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The Danish Girl

Mis en ligne le 22.01.2016 à 10:57
Affiche The Danish Girl

Affiche The Danish Girl

© UPI



Benjamin Bonnet

 

Un jeune couple de peintre danois expose lors d’un vernissage à Copenhague au début des années 20. Lui, Einar Wegener, paysagiste reconnu et elle, Gerda Wegener, portraitiste mondaine font illusion en société mais un mal profond les ronge : la mélancolie. Confortablement installés dans leur douillet appartement avec leur petit chien, Gerda désespère de ne pas réussir à vendre ses toiles et commence à nourrir une forme de jalousie à l’encontre de son mari introverti qui ne fait  pourtant que l’encourager.

Un événement anodin va les faire basculer dans une incroyable destinée : une cliente étant retenue, Gerda insiste pour qu’Einar prenne la pose pour elle dans une robe de ballerine afin qu’elle puisse finir son tableau. C’est un choc, une révélation pour eux deux : Einar est bouleversé par le contact du tissu sur sa peau et Gerda trouve sa parfaite muse pour développer sa créativité. Ils vont décider ensemble de donner une  première existence à Lilli (Einar au féminin)  en participant  à une soirée bourgeoise où elle va succomber aux charmes de l’entreprenant Henrik . Elle commence alors sa mue sous l’œil complice de Gerda.

Cette histoire d’amour portée par deux interprètes au sommet emporte tout sur son passage tant la densité de leur passion est plus forte que les conventions, le corps médical, et les doutes qui les assaillent. Ce duo, fou d’amour, interprété par Alicia Vikander et Eddie Redmayne est époustouflant de bout en bout et ils incarnent viscéralement l’empathie et l’abandon de soi pour le bien de l’autre et toutes les étapes de la transgression auquel ils vont devoir faire face ensemble, chacun mesurant de plus en plus le tribut à payer.

Cette adaptation du roman éponyme, The Danish Girl, de David Ebershoff aborde frontalement la question identitaire et les territoires alors inconnus du transgenre. Tom Hooper oscarisé lui aussi pour Le discours d’un roi transcende son sujet et ses acteurs pour nous livrer un film magistral totalement abouti, subtil et maitrisé. Les costumes et l’atmosphère du Paris des années 20 idéalement incarné par Mathias Schoenaerts en protecteur et mécène du couple d’artiste qui les accompagnera lors du long processus de transformation.

La beauté du cadre et de l’image  de  Danny Cohen fait écho aux peintures d’Einar tout comme la touche finale lors du retour au pays après un périple lourd et fastidieux pour enfin délivrer les corps et les âmes meurtries. La partition musicale du récemment oscarisé Alexandre Desplat donne tout son relief au film dans les moments de grandes tensions et d’accélération du récit jusqu’à l’acmé final.

Assurément un film à ne pas manquer, hautement maitrisé, intelligemment orchestré et un jeu tout en simplicité et subtilité qui devrait séduire les plus sceptiques devant la force de l’universalité des enjeux d’une modernité ébouriffante. Gageons que le succès public sera au rendez-vous ainsi que les prix qui pourraient récompenser les deux acteurs ou encore les décors lors de la prochaine cérémonie des Oscars le 28 février 2016. Petite bizarrerie tout de même de ne pas retrouver de nomination pour la réalisation, l’image ou encore la musique originale….


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