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Drogue/dealers/migrations/politiques

Mis en ligne le 29.12.2016 à 12:35

Etienne Piguet

Il y a quelques temps déjà, un article de la NZZ décrivait la situation de marché libre de la drogue dans le Görlitzer Park - parc public proche du centre de Berlin - et l’omniprésence des dealers qui y bénéficient d’une large impunité. Les habitants de certaines villes suisses n’y trouveraient rien de dépaysant. A certaines heures de la nuit, il est plus facile de se procurer de la cocaïne ou du haschisch à Lausanne que du lait ou des cigarettes. Malgré des opérations coup de poing périodiques et des déclarations d’intentions, les autorités s’avèrent impuissantes à juguler ce qu’il faut bien appeler un marché libre. Il y a quelques semaines encore, une promenade nocturne m’a fait dénombrer une bonne dizaine de vendeurs de drogue et j’ai pu observer que le rituel « salut ça va ? » des dealers accompagnait les sorties de clients d’un bar lausannois fréquenté pour une bonne part par des moins de vingt ans…

Avouons-le, il faut être solide et bien informé pour résister à un réflexe de stigmatisation et de rejet. Dépourvus de papiers, difficilement expulsables, porteurs de très petites quantités de drogue, même les dealers pris en flagrant délit se retrouvent parfois rapidement dans la rue. Il en va de même à Berlin et la NZZ d’en conclure à l’époque « Görlitzer Park est un exemple parfait de l’échec de la politique migratoire ».

Il est vrai que le couple drogue-migration est un couple infernal. Ainsi au cours des dernières décennies, l’implication successive de demandeurs d’asile de différentes origines dans le trafic de drogue a largement contribué à dégrader l’image de la politique d’asile et des réfugiés en Suisse et à propager – avec l’appui des partis populistes – le stéréotype du faux réfugié et du réfugié délinquant. Le succès des attaques de l’UDC contre l’Etat de droit et pour le renvoi inconditionnel des délinquants étrangers doit beaucoup à l’image du réfugié dealer.

Mais est-il juste de voir la politique migratoire comme la cause du problème de drogue ? Ne devrait-on pas inverser cette relation et considérer que c’est l’inapplicable prohibition des drogues qui est, en partie, à l’origine des difficultés actuelles de la politique d’asile et de migration en général ?

  • Faillite de l’accueil puisque la population ne comprend plus que la plupart des requérants ont de légitimes besoins de protection.
  • Faillite des ressources puisque les autorités doivent mobiliser des moyens policiers et sécuritaires considérables pour tenter d’enrayer un phénomène incontrôlable.
  • Faillite des droits humains puisqu’on emploie – sans grand succès - des moyens de contraintes d’une grande violence pour expulser les dealers.
  • Faillite géopolitique aussi car à l’autre bout de la planète les conflits exacerbés par le marché illégal de la drogue sont des facteurs majeurs de déplacements forcés de populations.

Récemment un représentant du Norwegian Refugee Council soulignait ainsi à quel point, en Amérique latine, les guerres de gangs liées au trafic de drogue vers l’Amérique du Nord forcent des milliers de personnes à chercher protection aux Etats-Unis. Un phénomène tragiquement illustré ces dernières années par les exodes d’enfants à la frontière mexicaine qui accroit encore la pression sur les systèmes migratoires. Si pour la Syrie ce raisonnement ne vaut sans doute pas, il s’applique certainement en partie à l’Afghanistan, l’un des principaux pays d’origine des demandeurs d’asile en Europe.

Plutôt que d’accuser la politique migratoire et d’asile - ou plus souvent encore les demandeurs d’asile eux même - d’être à l’origine d’une situation hors de contrôle sur le front de la drogue. Il semble que ce soit plutôt la politique prohibitionniste qui mérite d’être réexaminée sans tabou à l’aune de ses conséquences catastrophiques sur la politique migratoire.

 


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Curieux Non, mais ce n'est pas vrai ! On rêve ou quoi?

Nos autorités indignes et incompétentes ne sont pas foutues capables de renvoyer toute cette racaille de dealers là d'où elle vient. Et le distingué professeur de migrationologie politiquement correcte de l'Université de Neuchâtel ne trouve rien de mieux à proposer que la libéralisation du trafic de drogue. Comme ça cette activité deviendra légale et il viendra encore plus de ces honnêtes commerçants, pour mettre un peu d'animation dans nos centre villes.

Ben voyons. C'est magnifique!

Ah, l'Université de Neuchatel ! C'est devenu une mauvaise université, soit dit en passant, et qui a bien baissé depuis Denis de Rougemont et Henri Guillemin. Aujourd'hui en plus de l'inénarrable migrationolgue Piguet, y enseignent aussi Communauté des Etats Socialistes Latino Américains Amarelle, et Vincent Peillon. Vraiment pas une référence...

Monsieur Piguet: ces gens doivent être ramassés par la police, mis dans des paniers à salade et expulsés immédiatement par charters. Venez-nous expliquer maintenant pourquoi on ne le fait pas!

Les pays d'origine ne les reprennent pas? Evidemment, ce ne sont pas leurs meilleurs éléments. Ils ne sont pas fâchés de s'en débarrasser. On les comprend auisément. Mais ce n'est pas une raison pour que nous écopions de la lie de toute l'Afrique.

Ils ont perdu leurs papiers d'identité? Ah bon! Et ça vous suffit comme excuse? Ces gens ne fuient pas la mort comme d'autres pendant la guerre. Ils viennent ici pour faire du commerce. Alors pourquoi détruisent-ils leurs papiers? Argument non valable.

La Suisse doit mettre le marché en mains à ces pays, notamment africains: vous avez un an pour signer un accord de réadmission de tous vos ressortissants qui encombrent illégalement nos villes. En attendant que vous ayez signé cet accord, la Suisse suspend sine die tous ses projets d'aide au développement dans votre pays. Les projets seront réactivés seulement une fois que les accords de réadmission seront signés et auront fonctionné de manière satisfaisante pendant un an.

Monsieur le professeur, est-ce que cette politique là serait contraire à des accords internationaux que la Suisse a signés? Si oui dites nous lesquels s'il vous plaît, pour qu'on sache quels accords il faudra résilier de toute urgence le jour où nous aurons enfin de nouveau un gouvernement digne de ce nom.
29.12.2016 - 14:26
Curieux Et puis au pire, ne pourrait-on pas "reconduire à la frontière" tous ces individus? On ferait ainsi l'économie du charter. Ils essaieraient de revenir bien sur. Une fois, deux fois, trois fois. Mais à chaque fois on les reconduirait à la frontière, jusqu'à qu'ils comprennent que la Suisse n'est pas le meilleur pays pour y faire leur petit commerce! Alors ils se décourageront et passeront le mot dans leurs village de Guinée Bissao ou d'ailleurs.

Pour le moment ils appellent toute leur parenté : venez en Suisse, c'est le pays de cocagne. Il y a madame Sommaruga et il y a le professeur Piguet! Et si le peuple décide quelque chose la C.E.S.L.A. s'arrange pour qu'on fasse le contraire de ce que les gens ont voté. Dans ce pays là on a tous les droits, et la clientèle a les moyens de payer sa dope.
29.12.2016 - 14:37
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