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Le paradoxe de l’épargne

Mis en ligne le 07.11.2016 à 07:00

Sergio Rossi

Les économistes orthodoxes ne cessent de croire et de faire croire que l’épargne est nécessaire pour financer des dépenses d’investissement. De là, ils prétendent qu’il faut réduire l’imposition fiscale de l’épargne et (si besoin en est) augmenter l’impôt sur la consommation (par exemple la taxe sur la valeur ajoutée). Le message sous-jacent est parfaitement clair: il faut encourager l’épargne car c’est la condition sine qua non de l’investissement, qui assure la croissance économique et si possible la maximisation du niveau d’emploi, avec par conséquent la réduction du déficit budgétaire et, à terme, l’assainissement des finances publiques.

Cette croyance est logiquement fausse et l’évidence empirique ne fait que confirmer cela. Comme J.M. Keynes l’avait déjà expliqué en 1936, l’augmentation du taux d’épargne des ménages réduit, au lieu de faire augmenter, le niveau d’investissement des entreprises. C’est ce qu’il a appelé le «paradoxe de l’épargne», étant donné que, pour un individu quelconque, il est nécessaire d’épargner avant d’engager une dépense d’investissement – comme l’achat d’une maison ou d’un appartement.

Or, ce qui est vrai au niveau individuel n’est pas forcément vrai pour le système économique dans son ensemble. Ce fameux «paradoxe de l’agrégation» a été mis en lumière par P. Samuelson dans les années 1940, mais, tout comme le «paradoxe de l’épargne», il a été oublié par la suite au sein de la communauté des économistes, obnubilés par les modèles mathématiques qui permettent d’«agréger» les données – qui sont récoltées sur le plan individuel – pour en faire des «agrégats», qui sont censés être valables au niveau macroéconomique (à savoir, pour l’ensemble du système économique).

Si l’ensemble des ménages (ou une large partie de ceux-ci) augmente leur épargne, cela signifie ipso facto qu’ils réduisent leurs dépenses de consommation. Dès lors, les entreprises auront des difficultés accrues pour vendre leurs biens et services sur le marché des produits, avec à la clé une diminution (plutôt qu’une augmentation) des investissements dans le processus de production. Les profits des entreprises iront alors chercher des rendements à très court terme sur les marchés financiers – avec des placements spéculatifs qui n’ont rien à voir avec la dépense d’investissement proprement dite. Comme l’avait déjà expliqué Keynes dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, «la spéculation consiste à prévoir la psychologie du marché [tandis que] l’investissement implique de prévoir les recettes futures d’une activité quelconque pendant toute sa durée».

Les économistes qui prônent la réduction de la charge fiscale sur les patrimoines des ménages, sous le prétexte que cela favorise l’épargne et, de là, l’investissement nécessaire pour la croissance économique, sont donc en porte-à-faux avec la réalité – sauf celle qui les concerne sur le plan personnel vraisemblablement...


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matahari Pour une économie saine il faut savoir dépenser ni trop peu ni tout en une fois et savoir s'entourer de gens de confiance ne pas avaler n'importe quels conseils sur le Net sans avoir tout vérifié auparavant
Trop d'austérité ne méne à rien surtout quand on assiste et de plus en plus à des constructions pharaonique de la part d'Etat qui n'ont que ce mot en bouche ,il faut cesser de prendre les citoyens pour de gentils cobayes
Par contre un peu plus d'austérité semble un bon conseil pour ceux qui abusent du harcèlement téléphonique trop de gens sont devenus méfiants font désormais et de moins en moins confiance aux imparfaits qui rêvent d'un monde parfait mais qui le sera de moins en moins en étant dirigés par des plus qu'imparfaits qui essayent par tous les moyens d'abuse de leur pouvoir grâce aux nouvelles technologies qui elles seront de moins en moins performantes car on ne peut avoir plus en ayant moins de bras pour travailler et surtout savoir raisonner en tant qu'humain et non androide dont la seule force réside dans sa volonté d'imiter l'autre jusque dans les moindres détails y compris et surtout ses manques en termes de valeurs humaines ,celles qui servent à le différencier de l'animal
07.11.2016 - 11:14
Rehm De même, les états européens anticipent un changement de comportement des ménages. Puisque l’Europe est dans une phase de déflation, les ménages vont reporter leurs investissements dans un bien immobilier, car la déflation pénalise les emprunteurs (l'inflation n'allège plus les mensualités et les revenus locatifs seront moins intéressant) et vont privilégier les placements liquides. Il est ainsi intéressant de noter que depuis quelques années la fiscalité d'actif liquide comme l'or s'est considérablement alourdie en Europe, alors qu'à l’opposé, d'autres états aident (via des crédits sur impôts) l'investissement en bien immobilier Cette constatation me pousse a penser que les gouvernements européens sont très conscient du problème de la destination de l’épargne. 13.11.2016 - 10:37

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