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Politique familiale: une chance pour la métropole lémanique

Mis en ligne le 03.03.2013 à 17:17

Pierre Dessemontet

La Suisse alémanique ne veut pas d'une politique d'aide aux familles? Tant pis pour elle!

Ainsi donc, la Suisse a refusé l'introduction d'un cadre général permettant le développement d'une politique d'appui aux familles, par suite d'une pondération des votes qui favorise grandement le coeur historique du pays: à population à peu près égale, la Suisse centrale compte pour sept voix, l'arc lémanique pour deux, Zurich pour une. Si au final l'argument du fédéralisme n'aura donc pas joué un grand rôle dans l'appréciation populaire de la révision de la LAT, il revient en pleine figure des partisans d'une politique familiale. Une fois de plus, la double majorité a joué en faveur du conservatisme et contre les forces de progrès. 

On notera que la défaite est lourde pour l'initiateur du projet, le PDC: le non provient avant tout de ses propres bastions, où la proposition obtient ses pires résultats nationaux. Le clivage villes-campagnes a joué à plein, comme le clivage lingusitique: les latins ont tous soutenu l'arrêté, accompagnés de seulement trois des seize cantons alémaniques. Bien: l'état fédéral ne se dotera donc pas d'une politique d'aide aux familles.

Les familles métropolitaines, celles qui ont un grand besoin d'une politique active dans ce domaine tant le dynamisme métropolitain est étroitement lié à l'accession sans entraves des femmes  au marché du travail - parce que c'est de cela qu'il s'agit - se la sont fait refuser par les régions périphériques alémaniques, souvent largement bénéficiaires de la péréquation fédérale payée par... les familles métropolitaines. Il est des jours où le fédéralisme...

Mais qu'on se console - le refus de l'arrêté fédéral n'empêche rien. Si on voit mal les cantons de la métropole zurichoise - sans même parler des autres - se doter d'une politique familiale plus active, les cantons romands, forts d'un gros 70% d'acceptation populaire, sont désormais pleinement légitimés à progresser rapidement et avec confiance dans ce domaine. Osons même aller plus loin: c'est dans leur intérêt.

On entend évidemment déjà les jérémiades d'economiesuisse et des franges les plus conservatrices des milieux patronaux - mais ils se trompent. L'économie métropolitaine est avant tout basée sur le savoir. Le savoir est tenu par des gens, souvent assez jeunes, souvent en âge de fonder des familles, et dont les deux parents ont une activité professionnelle pleine, on dirait "à égalité": il est loin, le temps où Madame avait une activité annexe qu'elle pouvait abandonner, le cas échéant, pour favoriser celle de Monsieur. Ce sont ces familles qui ont besoin d'être soutenues dans leur développement professionnel. Les premières régions de Suisse qui le comprendront prendront un avantage décisif sur les autres, en ce sens qu'elles attireront à elles ces jeunes professionnels, et avec eux les entreprises qui les courtisent tant.


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