Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Texte plus petit Texte plus grand Imprimer cette page

Les opérations d’information? Elles profitent à la conduite d’opérations militaires, mais aussi à la politique nationale

Mis en ligne le 16.11.2012 à 19:30

© Sandro Arcioni



Sandro Arcioni

La Suisse doit pouvoir s’offrir une image digne de ce nom mais pas comme elle l’a démontré ces derniers temps sur la scène internationale : manque de cohésion inter-départements et, surtout, manque de vision stratégique à long terme. Les opérations d’information peuvent combler ces lacunes et chapeauter la communication afin de contrôler sa cohésion et tenir compte des aspects stratégiques. C’est ce que l’on nomme, dans le monde de l’entreprise, l’intelligence économique. Les InfoOps déterminent le quand, le comment on le dit et à qui on s’adresse tandis que la communication est un des moyens de transmission de l’information.

De tout temps, que ce soit durant l’époque Napoléonienne, de l’Empire romain ou de la Grèce antique, des opérations d’information ou d’influence ont été conduites pour tromper l’adversaire et préserver la liberté de manœuvre de sa propre armée. Que cela se soit vu sous la forme du Cheval de Troie ou, durant la deuxième guerre mondiale, par des informations erronées émises par les Japonais avant l’attaque de Pearl Harbour, les opérations d’informations ont toujours eu une part d’importance dans la manœuvre d’une armée.

Aujourd’hui, par l’importance des moyens de communication, la rapidité de cette communication, l’imbrication complète du champ d’action militaire sur le champ d’action civil et économique et vice-versa, ce type d’opérations peut donner de part et d’autre des belligérants un avantage décisif  sur la finalité de la manœuvre globale. Pour aller plus loin, si ces opérations sont bien menées elles peuvent donner cet avantage décisif en épargnant aussi beaucoup de vies humaines. Ce type d’opérations est en général peu coûteux et tient compte de l’espace économique et civil de l’ensemble du terrain opératif. Par exemple, en France, le terme d’opérations militaires d’influence (OMI) a été remplacé par le terme d’ « opérations environnementales ».

La conduite en matière d'opérations d'information n’est pas chose facile, car elle implique une coordination autant militaire que politique, par rapport à une vision globale. Pour comprendre les imbrications, il faut ce reporté au schéma ci-dessous représentant les liens entre les différents départements fédéraux et l’Armée, indiquant les interactions possibles en fonction des actions à mener entre l’Armée (DDPS) et les autres départements en matière d’opérations d’information et d’influence.

Comment devrait s’organiser la conduite des opérations d’information à l’échelon politique en Suisse ?

Afin d’éviter des erreurs interdépartementales telles que nous venons de les vivre avec les listes de données bancaires volées en Suisse et achetées par l’Allemagne, l’affaire libyenne, l’arrêt de Roman Polanski, les diverses prises de position sur l’engagement de notre armée (Ex : l’Opération Atalanta), ceci sans devoir forcément réorganiser les différents départements du Conseil Fédéral, il suffit d’utiliser les moyens existants au sein de notre Armée, non seulement dans le but de les tester ou de les entraîner, mais simplement comme ciment interdépartemental. La méthode de travail est simple, le DFAE demande l’aide de l’Armée et c’est alors les opérations d'information qui entreraient en action.

Les opérations d'information n’agiront jamais de leur propre gré, mais seulement sous le chapeautage politique. Est-ce maintenant au DFAE de prendre le « lead » des opérations ou au DDPS ? Du point de vu opératif, il serait plus judicieux de le confier à la Chancellerie fédérale où une cellule dédiée aux opérations d'information, qui travaillerait étroitement avec le responsable de la communication du Conseil fédéral, serait créée.

Il en va de la crédibilité de notre pays ! Pour preuve, il suffit d’observer ce que fait la France, l’Allemagne, l’Angleterre ou les Etats-Unis pour s’en rendre compte.

 


< Retour au sommaire du blog "Gouvernance et sécurité"




Ajouter un commentaire

Pour commenter les articles de L'Hebdo et des blogs, vous devez être connecté. Créez un compte ou identifiez-vous.
L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs