L'échec du système Poutine
INCENDIES. La «verticale du pouvoir» explique l’attentisme des responsables régionaux. Mais Poutine réussit à se mettre en scène comme l’homme de la situation.
Il est des hasards du calendrier qui font mal. Il y a dix ans exactement, le 12 août 2000, coulait le sous-marin Koursk en mer de Barents, avec 118 marins à son bord. Bienheureux dans sa résidence méridionale de Sotchi, l’encore inexpérimenté Vladimir Poutine ne jugeait pas indispensable de rentrer à Moscou.
Pire, il s’affichait aux infos tout sourire, en train de griller des saucisses sur son barbecue. Aussi inconscient du drame national qui se jouait que l’avait été Mikhaïl Gorbatchev en avril 1986, minimisant l’explosion d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
Poutine a appris de ses erreurs. Mais il a sans doute jalousement gardé ces enseignements pour lui. Aujourd’hui, il voit l’histoire se répéter avec ses camarades de pouvoir, dépassés ou volatils face à l’étau de feu autour de la capitale. Alors que lui, le premier ministre hyperactif genre Sarkozy, revêt la cape de superhéros omniprésent qui lui va si bien: Poutine copilote du bombardier d’eau; Poutine chef de troupes des pompiers; Poutine sauveur de la veuve et de l’orphelin, promettant des maisons neuves d’ici à l’hiver.
A cette aune, le gentil Dmitri Medvedev fait pâle figure. Il n’est que l’homme au bout du fil, assis dans son bureau du Kremlin, notant minutieusement les instructions de son premier ministre dépêché sur le terrain. Le duo confirme ainsi sa répartition des tâches. Medvedev joue les bureaucrates, fait tomber quelques têtes au Ministère de la défense (un amiral, un général-major, deux colonels) ainsi qu’une volée d’officiers. Mais il n’intervient qu’après la catastrophe. Alors que le premier ministre se réserve l’action en amont, la lutte contre les flammes.
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