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"Mon cancer est un cadeau"

Mis en ligne le 11.09.2015 à 15:15
Simone Gartenmann, 62 ans

Simone Gartenmann, 62 ans

© sp



Sabine Pirolt

«Ça va impeccable! J'aimerais inciter les gens confrontés à un diagnostique de cancer à s'autoriser un autre regard sur leur maladie. Le corps est capable de se guérir si on lui en donne les moyens. Ça implique l'alimentation et un aspect psychique, mental et émotionnel. Aujourd'hui, pour moi, l'issue de ma maladie est moins importante que le parcours que j'ai eu la chance de vivre grâce à mon cancer du sein. J'ai découvert des thérapies qui m'étaient inconnues et pris conscience de choses importantes. Mon cancer est un cadeau.

Tout a commencé un matin, devant le grand miroir de la salle de bain. Lorsque je levais les bras et me penchais en avant, je voyais une rétraction cutanée sous le mamelon. J'avais de toute façon un rendez-vous chez ma gynécologue. Elle a palpé l'endroit et m'a dit qu'elle ne sentait rien, mais par acquis de conscience, elle m'a envoyé chez un radiologue. Il m'a fait une mammographie, des ultra-sons et un IRM. Il m'a dit: «Je ne vois pas grand-chose». Par acquis de conscience lui aussi, il m'a dit: «On va encore faire une biopsie, mais je pense que c'est bon.» Il était rassurant.

Dans un engrenage
Mais le 31 mars 2014, j'ai reçu mon diagnostique. J'avais un carcinome lobulaire invasif dans le sein droit. Il était urgentissime de m'opérer. Lorsque ma gynécologue m'a annoncé la nouvelle, elle avait une mine d'enterrement. Ce que j'ai ressenti? Pas grand-chose en fait. J'ai pris acte. J'étais aussi incrédule. Je me disais: «Moi, un cancer du sein?» Pourtant je disais souvent à mes patients -je suis physiothérapeute dans le canton de Vaud- personne n'est à l'abri. Je me suis remise droite sur ma chaise et me suis demandé: que faire de ça maintenant? J'ai écouté avec toute mon attention ce que ma gynécologue me disait. J'ai alors entendu le vocabulaire que mes propres patientes utilisaient pour me parler de leur parcours: chirurgie, tumorectomie, analyse des ganglions durant l'intervention, chimiothérapie. C'est à ce moment-là que l'on commence à être dans un engrenage malgré soi. Elle m'a encore dit de chercher un oncologue, ce que j'ai fait en demandant des conseils autour de moi. Juste avant l'opération, j'ai suivi un cours sur  l'alimentation crue auquel je m'étais inscrite depuis quelques semaines.

Première opération
Le chirurgien m'a opérée très vite, parce que je voulais partir en vacances, un séjour en Crête prévu depuis longtemps. Il m'avait dit: «Tout se passera très bien.»Lorsque je me suis réveillée le 7 avril 2014, j'ai tout de suite compris. On m'avait parlé d'une opération de 20 minutes, mais beaucoup plus de temps s'était écoulé. J'ai pensé à un curage axillaire. J'ai traité des femmes pour des drainages lymphatiques après une telle opération. Je ne me sentais pas trop mal. On reçoit une telle médication qu'on ne sent pas tellement la douleur. Je suis restée encore trois jours à l'hôpital, puis je suis rentrée chez moi et on est parti en Grèce, mon mari et moi. Je pensais que tout était bon. Ces vacances étaient une parenthèse parfaite. J'ai même pu marcher 16 kilomètres à travers des gorges magnifiques. J'ai juste soutenu mon bras en mettant ma main droite dans ma poche de pantalon. 

Arrêt sur image
L'annonce de ce cancer a provoqué un arrêt sur image assez net. Je vivais à un rythme effréné: je travaillais dans deux cabinets, dans un EMS  et je me rendais encore chez des patients, à domicile. En plus, je gardais mes deux petits enfants -je suis mère de trois filles et d'un garçon- un jour par semaine. J'étais heureuse et satisfaite de mon travail de physiothérapeute indépendante, mais je voyais bien que, par moment, je me mettais sur pilote automatique. Je me sentais un peu en apnée malgré des vacances régulières. Mais cela me paraissait tout à fait normal.

Il faut réopérer
Durant mes vacances en Grèce, il était convenu que le chirurgien m'appelle pour me donner des précisions sur mon opération. Au téléphone, il m'a dit qu'il fallait m'opérer à nouveau, qu'il n'avait pas prélevé assez de tissu sain autour de la tumeur. Comment j'ai pris la nouvelle?J'ai pris acte. Il fallait le faire, c'est tout. Ce n'est pas ma mentalité de me plaindre de ce genre de chose. Je suis plutôt bon élève. De retour de Crête, avant la deuxième opération, j'ai consulté un oncologue. Plus la consultation avançait, plus je comprenais que la situation était sérieuse. On me disait que s'il y avait des métastases dans les poumons, les os ou le foie, ce ne serait pas la même chimiothérapie que si les métastases étaient cantonnées dans les ganglions axillaires. Je ne suis pas anxieuse et ces propos ne m'ont pas fait stresser. Mais je peux tout à fait m'imaginer que ça peut faire flipper des gens. A la fin, mon mari a demandé si la médecine alternative serait une solution envisageable. L'oncologue a répondu: «Ce serait de la folie de ne pas faire de chimiothérapie!»

Comme à l'abattoir
Quelques jours plus tard, je me suis rendue dans un centre d'oncologie pour faire une prise de sang. A côté de moi, il y avait des gens alignés qui faisaient des chimiothérapies. Je me suis dit: «Tu ne peux pas faire ça!» C'était un sentiment très fort, comme si je devais aller à l'abattoir. J'ai bien essayé de me raisonner, de me dire que c'était mon salut, qu'il fallait que je passe par là, je n'arrivais pas à me convaincre. Les jours suivants, j'étais dans un état d'anéantissement total. Je ne voyais pas d'issue et cela me rendait très malheureuse. Je flétrissais à vue d’oeil. Mon mari observait et ne disait rien. Après coup, il m’a confié: «J’étais malheureux pour toi, je ne savais pas quoi faire.»

Précieux groupe d'entraide
Entre temps, j’avais contacté «A votre santé», un groupe de personnes atteintes de cancer ou d’autres pathologies qui se réunissent deux fois par mois, à Lausanne. Ce sont des gens qui sont à la recherche de voies alternatives pour retrouver la santé. Je suis allée à une réunion, juste après ma deuxième opération. Le réveil avait été affreux. Je m’étais sentie très très mal durant des heures et je vomissais. Lorsque j’ai pris la parole devant les autres participantes, j’ai expliqué que je ne n’arrivais pas à m’imaginer faire une chimiothérapie. Une autre femme a parlé de la tumeur de 9 centimètres qu’elle avait dans le sein depuis un an. Elle avait refusé de se faire opérer. Elle a dit: «Si ça ne marche pas, j’aurais au moins passé une année avec une bonne qualité de vie.» Il y a une belle énergie dans ce groupe et les personnes sont rayonnantes. La responsable du groupe, Aija, m’a demandé si ça m’aiderait de prendre le temps de réfléchir. C’était le cas. Je me sentais prise dans un engrenage. Le lendemain j’ai appelé pour annuler mon rendez-vous pour la chimiothérapie qui devait avoir lieu le matin même. Je voulais un délai de réflexion.

Non à la médecin allopathique
Après cet appel, je me suis sentie merveilleusement bien. J’étais en accord avec moi-même. Alors oui, après une telle décision, on se sent seule,  comme dans un désert. La médecine allopathique ne met sa confiance que dans les traitements de chimiothérapie, de radiothérapie et d’hormonothérapie. Si on n’accepte pas de suivre cette voie, on sous-entend qu’il n’y a aucun espoir. Mais moi, je n’avais pas cette sensation. La tuile qui m’est tombée dessus, c’est un «wake up call», un appel à me réveiller. Je faisais fausse route, avec mon rythme de vie effréné  et cette attitude qui consistait à foncer tête baissée.

Trouver sa voie
Restait une question: je fais quoi maintenant? Je n'avais pas peur et je n'ai jamais combattu le cancer. Je ne vois pas cette maladie comme un ennemi, mais comme un catalyseur. Je pense à tous ces gens qui combattent le cancer avec des chimiothérapies et qui meurent. Autour de moi, plein de gens bien intentionnés m'ont donné des conseils et des livres sur le sujet. Une de mes filles a une copine qui lui a dit : «Je sais ce qu'il faut à ta mère». Camille est venue me parler de son expérience de jeûne. Je l'ai écoutée, je me suis laissé un peu de temps et j'ai décidé de partir jeuner deux semaines en France. J'en ai fait une troisième, seule, en Suisse, dans un endroit calme, loin de ma famille.

Jeûne bénéfique
Ce jeûne à l'eau m'a permis de remettre mon disque dur à zéro. C'était très utile pour comprendre à quel point on est conditionné par des croyances qui nous limitent et que l'on ne remet jamais en question. Chacun a les siennes. Quand on secoue le cocotier, on gagne en authenticité et en perspicacité. Le jeûne m'a également permis d'évoluer spirituellement. Je suis croyante, sans être ni catholique, ni protestante. Je crois en une force divine supérieure qui me permet d'être dans la confiance.

Alimentation vivante
Je me suis également mise à pratiquer l'alimentation crue et vivante plus intensément, notamment en cultivant beaucoup de graines germées dont je fais des jus ou que je consomme telles quelles. Je mangeais déjà des germes et des pousses, mais pas à ce point. C'est très énergétique. Je mange cru à 60%, sans me priver des plaisirs de la table. Je suis également suivie par une énergéticienne. Son aide m'est très précieuse, comme le soutien de mon mari, de ma famille et de mes amis. J'ai également pratiqué des méditations de guérison, selon Deepak Chopra, et des prières.

Rassurer les proches
En juillet 2014, j'ai réuni tous mes proches pour leur parler de ma démarche et les rassurer. C'est du boulot de transmettre sa confiance et de sortir les gens de leur peur, une peur que moi-même, je ne ressens pas. L'infirmière du centre d'oncologie m'a appelée beaucoup plus tard pour me demander des nouvelles. Je lui ai parlé de mon jeûne. Elle m'a demandé: «Vous pensez guérir votre cancer grâce à un jeûne?» Je lui ai répondu: «Pas du tout, mais pour moi, c'était nécessaire de faire cette démarche à ce moment-là.»

Suivie par une oncologue
En septembre, j'ai senti le besoin d'avoir un soutien psychologique. J'ai trouvé une homéopathe qui m'a donné des préparations de spagyrie. Je voulais également me faire retirer le «port a cath » que l'on m'avait implanté, soit un petit boitier, relié à un cathéter placé dans une veine, pour éviter d'abîmer les veines. J'ai également cherché un nouvel oncologue. Je me suis dit : «Si j'ai un suivi oncologique, mon témoignage sera plus crédible et cela rassurera ma famille élargie.» On m'a donné l'adresse d'une femme formidable, dans le canton de Vaud. A ses yeux, je vais bien et je n'ai aucun signe d'activité cancéreuse. En octobre, mon mari et moi sommes partis faire un séjour de trois semaines à l'institut Hippocrates en Floride. On y mange cru à 100 %, on apprend beaucoup de choses sur la santé, notamment sur l'alimentation vivante. C'est une approche «mind and body» fantastique.

L'avenir
Aujourd'hui, j'ai arrêté de travailler comme physiothérapeute. Je peux me le permettre, car mon mari gagne sa vie. J'ai envie de soutenir les personnes dans ma situation, en les aidant à se sortir de leur peur. Des gens entendent parler de mon cheminement et je leur consacre du temps. Ceux qui doivent me trouver me trouvent. Je ne leur donne pas de conseils. Je leur parle juste de mon expérience. Dans le futur, mon rêve serait de contribuer à la création d'un centre de soins holistiques. Je l'imagine avec toute une panoplie de thérapies dites "alternatives" qui agissent autant sur le plan physique que psychique, et où on donnerait une grande place aux traitements énergétiques. Et bien sûr, on y mangerait de la nourriture saine et vivante ... »

 

 


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Dournel Francis Le témoignage de cette dame remarquable. Elle a réussi.
Fin 1972, la première cellule cancérisée par la main de l'homme voit le jour dans une petite unité de recherche privée, à Lambesc (France). Le cancer est une maladie par carence…carence en magnésium. Dans l'assiette, les fruits et légumes nous apportent peu ou si peu de magnésium.
Nous avons la découverte, le traitement (ne pas tuer les cellules cancéreuses) et la prévention pour tous. Il est grand temps d'arrêter l'agriculture industrielle et de s'orienter vers une autre agriculture.
Notre santé dépend de ce que nous mettons dans l'assiette.
Je tiens à votre disposition plusieurs dossiers. Vous pouvez me contacter:
Tél: 06 72 88 56 96
E-mail: [email protected]
Bien à vous tous.
Francis DOURNEL
25.09.2015 - 15:01
Be-bop666 Ce témoignage m'a surpris et blessé, car ma mère n'a pas eu d'autres choix que la chimiothérapie, car elle a un cancer de l'ovaire dû à un gène malfaisant héréditaire qui a exterminé toutes les femmes de ma famille avant 65 ans.
Elle a survécu au 1er traitement, alors qu'elle était condamnée par le monde médical.
J'admets que l'alimentation est sa meilleure alliée et donne de bons résultats.
Elle s'est également remise en question et a fait beaucoup de tri dans sa vie et ses affaires. Elle prend également des soins énergétiques.
Elle a eu une rechute et à 1ère vue, elle s'en est ressortie à nouveau.
Chose incroyable, à nouveau, pour le milieu médical.
Je ne penses pas que la nourriture crue soit la panacée pour tout le monde, mais un questionnement sur soi et son alimentation, ainsi que des soins énergétiques me semble être une voie à suivre.
Il faut également reconnaître que cette femme a la chance d'être bien entourée et d'avoir les moyens pour suivre sa propre voie pour la guérison, ce qui est également le cas pour ma mère.
Je vous souhaite une longue vie, tout comme je le souhaite à ma mère.

Julien Hutin
23.12.2015 - 17:55

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