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Le ciel en cadeau à Vidy

Mis en ligne le 17.11.2016 à 18:12

© elisabeth carecchio



Mireille Descombes

Après la dernière scène de "Il cielo non e un fondale", on se surprend à murmurer: "bravo!" Le dernier spectacle des Italiens Daria Deflorian et Antonio Tagliarini n'est pourtant pas de ceux qui s'applaudissent debout. Jamais racoleur, jamais démagogue, il relève d'un théâtre de la parole et du geste nus. Pas de vidéo, pas de musique tonitruante, pas de grands effets qui flattent et draguent l'émotion. Si "Il cielo non e un fondale" séduit, car il séduit, c'est par son intelligence, sa profondeur et sa rigueur. Peut-être aussi, pourquoi pas, par une certaine aridité.

Pour scruter le ciel sans fond, pour interroger notre savoir sur le monde et s'offusquer de "ce moi obèse qui veut seulement se raconter", ils sont quatre en scène. Deux femmes et deux hommes – outre Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, Monica Demuru et Francesco Alberici - vêtus de gris et de noir, sans autre décor qu'un grand mur mobile anthracite. Avec la complicité active des spectateurs invités à fermer les yeux pour permettre aux acteurs de changer de place ou de dispositif, c'est un lent voyage hasardeux qui commence.

L'un après l'autre, ou à plusieurs, les acteurs parcourent la ville contemporaine, sa solitude, ses agressions, ses rencontres. Il est question d'un rêve, d'un accident, des bruits de la circulation qui vous étourdissent, des supermarchés qui vous anesthésient, mais aussi des rencontres forcément tronquées avec ceux qui, à Rome ou Milan, dorment dans les parcs, tendent la main dans la rue ou vendent des roses dans les restaurants. Autobiographie? Fiction? On ne veut pas le savoir. On est pris à partie, un peu gêné, on sourit, on se reconnaît, et l'on finit par adhérer pleinement à l'amour sans faille de Daria Deflorian pour les radiateurs, ces objets amis qui font de nos appartements des lieux véritablement habitables.

 

"Il cielo non è un fondale". Texte et mise ne scène: Daria Deflorian et Antonio Tagliarini. En italien surtitré en français. Lausanne. Théâtre de Vidy. Jusqu'au 20 novembre. 


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