su apprendre par lui-même. Egalement en partageant avec les gens qui l’ont entouré, notamment au syndicat et au parti socialiste. En effet, à l’époque il ne pouvait se payer le collège, alors il a gagné sa vie dès la sortie de l’école obligatoire. Il est entré à La Poste. Et il y a appris à se battre pour les causes qu’il sait justes, au premier rang desquelles le service public, la défense des plus faibles, le respect des travailleurs et des familles migrantes.

Son plus gros regret est de ne pas avoir été élu à la présidence du parlement morgien, la droite lui barrant obstinément la route. Mais la «Coquette» lui a rendu 1000 fois davantage en l’élisant à la Municipalité en 1986, puis à la syndicature en 1994. Il abandonne alors son siège de député vaudois qu’il occupait depuis 1982. Et ce n’est pas sans émotion qu’il renonce à ce poste une fois connue son élection au Conseil national en octobre 2007.

Mais il est comme cela Eric: il fait ce qu’il dit. Il avait promis de ne pas exercer de double mandat en cas d’élection au Conseil national, de se battre pour que la Muni reste à gauche et la syndicature en mains PS. Promesses tenues. Comme tant d’autres.v

62 ans, conseiller national socialiste (VD). stéphane

Philippe Virdis

Une vision et une révolution

Attention, cet homme fomente une vraie révolution dans la production d’électricité. Philippe Virdis imagine installer à moyen terme dans chaque foyer ou presque une minicentrale électrique de la taille d’une machine à laver, soit un électrolyseur - appareil séparant l’eau en hydrogène et oxygène - alimenté par l’énergie solaire. «Quelque 55 m2 de panneaux solaires pourraient suffire à couvrir de 50 à 70% des besoins énergétiques d’une famille, y compris le plein du réservoir d’hydrogène d’une voiture entièrement propre», affirme-t-il. Philippe Virdis a donc associé son groupe à Swatch, celui de Nicolas Hayek, pour créer la nouvelle société Belenos Clean Power.

Un homme, et un paradoxe aussi. Si Philippe Virdis croit au développement des énergies renouvelables, il est aussi convaincu que la Suisse ne pourra pas se passer du nucléaire, ni de la construction de quatre centrales combinées à gaz, comme le Groupe E veut en construire une à Cornaux (NE).vMichel Guillaume

60 ans, directeur général du Groupe E.

Pascal Zuberbühler

Gardien controversé

En Suisse, Pascal Zuberbühler est un «people» dont les médias raffolent. Rarement personnalité n’a autant alimenté la controverse ni reçu autant de critiques violentes. Ses bourdes dans les buts de l’équipe nationale de football sont devenues le terreau de plaisanteries populaires, alors que ses exploits ont plongé le pays dans l’euphorie. «Je ne laisse pas indifférent, accepte Zubi. Mais je l’assume. J’ai toujours dit ce que je pensais.» Même si parfois cela fait mal: «Des coups de poignard dans le dos, j’en ai reçu beaucoup. Avec le temps, j’ai remarqué que j’avais les épaules larges et que je pouvais supporter beaucoup.» Puis, philosophe: «Si je mesurais 15 centimètres de moins et que ma voix était moins grave, je ne serais pas autant médiatique. Dans un groupe, je suis toujours celui que l’on remarque.»

Pour l’histoire, Zubi restera le gardien qui n’a encaissé aucun but durant la Coupe du monde de football en Allemagne, en 2006. En seize ans de carrière, le dernier rempart de l’équipe nationale, relégué sur le banc ce printemps par Köbi Kuhn, a roulé sa bosse en Suisse, en Allemagne et en Angleterre, collectionnant titres et honneurs dont il se dit «fier».

L’homme est attachant, bien loin de l’image arrogante qu’il peut dégager. La preuve par son intégration rapide et totale à Neuchâtel, même si son mandat, débuté en 2007, n’a pas été reconduit, faute de moyens.

«Je suis ouvert, je ne refuse jamais le contact», indique le ferblantier-couvreur thurgovien. «J’apprécie la mentalité moins stressante et le respect de l’humain que l’on rencontre en Suisse romande.»

A 37 ans, le gardien approche de sa fin de carrière. Y pense-t-il? «Pas encore. Je suis footballeur et rien d’autre ne compte.» Pourtant, le monde de l’économie fait les yeux doux à ce quadrilingue, excellent porte-image. Tellement bon d’ailleurs qu’on peut soupçonner une stratégie marketing favorable à sa reconversion: «Absolument pas. Je suis entré dans le football par hasard et ce sont les détails qui m’ont construit.»vpatrick oberli

37 ans, gardien en second de l’équipe nationale.

Christine Théodoloz-Walker

L’entrepreneur social à succès

BLAISE MATTHEYDIRECTEUR GENERAL DE LA FEDERATION DES ENTREPRISES ROMANDES

Il y a ceux qui parlent de la réinsertion professionnelle sans y connaître grand-chose et il y a ceux qui, inlassablement, la concrétisent au quotidien. Christine Théodoloz-Walker appartient à la deuxième catégorie. Directrice générale d’IPT (Intégration pour tous), une fondation créée il y a trente-cinq ans par des patrons pour servir de pont entre les exclus du marché du travail et les entreprises, elle a réussi à lui donner une envergure nationale en ouvrant des bureaux un peu partout en Suisse romande, au Tessin et en Suisse alémanique, en particulier à Zurich. Bel et rare exemple d’expansion outre-Sarine d’une entreprise romande, car c’en est une, même si sa vocation est sociale. Cela lui a valu le soutien des autorités fédérales et cantonales, de grandes compagnies d’assurance, de politiciens de tous bords et de plusieurs milliers d’entreprises.

Cette Haut-Valaisanne bilingue, agréable, mais très tenace comme il se doit, mène sa tâche depuis 1996 avec enthousiasme et rigueur. Le taux de réinsertion des personnes dont IPT a la charge a été de 39,5% l’an passé. Un chiffre exceptionnel pour les cas difficiles qui lui sont confiés. Un succès qu’IPT doit à sa directrice générale, femme entrepreneur 2006, laquelle ne manque jamais de rappeler qu’il est avant tout celui de ses collaborateurs et des personnes atteintes dans leur santé qui retrouvent le chemin de l’emploi.v

59 ans, directrice générale

Urs Schwaller

Le brillant papable

Le 13 décembre dernier, si Eveline Widmer-Schlumpf n’avait pas accepté son élection, c’est très certainement lui qui aurait été élu à la place de Christoph Blocher au Conseil fédéral. Chef du groupe parlementaire PDC, conseiller d’Etat fribourgeois durant douze ans avant de passer au Conseil des Etats, Urs Schwaller est un professionnel de la politique. De son propre aveu, son activité d’avocat qu’il a reprise ne l’occupe qu’à 20 ou 30 %. L’essentiel de son temps étant pris par les séances de commission (il siège dans les plus prestigieuses) et celles du parti. A la prochaine vacance au Conseil fédéral, il reste sur la liste des papables. Que ce soit une vacance PDC… ou de tout autre parti.vTitus Plattner

55 ans, chef du groupe PDC aux Chambres, Fribourg.

Dominique Burger

Bâtonnier très genevoise

Cette avocate genevoise – très Genevoise au demeurant, originaire de Veyrier – vient d’achever ses deux ans «réglementaires» à la tête de l’Ordre des avocats. Comme bâtonnier. Pas bâtonnière? «Non. On m’a demandé comment il fallait me nommer. J’ai choisi bâtonnier. Bâtonnière, cela aurait trop rappelé la femme du bâtonnier.» Deux ans pendant lesquels elle n’a pas compté ses heures, entre ses fonctions de représentation mais surtout de médiation entre ses collègues, souvent bagarreurs au bout du lac Léman. Ce qui la désole: «L’avocat peut inutilement être agressif envers ses confrères.» Cette native du signe du Bélier a adouci, pour l’occasion, son tempérament plutôt volontaire. «Je cherche à privilégier une solution à l’amiable. Sauf si une conciliation est impossible», résume-t-elle. Le 14 mars dernier, à l’occasion de son ultime apparition comme bâtonnier, ses pairs lui ont offert un joli cadeau: un ouvrage centré sur l’avenir d’une profession pour laquelle, dit-elle, «ma passion reste intacte depuis trente ans».vroland rossier

53 ans, avocate.

Mougahed Darwish

Le technicien de la direction de Swatch

Mougahed Darwish rechigne à parler de lui-même. Pourtant, il aurait de quoi afficher une légitime fierté. Son parcours, de cette Egypte qu’il a quittée à 18 ans pour rejoindre l’Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne (ancêtre de l’EPFL) à la direction du groupe Swatch qu’il a intégrée en 2005, en passant par le Centre électronique horloger (ancien CSEM), un doctorat en physique, puis son entrée, en 1979, à EM Microelectronic-Marin avant d’être «aspiré par le vide» vers la direction de l’entreprise, sort de l’ordinaire. «Je suis arrivé à Marin comme chef de projet dans une joint venture avec une start-up américaine issue de chercheurs d’Intel et de National. Nous avions créé une nouveauté mondiale: la mémoire électronique non volatile. La crise horlogère n’a pas permis de la commercialiser ici. Cela s’est fait aux Etats-Unis…» Mougahed Darwish, s’il occupe désormais le poste d’administrateur-délégué, a toujours son bureau à Marin, fidèle a une société qu’il a fait passer du néant (13 millions de francs de pertes en 1982 pour un chiffre d’affaires à peine plus élevé en 1982) au succès: «Nous sommes bien profitables et nos ventes ont été multipliées par un facteur supérieur à 10. A l’époque, Nicolas Hayek, qui souhaitait assurer son approvisionnement en circuits intégrés, a été déterminant.»

Son rôle au sommet de Swatch? «Je suis un peu le technicien de la direction», résume sobrement le président du secteur électronique de Swatch. Plus récemment, Mougahed Darwish s’est vu confier une nouvelle mission: le suivi de Solar Impulse, l’avion solaire de Bertrand Piccard, et de Belenos, le projet d’optimisation de la chaîne énergétique lancé par Nicolas Hayek. «Je suis passé de la gestion des nanowatts à celle des gigawatts. C’est une découverte.» Mais la démarche est passionnante: «Parce que Belenos dépasse l’objectif industriel et qu’il pourrait changer le rapport à l’énergie de la société.»vPatrick oberli

64 ans, membre de la direction du groupe Swatch.

Pierre-François Leyvraz

Un expert en orthopédie à la tête du CHUV

Du jamais vu depuis plus de vingt ans: c’est un médecin, qui dès l’été prochain, occupera le siège de directeur général du CHUV. Il est vrai que l’homme qui a été désigné a tout pour être à la hauteur de la situation. Chirurgien orthopédique dont la renommée a largement dépassé le cadre de nos frontières, Pierre-François Leyvraz n’en est pas à son coup d’essai en matière de gestion hospitalière. Depuis 1996, ce Lausannois cumule en effet les fonctions de chef du service d’orthopédie et de traumatologie de l’appareil moteur au CHUV et de directeur médical de l’Hôpital orthopédique de la Suisse romande. C’est d’ailleurs à lui que l’on doit la fusion récente entre ces deux établissements hospitaliers. Spécialiste de chirurgie reconstructive des membres inférieurs, ce clinicien a toujours eu un fort penchant pour la recherche. Dans les années 80, il a ainsi été «l’un des premiers» à collaborer avec l’EPFL – où il a depuis été nommé professeur titulaire – pour concevoir une nouvelle prothèse du genou. Un long travail qui a porté ses fruits puisque cet implant, commercialisé depuis deux ans par Symbios SA à Yverdon-les-Bains, «a déjà été vendu à un millier d’exemplaires à travers toute l’Europe».

Persuadé que «le geste clinique est grandement amélioré par les connaissances théoriques», le médecin a donc toujours cherché à «marier le mieux possible les sciences fondamentale et clinique». Il aura l’occasion de poursuivre dans cette voie lorsqu’il sera à la tête du CHUV. Le «grand projet» est en effet la création d’une école de biologie et de médecine, dont Pierre-François Leyvraz souhaite faire une «Medical school, au sens anglo-saxon du terme». Il s’agira «de fusionner, dans le cadre de l’Unil, la Faculté de médecine et le CHUV pour les placer sous une seule gouvernance». Un objectif ambitieux, qui se fera par étapes et pourrait, «si tout va bien», commencer à prendre corps en 2009 ou 2010.vElisabeth Gordon

58 ans, futur directeur général du CHUV.

Erminio Eschena

La mobilité dans les gênes

«J’avais le choix entre de nombreuses destinations beaucoup plus ensoleillées, mais c’est la Suisse que j’ai choisie. La Suisse, ce sont trois pays en un seul, ce qui en fait un marché passionnant.» Erminio Eschena s’installe à Genève en 2006 pour réformer la filiale suisse du Club Med. «Restructurer l’ensemble de l’entreprise - et notamment centraliser l’administration dans une seule ville - faisait partie des conditions que j’avais fixées à ma venue.» Les résultats ne se font pas attendre: le Club Med suisse, qui emploie 35 personnes, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 65 millions de francs en 2007, en progression de 12%.

Non, Erminio Eschena n’a pas commencé sa carrière au Club comme GO dans un camp de vacances. Ce Napolitain d’origine s’installe à Paris à 19 ans pour «apprendre le français dans la rue» et étudier les sciences politiques. Il s’investit ensuite à fond dans sa passion: la musique. «Comme je ne joue d’aucun instrument, je travaillais dans l’organisation de concerts. En collaboration avec le Ministère de la culture français, j’ai notamment contribué à exporter la Fête de la musique en Europe. Notamment vers Naples d’ailleurs!» C’est un peu par hasard qu’il atterrit dans l’industrie du voyage, entre Paris, Milan et Zurich. Aujourd’hui, ce père d’une fille de 15 ans adore faire voyager les Suisses. «C’est une clientèle exigeante, qui dépense beaucoup et s’envole volontiers très loin. La montée en gamme du Club Med correspond bien à ses aspirations, c’est en quelque sorte un marché précurseur pour le groupe.»vGabriel Sigrist/Largeur.com

39 ans, directeur du Club Med Suisse.

Cristina Gaggini et Pascal Gentinetta

Place aux jeunes!

Quel rajeunissement des cadres à la tête d’economiesuisse! A Zurich, c’est un jeune Valaisan, Pascal Gentinetta, qui devient directeur à l’automne 2007. Il a remporté son premier combat de justesse. «Nous avons gagné 7-6 au tie-break du set décisif», commente-t-il après le tout petit «oui» du peuple à la deuxième réforme de la fiscalité des entreprises.

Ce passionné de tennis et de bon vin est aussi affable dans les formes que dur sur le fond. A peine arrivé à sa tête, il a musclé l’association faîtière de l’économie, dont il veut accroître l’influence à Berne. Il prépare déjà la mère des batailles pour l’économie suisse: la reconduction en 2009 de l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. «Il est capital de consolider les fondations de la voie bilatérale qui a fait ses preuves.»

A l’antenne romande, c’est Cristina Gaggini qui succède à Chantal Balet ce printemps. Titulaire d’une licence en sciences politiques, cette Tessinoise a travaillé à l’Office suisse d’expansion commerciale (OSEC), puis à la Vaudoise. «Outre les priorités nationales, je souhaite aussi rapprocher l’économie des femmes et les pousser à s’intéresser à des sujets comme la fiscalité ou les finances.»vMichel Guillaume

38 ans, responsable de l’antenne romande d’economiesuisse à Genève. 38 ans, directeur d’economiesuisse à Zurich.




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